Catégorie : 2025

  • Luang Prabang à Pakbeng – 26 novembre 2025

    Départ ce matin de Luang Prabang
    Grotte des bouddhas
    Travaux d’un futur barrage
    Grues en action

    Ponctuel, comme le sont par habitude la plupart des Européens, j’étais prêt, ma valise bouclée à 6 h 30, puisqu’on devait venir me chercher à 6 h 40 pour me conduire au bateau.

    L’heure passée, je m’en inquiète auprès de mon hôtesse qui ne semble nullement préoccupée du retard, déjà sensible, du tuk-tuk. Mieux, à 6 h 50, on vient m’apporter des fruits, car je n’ai pas pu prendre mon petit déjeuner. Le chauffeur arrive tranquillement une demi-heure en retard et je m’installe à l’arrière d’un véhicule qui contient déjà huit personnes. Je pense à ce moment-là être le dernier, mais le chauffeur s’arrête encore un bon moment et arrivent trois jeunes femmes, pour lesquelles on gerbe les sacs et serre les rangs. Arrivés à l’embarcadère, notre chauffeur nous explique qu’il est garant de nos billets, puisque nous n’en avons pas. On nous remet un billet, après que chacun a écrit son nom sur une simple feuille de cahier. Je suppose qu’elle permet d’identifier les manquants à l’appel, en cas de naufrage ! Ensuite, nous descendons les marches de l’embarcadère et montons dans le bateau. Il est 7 h 45 et le bateau, nous a-t-on dit, part à 8 h 30. À partir du moment où nous sommes installés commence un défilé de touristes venant d’autres hôtels ou guesthouses, puis des Laotiens chargés de sacs de toutes sortes, sans oublier un chargement complet de marchandises, voire un scooter sur l’avant du bateau. Le bateau attend ses passagers, en tout cas les autochtones, car ils ne sont pas pressés et il en vient jusqu’à 8 h 40.

    Finalement, nous sommes partis, avec certes un peu de retard, mais après tout nous avons choisi le slow boat (littéralement le bateau lent) ; nous ne sommes donc pas pressés.

    À cette heure de la matinée, faute de soleil, il fait plutôt frais et j’ai mis, pour la circonstance, un petit pull et mon coupe-vent. Les courants d’air ne manquant pas sur ce bateau, il n’y a rien de trop ; d’autant qu’il nous est demandé de nous déchausser. Presque tout le monde s’en acquitte, sauf mon voisin de derrière et moi qui nous disons que nous les retirerons quand nous nous déplacerons sur le bateau.

    Nous passons devant les grottes de Pak Ou, sur la falaise, que l’un d’entre nous a visitées la veille. Puis nous arrivons devant le chantier titanesque d’un barrage sur le Mékong, financé, comme tous les gros investissements, par des Chinois. Mon voisin, Frédéric, me recommande d’ailleurs la lecture d’un article très documenté sur ce projet, comme de tout ce qui relève de l’énergie hydroélectrique au Laos.

    Ravitaillement des populations des bords du Mékong
    Les enfants aident à porter les sacs
    Le passage d’un bateau constitue un événement
    Trois buffles
    La pêche est l’activité principale
    Mais aussi l’orpaillage

    Voyager en bateau lent, c’est aussi le moyen de partager un moment de la vie quotidienne de cette population éloignée des villes. Certes très modestement ; mais pendant les neuf heures que dure le trajet, le spectacle pour nous est permanent. Les membres de cet équipage de fortune d’abord, l’un à la barre, un autre en second, un troisième aux bagages, une femme au bout du bateau qui distribue café, boissons ou petite épicerie. Les passagers ensuite et surtout la diversité des bagages, sacs plus ou moins gros, mais aussi de véritables ravitaillements, qui vont être livrés au fil de notre croisière aux populations disséminées le long du fleuve. Les populations enfin, que l’on découvre, ainsi que leurs animaux, les maisons isolées ou regroupées en minuscules bourgs, les installations et le bétail, les pêcheurs et les orpailleurs.

    Et, bien sûr, il y a la nature, sauvage, presque virginale, avec ses collines entièrement boisées et ses buffles qui se prélassent tranquillement sur le rivage.

    Il est dommage que tout cela soit appelé à disparaître un jour, avec le développement des routes et la multiplication des barrages. Le progrès est peut-être à ce prix et ces gens, qui vivent d’une façon si éloignée de la nôtre, en ont-ils conscience ? J’ai à ce moment le sentiment que, s’il y a déjà un gouffre entre l’époque de mon grand-père et la mienne, il sera peut-être plus grand encore entre la mienne et celle de mes descendants. Au fond, je fais l’expérience de l’éphémère.

