Catégorie : 2025

  • Phnom Penh – 3e jour – 2 novembre 2025

    Vue du marché central
    Marché central – les fleurs
    Marché central – les vêtements
    Les fruits
    La batterie de cuisine
    Les clients sont attablés
    Les crabes sont « muselés »
    On transfère les langoustines vivantes
    Les poules en cage voisinent avec de multiples plats en cuisson

    Entre les stands de bijoux qui trônent au milieu du marché central, que vous montrait ma photo d’hier, et l’ambiance, haute en couleur, que vous révèlent celles-ci, il y a plus qu’une nuance. Et encore, ces photos ont-elles été prises alors que de nombreuses échoppes n’étaient pas encore ouvertes. C’est vous dire le sentiment que l’on ressent devant un tel amoncellement de marchandises hétéroclites, dans un espace aussi réduit. Dès qu’on s’éloigne du cœur du marché central, on se perd dans un véritable labyrinthe composé de minuscules échoppes, toutes bondées de produits, dont les thèmes se succèdent dans une variété étourdissante.

    Il y a les fleurs, les fruits, les légumes, la viande, le poisson, les crustacés, mais aussi tous ces produits cuisinés sur place et les tables et chaises pour les déguster à toute heure du jour, accompagnés de tous les jus de fruits possibles ou de thé ou café. La même variété se retrouve pour les vêtements en coton, en soie, en mélange soie et bambou, etc. ; sans parler de l’épicerie, bien sûr, et de nombreux objets ou bijoux de pacotille rapportés comme souvenirs.

    On y côtoie aussi bien des Cambodgiens que des touristes de toutes nationalités, en quête de bonnes affaires ou qui font tout simplement leurs courses.

    Salle de torture
    Travaux forcés, y compris pour les enfants
    Autre scène de travaux forcés
    Tableau de classe où subsistent des phrases en français
    Cellules des prisonniers
    L’une d’entre elles
    Couloir desservant les cellules
    Scène de torture
    Instruments de torture
    Ossuaire des victimes du génocide
    Monument élevé à la mémoire des victimes : ici écrit en français

    Fidèle à mes habitudes, j’ai poursuivi mon périple à pied, d’autant que les voyages en tuk-tuk, multipliés plusieurs fois par jour, représentent vite un budget non négligeable. Certes, il faut s’habituer à la chaleur, car, comme vous le savez, pour la marche j’ai de l’entraînement…

    Ainsi, ce soir, j’aurai marché 17 kilomètres, dont l’essentiel par 30 degrés, mais surtout avec un très fort taux d’humidité.

    Revenons au musée du génocide de Tuol Sleng, que j’ai décidé de visiter aujourd’hui et auquel je suis parvenu en milieu de matinée. Comme vous le savez peut-être, ce génocide rappelle le « grand bond en avant » de Mao Zedong, qui fut en réalité un gigantesque bond en arrière et, lui aussi, un génocide effrayant. En effet, la volonté de Pol Pot et de ses lieutenants était aussi de corriger les esprits de ceux qui ne pensaient pas comme eux et qui appartenaient aux classes intellectuelles et citadines, en les envoyant travailler physiquement, de force et avec un minimum de nourriture.

    Sur les plus de 18 000 Cambodgiens, du moins pour la plupart, qui ont été incarcérés dans ces classes d’école, seuls 7 ont survécu. Je vous ai fait grâce des scènes de torture les plus pénibles. Une rétrospective, réalisée 40 ans après, montre le procès ouvert dès 1979, sous la domination vietnamienne, puis l’adhésion du Cambodge aux conventions internationales sur les droits de l’homme, puis de l’enfant. En effet, ce sont des familles entières, dont de nombreux enfants, qui ont disparu au cours de cette horrible période.

    Belle maison dont le rez-de-chaussée sert d’entrepôt
    Les Cambodgiens n’ont pas chaud, eux !
    Pièces détachées diverses
    De tout
    Encore de tout
    Poissons, saucisses et autres
    Ça cuit un peu partout
    On y mange aussi
    La vie de la rue
    Le royaume des scooters
    Une belle grille ouvragée

    Du musée, toujours pedibus cum jambis, je me suis dirigé vers le marché russe, nommé ainsi, non parce qu’il est tenu par des Russes, mais parce qu’ils y ont eu leurs habitudes, d’après la tradition. Avant d’y faire quelques emplettes pour mes filles et ma belle-fille, je me suis arrêté pour manger dans une échoppe où je me suis offert une des spécialités cambodgiennes, pour la modique somme de 2 dollars, thé à volonté inclus. Ce plat consiste en une part de riz, moulée dans un bol et servie retournée, surmontée d’un œuf sur le plat ; le tout accompagné de fines tranches de bœuf en sauce à leur façon et de quelques légumes. En outre, il vous est servi un bol de soupe, dont je ne saurais, hélas, vous donner la recette, faute d’un palais exercé. J’oubliais de vous dire que vous versez votre thé dans un verre, préalablement rempli de glaçons, ce qui désaltère vraiment.

    Reposé et ainsi désaltéré, je suis allé visiter le fameux marché russe. Inutile de dire que le marché central m’a paru, rétrospectivement, plus policé, si je puis dire, que ce marché russe, tant il y a profusion de produits, et dans une variété plus grande, si c’est possible, que dans le premier. Vous en jugerez par les photos que je vous en ai mis.

    Cela dit, je suis retourné au marché central, en revenant, pour mes petits cadeaux, n’ayant pas trouvé « chaussure à mon pied » dans celui-ci.

    Demain, sans doute déjà nostalgique des temples, je vous emmène en voir deux, distants de 30 et 60 km, que je pars visiter dès 6 heures du matin en tuk-tuk, avec retour à Phnom Penh, dans mon hôtel.

  • Phnom Penh – 2e jour – 1er novembre 2025

    Je suis un groupe de jeunes bonzes

    Avant de vous parler du musée, et alors que je prenais mon petit-déjeuner à la terrasse d’un de ces petits restaurants, j’ai pu observer une scène bien curieuse pour nous, Européens. Je me suis aussitôt précipité sur mon téléphone, mais n’ai pu la prendre sur le vif, hélas.

    Un bonze, dont vous savez sans doute qu’ils sont très nombreux au Cambodge, comme en Thaïlande et au Laos, passe devant le petit restaurant qui jouxte le mien sur la gauche. Il s’arrête alors devant une personne que je ne peux pas voir de ma place et joint les mains en signe de prière ; c’est alors que je vois surgir du restaurant un homme qui se met brusquement à genoux et reçoit la bénédiction du bonze. Au même moment, notre « pénitent » glisse un billet dans le sac à offrandes, que le bonze a fort à propos ouvert. Le bonze, ensuite, reprend sa marche, ou plutôt sa quête, plus loin.

