








Entre les stands de bijoux qui trônent au milieu du marché central, que vous montrait ma photo d’hier, et l’ambiance, haute en couleur, que vous révèlent celles-ci, il y a plus qu’une nuance. Et encore, ces photos ont-elles été prises alors que de nombreuses échoppes n’étaient pas encore ouvertes. C’est vous dire le sentiment que l’on ressent devant un tel amoncellement de marchandises hétéroclites, dans un espace aussi réduit. Dès qu’on s’éloigne du cœur du marché central, on se perd dans un véritable labyrinthe composé de minuscules échoppes, toutes bondées de produits, dont les thèmes se succèdent dans une variété étourdissante.
Il y a les fleurs, les fruits, les légumes, la viande, le poisson, les crustacés, mais aussi tous ces produits cuisinés sur place et les tables et chaises pour les déguster à toute heure du jour, accompagnés de tous les jus de fruits possibles ou de thé ou café. La même variété se retrouve pour les vêtements en coton, en soie, en mélange soie et bambou, etc. ; sans parler de l’épicerie, bien sûr, et de nombreux objets ou bijoux de pacotille rapportés comme souvenirs.
On y côtoie aussi bien des Cambodgiens que des touristes de toutes nationalités, en quête de bonnes affaires ou qui font tout simplement leurs courses.











Fidèle à mes habitudes, j’ai poursuivi mon périple à pied, d’autant que les voyages en tuk-tuk, multipliés plusieurs fois par jour, représentent vite un budget non négligeable. Certes, il faut s’habituer à la chaleur, car, comme vous le savez, pour la marche j’ai de l’entraînement…
Ainsi, ce soir, j’aurai marché 17 kilomètres, dont l’essentiel par 30 degrés, mais surtout avec un très fort taux d’humidité.
Revenons au musée du génocide de Tuol Sleng, que j’ai décidé de visiter aujourd’hui et auquel je suis parvenu en milieu de matinée. Comme vous le savez peut-être, ce génocide rappelle le « grand bond en avant » de Mao Zedong, qui fut en réalité un gigantesque bond en arrière et, lui aussi, un génocide effrayant. En effet, la volonté de Pol Pot et de ses lieutenants était aussi de corriger les esprits de ceux qui ne pensaient pas comme eux et qui appartenaient aux classes intellectuelles et citadines, en les envoyant travailler physiquement, de force et avec un minimum de nourriture.
Sur les plus de 18 000 Cambodgiens, du moins pour la plupart, qui ont été incarcérés dans ces classes d’école, seuls 7 ont survécu. Je vous ai fait grâce des scènes de torture les plus pénibles. Une rétrospective, réalisée 40 ans après, montre le procès ouvert dès 1979, sous la domination vietnamienne, puis l’adhésion du Cambodge aux conventions internationales sur les droits de l’homme, puis de l’enfant. En effet, ce sont des familles entières, dont de nombreux enfants, qui ont disparu au cours de cette horrible période.











Du musée, toujours pedibus cum jambis, je me suis dirigé vers le marché russe, nommé ainsi, non parce qu’il est tenu par des Russes, mais parce qu’ils y ont eu leurs habitudes, d’après la tradition. Avant d’y faire quelques emplettes pour mes filles et ma belle-fille, je me suis arrêté pour manger dans une échoppe où je me suis offert une des spécialités cambodgiennes, pour la modique somme de 2 dollars, thé à volonté inclus. Ce plat consiste en une part de riz, moulée dans un bol et servie retournée, surmontée d’un œuf sur le plat ; le tout accompagné de fines tranches de bœuf en sauce à leur façon et de quelques légumes. En outre, il vous est servi un bol de soupe, dont je ne saurais, hélas, vous donner la recette, faute d’un palais exercé. J’oubliais de vous dire que vous versez votre thé dans un verre, préalablement rempli de glaçons, ce qui désaltère vraiment.
Reposé et ainsi désaltéré, je suis allé visiter le fameux marché russe. Inutile de dire que le marché central m’a paru, rétrospectivement, plus policé, si je puis dire, que ce marché russe, tant il y a profusion de produits, et dans une variété plus grande, si c’est possible, que dans le premier. Vous en jugerez par les photos que je vous en ai mis.
Cela dit, je suis retourné au marché central, en revenant, pour mes petits cadeaux, n’ayant pas trouvé « chaussure à mon pied » dans celui-ci.
Demain, sans doute déjà nostalgique des temples, je vous emmène en voir deux, distants de 30 et 60 km, que je pars visiter dès 6 heures du matin en tuk-tuk, avec retour à Phnom Penh, dans mon hôtel.





































































































































































































