    En effet, les bonzes ne travaillent pas, à la différence de nos moines, mais vivent des aumônes de la population, quels que soient les moyens de celle-ci. J’en reviens à mon illustration prise près du café Brown hier ; elle n’est pas totalement fortuite, car j’ai retrouvé un groupe de bonzes attablé dans ce café, dont je vous ai dit que la moindre tasse de café était à 2 dollars ! Cela interroge sur ce qu’ils font des aumônes qu’ils reçoivent ou alors, cela signifie que tous les endroits leur sont gratuits, y compris le café Brown !

    Fleur d’arbre à boulets de canon ou nagalinga
    Palais royal
    Pavillon offert par Napoléon III
    Avec Sébastien et sa mère Brigitte
    Kinnari ou danseuse céleste
    Résidence du roi (volets turquoise)
    Palais royal
    Tenue de cérémonie de la reine
    Pavillon Napoléon III
    Pagode d’argent
    Une partie des 360 mètres de fresques sur le même thème qu’à Angkor Wat
    Stupa du roi Norodom

    Comme convenu hier, Sébastien et sa maman Brigitte, qui n’a pas craint d’arriver en scooter avec son fils, m’ont rejoint à mon hôtel pour faire la visite du Palais royal, puis du musée de Phnom Penh.

    Là encore, je regrette de n’avoir pas avec moi une copie numérisée des nombreux documents qui se trouvent dans mes archives et se rapportent au Palais royal, notamment les invitations au palais adressées à mes grands-parents. Mon grand-père a vécu au Cambodge à la fin du règne de Norodom Ier, puis sous ceux de Sisowath et de Sisowath Monivong. À tout le moins, il a été invité aux funérailles de Sisowath et au couronnement de Sisowath Monivong. Une médaille a été frappée pour le couronnement du second et ma mère l’a perdue en me l’apportant; il me reste la boîte…

    Notre guide nous a indiqué la porte par laquelle entraient le roi et ses invités de marque, lesquels empruntaient un tapis rouge déroulé pour l’occasion. Nous avons pu voir la salle du trône, sur lequel le roi ne s’assied qu’une seule fois, le jour de son couronnement. Lors des autres cérémonies, il prend place dans un fauteuil et on dispose des chaises pour les invités. Malheureusement, l’endroit reste interdit de photographie et, tout au plus, ne nous montre-t-on cette salle que de loin. Il faut cultiver le mystère et c’est pourquoi les photos sont également interdites dans la très grande salle, dite d’argent, où le sol est entièrement couvert de dalles d’argent et qui renferme les plus beaux trésors de la dynastie. On peut y voir un bouddha en jade, un autre en or et paré de milliers de diamants, réalisé avec l’or de l’urne funéraire de Norodom Ier, selon sa volonté, ou encore une magnifique collection de bouddhas anciens, de bijoux, de boîtes à tabac ou à bétel, parures de la reine et du roi, etc. Je ne suis malheureusement pas capable de tout vous rapporter et surtout de vous décrire ces pièces merveilleuses.

    J’ai ainsi pu constater que je possédais une très belle boîte à bétel en argent ciselé, aussi belle que celles que j’ai vues en vitrine. Notre guide nous a d’ailleurs confirmé que ces objets en argent désormais ne sortaient plus du Cambodge.

    Le musée de Phnom Penh est très proche du Palais royal et, soit dit en passant, de mon hôtel ; aussi avons-nous pu faire le trajet à pied. Vous verrez plus loin que ceci a son importance. Ce musée, bien que riche de beaucoup de statues ou petits éléments d’architecture, comme des linteaux, ne dispose pas des moyens de présentation des œuvres que celles-ci mériteraient. On traverse en effet des salles qui respectent la chronologie des œuvres, mais les petits objets et statues sont souvent les uns sur les autres, et on peine à faire des photographies agréables et lisibles.

    Garuda – homme oiseau
    Durga
    Intitulé : Décorative de Lion
    Bouddha sur naga
    Ganesha : homme éléphant
    Tête de bouddha
    Naga
    Grelot d’éléphant
    Magnifique Naga en bronze
    Crachoir, probablement à bétel
    Il pleut à torrents

    Ainsi, le parcours commence par la période pré-angkorienne des VIe, VIIe et VIIIe siècles, pour poursuivre avec la période angkorienne, et enfin post-angkorienne, jusqu’à aujourd’hui. Les salles donnent les unes dans les autres sur un seul niveau. Je ne voulais pas vous assommer avec la succession des Vishnou, Shiva, Brahma, Bouddha, sans oublier tous les dieux ou personnages secondaires. Je n’ai donc placé ici que quelques photos de statues ou d’objets, que je trouvais beaux ou qui me rappelaient ceux que nous possédons dans notre famille.

    Alors que nous avions terminé la visite, un orage, comme il s’en produit sous ces latitudes, est survenu, et son intensité nous a bloqués un certain temps. Vous pourrez en juger vous-mêmes par la photo qui clôture la journée.

    Demain, je reste à Phnom Penh et retournerai voir les marchés et je visiterai sans doute le musée du génocide de Tuol Sleng.

    Quelques photos d’objets rapportés par mes grands-parents, photographiés à mon retour.

    Boîte à bétel en argent finement ouvragée, rapportée par mes grands-parents
    Cloche à éléphant rapportée par mes grands-parents
    La même cloche prise de dessous comme celle du musée
    Notez la ressemblance avec la statuette du musée. J’ai acheté celle-ci en salle des ventes à Troyes
  • Phnom Penh – 31 octobre 2025

    La coupole du marché central
    Le marché central

    Me voilà enfin à Phnom Penh, dont j’ai entendu parler toute mon enfance ; une sorte de paradis perdu pour ma grand-mère, mon père et ma tante. Pays inaccessible et sans retour de surcroît, car déchiré par la guerre, puis par Pol Pot, occupé par le Vietnam, exsangue. Quand le pays s’ouvre, ma vie d’adulte me commande d’autres priorités, le temps passe, mon destin bascule, alors je me décide, car cela me semble impérieux.

    Certes, je suis déjà au Cambodge depuis plusieurs jours, mais pas dans un lieu aussi chargé de sens que Phnom Penh. Or, la ville a beaucoup changé, particulièrement ces dix dernières années ; des buildings se sont construits comme ailleurs, y compris dans le centre de la ville. La ville compte 2,3 millions d’habitants et grouille en permanence de monde. Les scooters sont si nombreux qu’il faut accepter de s’engager sur les grandes artères en deux fois au moins, au risque de voir défiler, devant et derrière soi, les voitures et deux-roues, alors qu’on se tient au milieu de la chaussée.

    Comme à Siem Reap ou Battambang, il y a peu de feux et, quand il y en a, beaucoup de deux-roues n’en ont cure ; sauf que la circulation et la largeur des voies sont sans commune mesure.

    Quand on s’écarte de ces axes, on peut se perdre, comme à Venise, dans un lacis de ruelles tortueuses où vit une population affairée à de multiples activités. D’ailleurs, ce qui frappe, c’est à la fois la densité de la population, la frénésie de la circulation incessante et le nombre infini des lieux où l’on peut manger. Au marché, bien sûr, mais aussi le long de toutes les rues, où se trouvent de petites échoppes, sur des tuk-tuk ou des scooters, dans de minuscules boutiques devant lesquelles une cuisinière s’active, et enfin dans une grande quantité de restaurants. En effet, les Cambodgiens cuisinent peu chez eux, aussi viennent-ils, à tout moment de la journée, grignoter quelque chose.

    La liste de ce qu’on trouve est infinie : poissons, coquillages, crabes, viandes cuites de toutes sortes et sous toutes les formes, légumes, condiments, fruits innombrables, gâteaux, sucreries, jus de fruits variés, boissons, etc.

    Ma liste est évidemment incomplète et mes observations ne relèvent que de l’espace d’un après-midi, et encore.

    Si j’ai commencé par le marché central, qui ressemble plutôt sur ma photo aux Galeries Lafayette, ce n’est pas pour illustrer mon propos ; car vous vous diriez que j’ai rêvé. En réalité, cette partie du marché est consacrée aux bijoux et donc… moins prise d’assaut et surtout moins encombrée.

    C’est que ce bâtiment a une histoire qui se rapporte à mon grand-père ; non qu’il l’ait construit (c’est néanmoins l’œuvre d’architectes français), mais parce qu’il était membre de la chambre de commerce de Phnom Penh, et a participé à la création du marché. Ce bâtiment date des années 1930 et a été conçu et réalisé en béton, en profitant des techniques, déjà éprouvées en métropole (si je puis dire). Mon grand-père connaissait bien les Halles de la ville de Reims, réalisées en béton armé, classées depuis par Jack Lang ; aussi avait-il fait parvenir à Phnom Penh par son frère tous les éléments qui avaient permis la réalisation des halles rémoises. Nous conservons ainsi dans la famille les plans de coupe du marché de Phnom Penh.

    Cordonnier à qui j’ai fait recoller mes chaussures de toile
    Les Messageries fluviales autrefois
    Café Brown de Phnom Penh, anciennes Messageries fluviales
    Intérieur du café

    Après avoir fait de menus achats au marché, fait recoller mes chaussures de toile pour 0,75 dollar par un cordonnier, présent comme de multiples petits métiers, et pris un jus de fruits avec Sébastien, je me suis mis en quête du bâtiment des anciennes Messageries fluviales de Phnom Penh, que dirigeait mon grand-père. Cet immeuble est aujourd’hui occupé par un café chic et se trouve sur le quai Sisowath. Il ne donne plus directement sur le Tonlé Sap, car un bâtiment a été construit devant, et il est également complètement enserré entre deux « nouvelles » constructions ; de même, le vaste jardin derrière, où mon père et sa sœur pouvaient jouer tout à leur aise en raison de sa taille immense ou supposée telle, n’existe plus. En outre, le 1er étage, qui constituait l’appartement de fonction de mon grand-père, ne fait pas partie du café et a sans doute été loti.

    J’ai donc pris là un espresso qui m’a coûté 2 dollars, ce qui classe ce café parmi les établissements chics et/ou branchés. Je n’avais malheureusement pas avec moi la photo des Messageries fluviales ; sinon je l’aurais placée là à titre de témoignage du passé. Toutefois, le manque de recul, la césure entre le commerce et l’étage, la verdure très abondante devant, rendraient la comparaison difficile.

    Voici, en dernière minute, la photo des Messageries fluviales du temps de mon grand-père, prise sous le même angle, que vient de m’envoyer ma sœur. Finalement, on reconnaît bien l’ancien bâtiment dans le nouveau !

    Le Tonlé Sap
    Le quai qui borde le Tonlé Sap
    Scène de rue
    Scène de rue
    Entrée d’hôtel chic
    Ballons pour les enfants
    Animation à l’heure du dîner

    Demain, je vous parlerai du Palais royal et du musée de Phnom Penh, que je dois visiter avec Sébastien et sa maman.

  • Battambang – 30 octobre 2025

    Au menu du petit déjeuner

    En relisant ma prose d’hier, j’y ai constaté des fautes d’orthographe et de style. J’ai donc fait une mise à jour pour la postérité.

    Pour tout dire, j’ai passé une assez mauvaise nuit, d’une part parce que je n’avais sur mon lit qu’un drap de dessus, dont les dimensions étaient si modestes qu’il ne me couvrait qu’à moitié ; aussi, quand la chaleur réclamait la climatisation, étais-je gelé et, dès que j’arrêtais celle-ci, c’était l’inverse. Mais le pire est survenu vers quatre heures du matin, quand une sorte de muezzin, sans doute plutôt bonze que muezzin, s’est mis à psalmodier derrière un haut-parleur, du moins est-ce la sensation que j’ai eue. Quand il s’arrêtait, s’ensuivait une musique cambodgienne traditionnelle et assez entêtante, telle que celle qu’on entend à l’entrée des temples. Cette succession de répons s’est poursuivie jusque vers sept heures, quand j’ai décidé, de guerre lasse, de me lever. J’en ai eu l’explication peu de temps après par Sébastien, un ami de mon fils, marié à une Cambodgienne, qui m’a précisé qu’en cas de décès dans une famille cambodgienne, la coutume veut qu’on fête le mort pendant trois jours et trois nuits. J’avais donc participé, hier et cette nuit, à cet hommage, j’en suis honoré.

    Pour me réveiller, j’ai entrepris de prendre une douche et ai découvert que je n’avais ni eau chaude, ni savon. J’ai donc fait une toilette rapide et ravigotante avant de prendre, comme vous le verrez sur la photo, un petit déjeuner typiquement cambodgien. C’est une sorte de porc au caramel dans lequel le porc est plutôt du lard, le tout accompagné d’aromates, de riz et, bien sûr, d’une sauce délicieuse. J’ai de nouveau demandé des baguettes, mais manifestement la jeune femme qui préparait le petit déjeuner n’a pas compris, en dépit de mes gestes de la main, remplaçant entre les doigts les baguettes, par un couteau et une fourchette, que je faisais se mouvoir pour mimer le geste. D’ailleurs, une partie de la jeunesse, au contact des touristes, a peut-être perdu cette coutume jugée archaïque.

    Avant de déménager de ma chambre, j’allais dire mortuaire, vers mon hôtel « de luxe », j’ai persisté dans mon idée de visiter le quartier colonial, fameux à en croire les guides. Grâce à Pierre, que j’ai rencontré hier et avec lequel j’ai pris mon petit déjeuner, j’ai découvert l’application Google Traduction, qui traduit instantanément un texte ou la voix dans la langue souhaitée. Il avait également demandé à son ami « ChatGPT » de lui indiquer dans quelles rues se trouvait ce fameux quartier. Muni de ces outils, j’ai pu confectionner un petit texte en cambodgien pour le faire lire à mon prochain conducteur de tuk-tuk. Le procédé a marché à merveille et j’ai passé une grande partie de la matinée à photographier les maisons supposées appartenir à cette période. Il s’agit, pour la plupart d’entre elles, de maisons dont les rez-de-chaussée ont été transformés, ou pas, en commerces. Les plus imposantes étaient soit la propriété de riches Européens, soit la résidence des multiples corps de l’administration française à Battambang. D’ailleurs, c’est encore le cas aujourd’hui, sauf que l’administration est cambodgienne. J’aurais pu prendre une visite guidée sur ce thème, mais je suis fatigué et ai surtout en horreur les voyages organisés…

    Grandes demeures, admirez les fils non enterrés
    Idem
    Très grande maison en restauration
    Aménagement proposé des appartements
    Autre exemple
    Autre exemple, probablement des années 30
    Ensemble de maisons avec commerces
    Peut-être un peu plus récentes

    J’avais terminé mon excursion hier avec la maison du gouverneur, laquelle renferme aujourd’hui un musée. Passant devant, j’y suis entré, en rassemblant tous mes riels, car le ticket d’entrée s’élevait à 12 000 riels, ce qui représente la coquette somme de 3 dollars, soit moins de 3 €. Je n’avais qu’un billet de 20 dollars ou 11 000 riels ; le préposé aux entrées s’est donc contenté de ceux-ci, d’autant qu’il ne prenait pas non plus la carte de crédit !

    Une fois dedans, je me suis rendu compte que ce musée était bien pauvre. Je vous en donne un aperçu avec ces quelques photos d’instruments de musique et des pièces de la maison, qui témoignent de l’architecture du début du XXe siècle, à en juger par la date de la maison, écrite dans la verdure du parterre qui lui fait face : 1907. La plupart de ces maisons coloniales datent de 1900 à 1930 (et des poussières), pile la période où mon grand-père a vécu sur place.

    Où on retrouve à gauche l’instrument d’hier ; l’autre, à droite, ressemble à mon 2e instrument
    Un piano plus important que celui rapporté par mes grands-parents
    Photo ancienne des maisons sur pilotis
    Couloir du 1er étage
    Pièce de réception
    Balcon
    Photo prise du balcon avec la date : 1907
    Entrée d’un hôtel
    Intérieur d’un hôtel magnifique et … vide
    Mon lit, artistement décoré
    Les serviettes savamment assemblées
    La belle soie de mes rideaux
    La vue de ma chambre, encore un temple !

    Je n’ai toujours pas expérimenté la nourriture de rue, pour franciser l’expression consacrée en anglais. En revanche, j’ai mangé à midi dans une petite échoppe, où une dame cuisinait devant vous des plats que l’on choisissait sur photo, ce qui est le cas, d’ailleurs, partout et facilite le choix. J’avais donc choisi des crevettes, servies avec des petits pois, de la salade, des herbes diverses et du riz, le tout nappé d’une sauce assez relevée et de couleur rouge, bien sûr, comme il se doit ici. C’était vraiment délicieux, et cette fois il y avait des baguettes, ainsi qu’une bouteille d’eau. J’ai déboursé pour le tout 9 000 riels, soit 2,25 dollars et donc 2 €. J’avoue qu’à l’heure où je vous écris, j’ai encore faim, mais ce serait peut-être l’affaire d’une entrée ou d’un dessert, que j’aurais pu prendre.

    Je termine avec des photos d’un hôtel suranné, mais magnifique, devant lequel je suis passé. Je vous suggère de zoomer pour regarder les détails. Si je reviens un jour, j’irais bien y passer une nuit. En revanche, vous verrez sur mes dernières photos l’hôtel où je suis descendu, qui, sans être luxueux, n’en est pas moins beaucoup plus confortable que celui de cette nuit.

    Demain, direction Phnom Penh ; mon chauffeur de tuk-tuk m’emmène à 7 h 30 pour prendre mon bus à 8 heures.

  • Direction Battambang – 29 octobre 2025

    Arrêt à l’épicerie
    Notre pilote
    Au fil de l’eau
    Envol d’aigrettes
    De nouveaux passagers montent à bord
    Livraison de cigarettes Lapin en français
    Livraison de colis
    Un vrai bazar flottant
    Les pêcheurs remontent leur filet
    C’est déjà l’heure de la sieste
    Wat Sangkor Battambang
    Détail
    Marché central de Battambang
    Marché central
    Résidence du gouverneur

    Le voyage en bateau a tenu toutes ses promesses car, contrairement aux excursions proposées pour les touristes, il s’agit d’un moyen de transport habituel. D’ailleurs, comme il n’y en a qu’un par jour, l’heure de départ reste aléatoire ; c’est ainsi que nous sommes partis avec une demi-heure de retard sur l’horaire annoncé.

    Dès le début, le fleuve est encombré de grandes herbes, et parfois le bateau se fraye littéralement un chemin à travers la végétation. Mais surtout, le Tonlé Sap fait vivre un très grand nombre de Cambodgiens. Le fleuve est le plus souvent occupé par des villages entiers de maisons sur pilotis, qui forment comme une rue, dont il serait l’artère principale. Les habitants de ces maisons se déplacent le plus souvent en canoës, profilés comme des hors-bords et propulsés, soit à la rame, soit par des moteurs qui entraînent une hélice au bout d’une perche. La perche est inclinée jusqu’à entrer dans l’eau et, dans cette position en diagonale, le moteur exerce sur l’hélice une propulsion telle qu’on a le sentiment de voir évoluer un hors-bord, tant l’avant se lève et la vitesse est impressionnante.

    Ces bateaux servent à la pêche, qui est l’activité principale des hommes. Ils utilisent des filets maintenus à la surface, de place en place, par des morceaux de polypropylène ou des bouteilles d’eau en plastique. Comme vous pouvez le constater, l’ingéniosité remplace les moyens qui font défaut. Le reste de la famille est à la maison ou sur l’eau, soit pour faire ses courses sur un autre bateau flottant, soit, mieux, dans des épiceries, qui en fait sont de plus grandes maisons sur pilotis, auxquelles on accède par le fleuve. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait en accostant au « quai » de cet établissement. Je parle d’établissement et pourrais parler de supermarché, n’était la taille ; en effet, dans celui que nous avons visité, il y avait à la fois les produits frais et l’épicerie qu’on imagine y trouver, mais également des moteurs de bateaux et des canoës de toutes les tailles.

    Quant au confort du bateau, il est sommaire. Imaginez-vous une grande barque, munie d’un toit et dont toutes les fenêtres seraient grandes ouvertes. À l’avant du bateau se tient le pilote et, à côté de lui, son copilote, qui l’aide dans les manœuvres en montant debout à l’avant du bateau, ou muni d’une perche sur le côté et à l’arrière pour dégager le bateau du bord ou d’un obstacle. C’est lui aussi qui recueille les colis que les habitants viennent leur apporter en bateau. À l’arrière se trouvent en outre des W.-C. que je n’ai pas cru bon de vous photographier…

    Certains de ces habitants lacustres, ayant à faire à terre, rejoignent notre embarcation et prennent place à nos côtés.

    C’est pourquoi, en dépit des sept heures de navigation pour rejoindre les faubourgs de Battambang, je ne me suis jamais ennuyé, ce qui aurait été le cas en bus et en seulement cinq heures.

    Arrivé à Battambang, après une course de vingt minutes en tuk-tuk, j’ai pris possession de ma chambre qui est vraiment minable.

    L’arrivée à l’hôtel a déjà de quoi surprendre un Occidental habitué à des situations plus orthodoxes. En effet, l’entrée de l’hôtel est un magasin de vêtements pour dames. Je suis d’ailleurs reçu au fond de ce magasin, puis monte à l’étage, où se trouve d’abord des W.-C. misérables, séparé de la chambre, puis, s’ouvrant à deux battants et ne fermant qu’avec une targette, une chambre entièrement vert d’eau dont les volets sont fermés. J’ai essayé d’ouvrir un volet, que j’ai vite refermé, celui-ci donnant sur une cour intérieure déprimante de laideur. Ajoutez à cela un animateur extérieur qui fait en permanence autant de bruit qu’un muezzin, et, à l’intérieur, une sono à fond. J’espère que l’un et l’autre prendront du repos cette nuit, voire dès la soirée !

    Voulant me faire une idée de la ville, j’ai avisé un conducteur de tuk-tuk ; ne parvenant pas à lui faire comprendre que je voulais visiter le célèbre quartier français, j’ai dû me résoudre à lui indiquer, sur la carte de mon Guide du routard, les endroits que je souhaitais voir. Je vous ai épargné les temples les plus laids, et mon bilan d’aujourd’hui est donc maigre. Je me rattraperai demain, et j’ai réservé pour mon deuxième jour un hôtel, plus cher, mais qui, j’espère, sera plus convenable.

  • Les temples d’Angkor – 3e journée – 28 octobre 2025

    Borne Preah Ko
    Le temple
    Crématorium
    Entrée du crématorium
    Tours du temple
    Buste d’homme gardien
    Autre exemple
    Divinités de la trinité hindoue
    Linteau ouvragé
    Borne de Bakong
    Naga balustrade géante
    Lac attenant et nouveau temple
    Vue générale du temple
    Éléphant dans un angle de la terrasse
    Lions gardiens du temple
    Rares perles dans le motif central de la porte d’une tour
    Bel exemple d’apsara
    Très belle niche préservée d’une apsara
    Guerrier de seuil
    Moines posant pour les touristes (français)
    La maison de mon chauffeur de tuk-tuk
    L’enclos pour les volailles
    Ses vaches efflanquées
    La maison des voisins immédiats
    Lolei
    Un magnifique linteau à l’éléphant
    Gardien de seuil
    Apsara
    Au cœur d’une tour
    Bassin au sein du musée consacré à Angkor à Siem Reap
    Bouddhas : XVIIe-XVIIIe siècle
    Vishnou du milieu : Xe siècle
    Bouddha protégé par le naga : XIIIe siècle
    Naga balustrade : XIIe siècle
    Shiva : XIIe siècle
    Lakshmi : XIIIe siècle
    Bouddha protégé par le naga
    Narasimha : Xe siècle

    C’est donc mon ultime journée à Siem Reap et la dernière fois que je vous parlerai d’Angkor. Aujourd’hui, mon conducteur de tuk-tuk et moi avons décidé de nous éloigner nettement de Siem Reap et même de ce qu’il est convenu d’appeler le grand circuit. Nous n’avons prévu que trois temples, beaucoup plus anciens, afin de constater l’évolution des styles et la constance des inspirations et codifications.

    Notre premier temple est le Preah Ko, temple d’abord modeste, mais l’un des plus anciens. C’est le temple funéraire dédié par Indravarman Ier à ses ancêtres et à Jayavarman II ; il a été bâti en 879 à proximité du palais royal, aujourd’hui disparu.

    Un guide que j’ai entendu expliquait à un groupe de Français que le bâtiment en briques (voir photo), identifié par les premiers archéologues français comme une bibliothèque, s’est révélé être un crématorium. Je suis surpris que des Français aient pris des vessies pour des lanternes !

    Vous verrez en outre, dans mes photos, deux exemples de gardiens de seuil, qui remplacent ici les habituelles apsaras, ainsi qu’un des personnages de la trinité hindoue au-dessus du linteau d’une porte.

    Le second temple, Bakong, est beaucoup plus imposant. Il a été construit en 881, soit deux ans après le précédent, par le même architecte. Il est dédié à Shiva et son mur d’enceinte, en très bon état, mesure 900 mètres sur 700. Vous pourrez admirer une naga balustrade géante, un éléphant comme hier, des lions également. Vous constaterez que la décoration des portes est déjà celle que l’on retrouvera plus tard ; en outre, ma curiosité m’a fait découvrir, sur l’une d’entre elles, des perles encore enchâssées dans les motifs des sculptures qui la décorent. J’ai aussi photographié de belles apsaras et quelques gardiens de seuil.

    Mon conducteur, dont la famille habitait au pied du temple, m’y a emmené et m’a autorisé à prendre en photo son logis, ses modestes dépendances et quelques vaches. Ces conditions de vie n’ont manifestement pas changé depuis l’époque où vivait ici mon grand-père. J’ai peiné à imaginer comment ces vaches efflanquées ont pu allaiter leur progéniture !

    Nous voici arrivés au dernier temple de notre programme, Lolei, temple construit par Yasovarman Ier pour les dieux Shiva et Vishnou. Il a beaucoup perdu de sa superbe mais, comme beaucoup d’autres, est en cours de restauration. J’y ai trouvé un linteau décoré de frises et d’un éléphant, figure animale que je n’avais jamais vue sur une telle frise, ainsi qu’un beau gardien de seuil, une apsara non moins jolie et, peut-être, un linga de Shiva.

    Pour rester dans le sujet et partir sans regret, je me suis offert la visite du musée consacré aux temples d’Angkor, qui se trouve à Siem Reap. « Offert » est un euphémisme, car j’ai payé l’entrée 12 €, en refusant l’audioguide à 5 € ; cela représente le prix de deux restos, à titre de comparaison. Inutile de dire que ce musée est moderne, spacieux, assez bien fait, même si on pourrait probablement améliorer l’aspect didactique et mieux expliquer, par les religions pratiquées hier et aujourd’hui au Cambodge, l’architecture comme la statuaire. Je me suis beaucoup limité dans les photos, souvent axées sur les sculptures les plus proches de celles que nous possédons dans notre famille.

    Mon billet est réservé pour le ferry demain, qui quitte Siem Reap pour Battambang à 8 heures et arrivera 7 heures plus tard, avec un détour par le Tonlé Sap. J’y reste jusqu’au 31 au matin, date à laquelle je prends le bus de 8 heures pour Phnom Penh. Là-bas, j’ai réservé dans le centre, pour l’instant pour deux nuits, comme mes deux précédentes réservations, faites par Booking pour bénéficier de bonnes conditions financières.

  • Les temples d’Angkor – 2e journée – 27 octobre 2025

    Piscine bain du soir
    Borne du temple Baphuon
    L’entrée du temple
    Le temple
    D’autres visiteurs habituels, les singes
    Galeries latérales et plafond « à la française »
    Enceinte intérieure
    Tireur à l’arc
    Galerie intérieure
    Pelouse taillée au coupe-coupe
    Terrasse aux éléphants
    Terrasse aux éléphants
    Terrasse aux éléphants partie supérieure
    Borne de la terrasse du roi lépreux
    Représentation féminine
    Autre représentation féminine
    Apsara ou danseuse
    Bouddha
    Symbole entre l’enfer et le paradis : le purgatoire ?
    Le Preah Khan
    Allée de bouddhas
    Musiciens
    L’instrument qui est chez moi
    Le temple Preah Khan
    Bouddha
    Démon
    Figure féminine « à la tresse »
    Apsara détail
    Stupa ou monument reliquaire
    Vers Neak Pean
    Des fleurs de lotus à perte de vue
    Sanctuaire au milieu du bassin
    Borne du temple Ta Som
    Vue générale
    Posture apsara
    Autre posture
    Autre posture
    Autre posture
    Autre posture
    Borne du Mébon oriental
    Éléphant à l’étage inférieur
    Lion gardant une des entrées
    Éléphant de l’enceinte intérieure
    Dôme d’un autel sacré
    Pre Rup
    Enceinte intérieure
    Les colonnes peuvent être par 5 aussi
    Figure féminine préservée
    Autre rare figure féminine non détruite

    Je me rends compte qu’il est difficile de trier des photos, car j’en prends trois ou quatre fois plus et pourtant il y en a beaucoup « trop ». Rassurez-vous : demain est ma dernière journée et il y aura moins de temples…

    Je voulais d’ailleurs vous parler d’autre chose, à commencer par les Cambodgiens que je côtoie : leur caractère, leur façon de vivre, leur niveau de vie… Naturellement, quand je monte dans mon tuk-tuk (prononcez touk-touk), j’ai un sentiment agréable de liberté, de proximité avec la nature, de la douceur du vent au parfum des effluves, sans oublier le va-et-vient de toutes sortes de véhicules.

    Derrière tout cela, il y a plein de petits métiers : depuis la vendeuse de fruits au bord de la route, installée très tôt le matin, les conducteurs de voitures, de scooters ou de tuk-tuk, les nombreuses échoppes où l’on peut manger, jusqu’aux vendeurs à la sauvette qui sont souvent des femmes, voire des enfants.

    Certes, il y a beaucoup de touristes, mais les Cambodgiens qui doivent travailler sont nombreux, eux aussi : si l’on insiste, ou si l’on a négocié au préalable un bon prix avec son chauffeur, celui-ci accepte, parfois par nécessité. À chaque pause entre deux visites, ou au moment du repas, on est assailli de femmes ou d’enfants qui veulent nous vendre quelque chose et n’ont de cesse de baisser leurs prix, tant qu’on ne leur a pas acheté livre ou colifichet. Les plus jeunes enfants nous présentent des petits objets en répétant inlassablement « un dollar ». Oui, c’est aussi un pays où il y a de la misère, mais où on ne mendie pas ; en tout cas, c’est ce que j’ai constaté jusqu’ici.

    L’autre constatation, c’est la gentillesse des gens, qui va au-delà de la politesse exquise des Extrême-Orientaux. On ne peut se fâcher, tout en restant ferme dans une négociation, tant ils gardent la volonté de trouver une solution pour maintenir l’équilibre harmonieux de la relation. Et enfin, c’est leur sourire, et en particulier celui des enfants, qui est magique ; il est toujours là et participe à l’apaisement des relations et sans doute à une forme d’insouciance.

    Je réponds aussi à ceux qui me demandent si je possède des carnets de voyage de mon grand-père. En réalité, j’ai mieux que cela : j’ai des lettres écrites à toute sa famille et qui ont été pieusement conservées par une de ses sœurs, gardienne de la mémoire familiale. Ces lettres évoquent, au jour le jour, les lieux qu’il découvre, les personnes qu’il rencontre, les activités auxquelles il s’adonne, en particulier la chasse. Elles nous font connaître la vie de toutes les personnes de la famille. En bref, c’est une mine d’or pour ses descendants comme en rêve tout généalogiste. D’ailleurs, c’est dans une de ces lettres qu’il parle d’un instrument de musique, en forme de pipe, qu’il envoie à une de ses sœurs. J’avais donc la date et la provenance d’un instrument, qui se trouve dans mon salon et dont j’ai retrouvé aujourd’hui le sosie dans les mains d’un musicien qui nous le présente. Beau clin d’œil du destin !

    Je reviens à ma journée d’aujourd’hui, qui a commencé avec la suite de la visite d’Angkor Thom, laissée la veille à midi pour trouver une batterie externe, mon téléphone ne supportant pas les longues séances de photographie, en concurrence parfois avec le GPS.

    J’ai donc visité le Baphuon, temple du XIe siècle et un des plus grands du Cambodge ancien. Il est très endommagé et a subi une profonde restauration où, exceptionnellement, on a utilisé du béton.

    Quand on sort du Baphuon, on rejoint la terrasse des éléphants du début du XIIIe siècle, qui, comme son nom l’indique, est en grande partie décorée d’éléphants dont, hélas, il manque toutes les défenses.

    Vient ensuite la terrasse du roi lépreux, élevée, dit-on, en l’honneur de son fondateur Jayavarman VII, mort de la lèpre ; elle est décorée des plus belles représentations statuaires khmères.

    Puis, dans le cadre du grand circuit, je suis allé à Preah Khan, temple ancien restauré par des Français, de nouveau abandonné sous Pol Pot, puis restauré une seconde fois, mais incomplètement. J’ai ensuite visité Neak Pean, temple au milieu d’un grand bassin, qui vaut autant pour lui-même que pour la balade sur la passerelle, où on est émerveillé par la quantité de fleurs de lotus. Le Ta Som a été pour moi l’occasion de vous réunir les différentes attitudes des personnages féminins que j’ai rencontrés. Je me suis acheté un livre pour en connaître le sens, s’il existe, mais vous ne le saurez pas aujourd’hui !

    Il me restait deux temples à visiter. Le premier, le Mébon oriental, possède, sur ses deux enceintes successives et sur deux niveaux, des éléphants aux angles et des lions qui gardent les entrées.

    Pour terminer en beauté, j’avais à gravir une imposante pyramide de brique, le Pre Rup, qui date de 961, et est dédié à Shiva. Les tours ont été restaurées, mais il manque la plupart des statues féminines qui se tenaient de part et d’autre des 5 tours.

    Demain se termine la « tournée » des temples d’Angkor, et mardi je prends le ferry pour Battambang.

  • Les temples d’Angkor – 1re journée – 26 octobre 2025

    Un des nombreux grands édifices de Siem Reap
    Une rue à Siem Reap
    Grande maison avec ombrage et scooters
    Les femmes sont souvent élégantes et gracieuses
    Vendeuse de fruits
    Tuk-tuk transportant des marchandises
    Mon conducteur de tuk-tuk
    Mon restaurant typique d’hier soir

    Voici tout d’abord un résumé de ma journée de farniente et ma prise de contact avec Siem Reap. En fait, Siem Reap a littéralement explosé, au cours de ces dernières années, en raison du développement du tourisme à Angkor. On est loin de la redécouverte des temples au temps de la colonie française. Depuis, ils ont été nettoyés, mis en valeur ; les routes sont souvent belles et les abords des temples soignés. Tout cela a profité à Siem Reap, qui dispose de très nombreux édifices immenses, souvent d’aspect colonial. Respectueuse des bâtiments anciens, l’urbanisation n’est donc pas anarchique, mais maîtrisée. Ce renouveau coexiste avec la précarité de beaucoup d’habitants. Ainsi, il n’est pas rare de voir deux enfants sur un même vélo, sans casque, bien sûr, mais aussi des mamans qui transportent de petits enfants sur des scooters pour livrer de la nourriture, sans casque non plus pour l’enfant, et parfois pour les deux. Enfin, ce qui domine le paysage, ce sont les nombreux tuk-tuk, scooters attelés à une carriole plus ou moins grande, couverte et garnie de sièges en vis-à-vis. Tout ce monde roule sans contrainte, puisqu’il n’y a aucun feu tricolore la plupart du temps. Au reste, quand il y en a parfois, les tuk-tuk n’y attachent aucune importance et chacun, cycliste, scootériste, conducteur de voiture, de tuk-tuk ou piéton, veille à sa sûreté. D’ailleurs, il ne semble pas y avoir d’accident, car le système fonctionne ainsi et les habitudes sont prises.

    Angkor Wat avant le jour vers 5 h 35
    Vers 6 heures : dommage, la photo n’est pas d’aplomb
    Bas-relief Mahabharata : bataille à Kurukshetra
    Idem
    Parade militaire du roi Suryavarman II
    L’enfer et le paradis
    Barattage de la mer de lait
    Apsara
    Guerre entre le dieu Krishna et l’asura Bana
    Guerres entre Devas et Asuras
    Apsaras ou danseuses khmères
    Angkor Wat : photo prise du haut du temple
    L’allée centrale
    La montée des marches vertigineuse
    Cœur du monastère
    Entrée de Banteay Kdei : monastère bouddhique de la fin du XIIe siècle
    Site dans son ensemble
    Allée centrale
    Vue partielle
    Apsara
    Vishnou
    Enfants pêchant dans le ruisseau
    Ta Prohm
    Linteau ouvragé
    Fromager aux prises avec le temple
    Sorte de nef latérale
    Vue générale
    Devant Angkor Thom, direction le Bayon
    Le Bayon
    Ce qu’il reste d’une « forêt » de têtes gigantesques
    Apsaras
    Les Khmers
    Les Chinois
    Éléphant monté par un guerrier
    Crocodile
    Scènes relatives à la nourriture
    Vue d’ensemble
    3e terrasse
    Chau Say Tevoda
    Couple en tenue de mariés traditionnelle
    Linteau ouvragé au dragon
    Apsara
    Quand les lianes servent de balançoires
    Ta Keo au loin
    De près
    Colonnes typiques toujours par 7
    Échappée depuis les colonnes

    Après une nuit presque blanche (environ trois heures de sommeil), sans doute due aux douze heures de sommeil de la veille, au stress et au décalage horaire mal digéré, j’étais debout à 4 heures et dans le tuk-tuk à 5. Comme je vous le disais plus haut, le tuk-tuk est une sorte de calèche ou de carriole attelée à un scooter et parfois à une moto pour les plus grands. C’est ici le moyen de locomotion traditionnel, qui a remplacé le pousse-pousse d’autrefois…

    Si je suis parti de si bon matin, ce n’est pas seulement que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais surtout pour assister au fameux lever de soleil devant Angkor Wat, pour la photo duquel la concurrence est rude et les bonnes places sont chères ! Certes, cette photo se trouve un peu partout et de meilleure qualité que celle que nous nous apprêtons à faire, mais chacun a à cœur de faire œuvre de création, et tant pis s’il faut rester trois quarts d’heure sur un coin de plateforme ou chercher, dans les interstices de la foule, une échappée vierge d’un intrus, pour obtenir sa photo.

    Comme vous pourrez le constater, ma photo est bien cadrée et réalisée pile à l’heure du lever du soleil (6 heures), mais pas parfaitement horizontale, car prise du bout des bras depuis le côté dégagé… la précédente est bien cadrée, d’aplomb, mais avant le lever du soleil ; quoi qu’il en soit, ce sont les miennes !

    Au risque de vous incommoder avec une indigestion de commentaires sur les temples d’Angkor, je choisis de privilégier les photos, qui, bien qu’arbitraires, sont les meilleures ambassadrices de ces temples, dont la taille, comme le nombre et surtout la profusion de sculptures, donne le vertige. C’est comme si nous avions, quasiment sur un même lieu, toutes nos cathédrales françaises. Et encore ne visitons-nous qu’une partie de ces temples, dont une grande partie a disparu sous la végétation.

    Néanmoins, sachez que le temple le plus connu, Angkor Wat, a été construit au XIIe siècle ; sa construction a duré 37 ans et s’est achevée treize ans avant le début de celle de Notre-Dame de Paris. C’est le plus grand monument d’Asie et le plus grand édifice religieux du monde. On considère qu’il a fallu 300 000 ouvriers et 6 000 éléphants pour mener à bien sa construction. Le roi bâtisseur Suryavarman II l’a consacré à Vishnou, dieu suprême de l’hindouisme. Les murs des galeries de la deuxième enceinte sont ornés de bas-reliefs d’une finesse et d’une beauté extraordinaires. Vous trouverez sans doute que je vous en ai mis beaucoup ; sachez qu’il y en a sur 800 mètres et que la plupart sont en excellent état.

    Le deuxième temple est le Banteay Kdei, temple bouddhiste de la fin du XIIe siècle. Il se trouve dans un environnement boisé charmant et possède un très grand nombre de danseuses, ou apsaras. En effet, celles-ci dansaient pour le roi dans l’enceinte de ce temple.

    Ta Prohm, de la fin du XIIe siècle, est considéré comme le plus romantique. Il est en effet resté plus longtemps la proie des fromagers, ces arbres qui enserrent les pierres jusqu’à les faire se fendre et se déchausser. Alors que la plupart des sites ont été débarrassés de la végétation envahissante, les restaurateurs ont eu la bonne idée de laisser celui-ci dans l’état qui a saisi les explorateurs qui, les premiers, ont redécouvert ces lieux. Les amateurs de photos singulières s’en donnent à cœur joie.

    Le Bayon fait partie d’Angkor Thom ; c’est un temple de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle. Il se caractérise par ses multiples tours, dont certaines ont disparu, et ses visages monumentaux à double face, dont il ne reste que peu. Gare à l’étourdi que je suis, car son plan est complexe et peut rendre la visite plus longue et plus sportive que prévu, en raison des différents niveaux.

    Chau Say Tevoda est un petit temple qui possède de jolis linteaux et de belles statues et qui a servi aujourd’hui d’écrin aux photos de noces, en l’occurrence d’un jeune couple cambodgien en tenue traditionnelle.

    Ta Keo, le dernier temple de ma 1re journée, est le plus ancien : il date du Xe siècle et forme une montagne pyramidale, haute de 45 mètres et dépourvue de statues. Ses marches hautes et étroites, sans rampe pour grimper, sont à éviter absolument si vous avez le vertige.

    Rendez-vous demain soir, peut-être pour le 2e jour, de nouveau à Angkor Thom.

  • Direction l’Indochine – 22 au 24 octobre 2025

    Direction l’Indochine – 22 au 24 octobre 2025

    Embarquement pour Bangkok

    Je vous écris de l’avion pour Bangkok, déjà en retard de près de trois quarts d’heure, sans qu’aucune explication ne nous ait été donnée. D’ailleurs, cette journée passée dans les méandres de l’aéroport Charles-de-Gaulle mériterait bien des commentaires ; ce ne fut en effet que déambulations et gymkhanas à travers de multiples salles, sans oublier le train. J’avoue ne pas avoir compris le sens de cet itinéraire, d’autant qu’à son terme, nous étions nombreux à nous diriger dans des directions opposées. Quant au retard, qui atteint maintenant près d’une heure, il était soi-disant dû au fait que notre avion n’était pas en état de nous accueillir !

    Nous décollons enfin avec 1 h 17 de retard, ce qui n’est pas, ou n’était pas, dans les habitudes d’Air France.

    Mon vol d’hier, au départ de Bordeaux sur un petit avion d’Air France, a été perturbé par la tempête Benjamin, qui a provoqué des turbulences et obligé nos hôtesses de l’air à regagner leur place à trois reprises avec leur chariot, alors qu’elles faisaient leur service. Je ne me souviens pas d’avoir eu un vol aussi agité dans ma modeste carrière de globe-trotteur, et mon jus d’orange a eu du mal à rester sagement dans son gobelet.

    Je reviens à mon vol pour Bangkok, où tout a changé quand le repas a été servi. Sans être gastronomique, le menu ne manquait de rien, et champagne et vins étaient servis aussi à la classe tourisme.

    Les écrans, eux, ont bien évolué depuis mon dernier grand voyage, car chacun pouvait, à sa guise, suivre le vol de l’avion en direct et sous tous les angles, consulter le menu, les informations touristiques des villes survolées, regarder un film, une série, un documentaire ou écouter la radio. J’ai donc regardé trois films, dont « La Venue de l’avenir » de Cédric Klapisch. Ce dernier imagine un groupe de familles héritant d’une grande maison ayant appartenu à leur arrière-grand-mère. C’est le prétexte qu’a trouvé le réalisateur pour faire des allers-retours de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, avec beaucoup de finesse et de réalisme. Je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre ma démarche aujourd’hui et la sienne, ce qui m’a ému. Il y a en effet plus de 120 ans que mon grand-père, dont je suis les traces, a découvert le Cambodge.

    Près de Kaboul – vu cette nuit le film « 13 jours, 13 nuits »
    Le pays du Soleil-Levant
    Bangkok
    Siem Reap
    Rafraîchissement offert à mon arrivée à l’hôtel
    Ma chambre un peu coloniale
    Le hall des chambres
    La piscine

    Je suis finalement arrivé à 17 heures, heure locale, à Siem Reap, ou plutôt à mon hôtel, qui en est un peu distant. Ce ne fut pas sans de nombreuses péripéties : entre le retard de l’avion de Bangkok, au départ comme à l’arrivée, et le visa à remplir en ligne que j’avais négligé, puisque je ne faisais que passer… J’ai ainsi fait deux fois, à Bangkok, la queue pour le contrôle des passeports et des visas ; j’ai transpiré, en m’y reprenant à plusieurs fois pour maîtriser l’application qui délivre le précieux sésame, alors que l’heure de ma correspondance pour Siem Reap approchait dangereusement. N’ayant plus le temps de prendre la navette gratuite, je me suis fait arnaquer consciemment pour arriver à temps. Inutile de dire que ma nuit fut blanche, ce qui explique sans doute ma fébrilité !

    Demain, je m’accorderai une journée de farniente, le temps de réserver mon pass « trois jours » pour Angkor et de faire quelques emplettes.

    Ce soir, découverte de la cuisine cambodgienne, puis repos bien mérité.