    Le soleil est un peu dans la brume
    Il est près de se coucher
    Le voilà couché
    Comme si vous y étiez
    Une séance de pilotage
    Autre vidéo

    Après ces considérations « philosophiques », je vous donne rendez-vous demain dans le sanctuaire des pachydermes.

  • Luang Prabang – 2e jour – 25 novembre 2025

    Temple du Bouddha d’or dans l’enceinte du Palais royal

    J’avais prévu de visiter ce matin le Musée royal et ancien Palais royal, où, comme à Phnom Penh, les photographies sont interdites. À Phnom Penh, seules les photographies des collections royales et de la salle du trône le sont ; ici en revanche, les photographies de l’intérieur du temple comme du musée sont interdites… Vous voilà donc dispensés de photos, d’autant que j’ai même oublié de prendre celle du palais !

    Je suis entré dans le temple sans réaliser qu’ici se tenait le bouddha d’or, c’est dire. À ma décharge, si mon Guide du Routard m’en a parlé à plusieurs reprises, j’en ai vu tant, et de toutes tailles en or ou recouverts du précieux métal. En outre, les Laotiens ont une telle phobie d’être volés que je ne serais pas surpris que ce soit une copie. On se console comme on peut de ne pas posséder d’image, nous qui ne pouvons plus nous en passer. Ce qui est sûr, c’est que l’intérieur de ce temple regorge d’or et que le bouddha est entouré de tambours en bronze, pour la guerre et pour la pluie, et de défenses d’éléphant sculptées.

    Vous aurez également zoomé sur la façade dorée sur laquelle figure, sur la partie principale comme sur l’imposte, le Bouddha, bien sûr.

    Arrivé au musée-palais, je suis refoulé car je suis en short ; un short sobre qui arrive au genou, mais un short. Je suis dirigé vers le palais de la danse où on me fournit, moyennant 10 000 kips, une sorte de pantalon-survêtement avec lequel je peux faire la visite ; ayant laissé à la consigne mes sacs à dos et sac ceinture.

    Ce musée, installé dans ce Palais royal, construit entre 1904 et 1909 sous le protectorat français, comporte huit salles et un couloir. La salle par laquelle commence et se termine la visite est la salle dite du Protocole, où l’on voit le trône du moine suprême devant celui du roi, pour rappeler sa suprématie, même dans le royaume. On traverse ensuite la salle de réception du roi, décorée de fresques murales par un Français, Alix de Fautereau, en 1930, et qui représentent des scènes de la vie laotienne. Dans le couloir se trouvent des tambours de bronze datant de 600 à 1000 ans, destinés à rassembler les soldats ou appeler la pluie. Ensuite, la salle du trône, dans laquelle on peut voir, outre le trône, dans les vitrines, des sabres des gardes du roi, des statuettes de bouddhas des XVIe et XVIIIe siècles, etc. J’y ai reconnu des sabres semblables aux miens, mais, n’ayant pas de photo avec moi, je ne sais pas s’ils sont laotiens ou khmers, ou les deux, sachant que j’en possède trois dont un à deux mains. Je me rends compte, à la suite de mes deux visites de palais royaux, que j’ai la chance de disposer de très belles pièces. Je n’en avais pas conscience, d’autant que ces sabres, comme les instruments de musique ou le grelot d’éléphant, voire le bouddha, m’ont été donnés directement par ma grand-mère, avec laquelle j’entretenais une relation privilégiée.

    On voit en passant la bibliothèque du roi, dans laquelle il n’y a d’ailleurs rien d’intéressant ! Dans le couloir, on peut voir des cachets royaux en ivoire, en forme de stûpa, semblables à ceux que je possède et dont je vous ai déjà parlé. On passe ensuite devant la chambre de la reine, puis celle du roi, qui sont meublées et décorées très sobrement. Dans le couloir, on peut voir les costumes du roi et de la reine et les décorations du roi. Dans la chambre des enfants se trouve une collection d’instruments de musique, ainsi que des costumes de danseuses. La salle à manger est également très sobre, et une grande place est faite aux vases et porcelaines de Sèvres, ce qui montre l’attachement de la famille royale à la culture française. Enfin, dans la salle de réception sont rassemblés les cadeaux offerts à la famille royale, au fil des règnes, par les pays qui l’ont reçue.

    J’ai oublié d’aller voir les automobiles et j’espère que vous voudrez bien m’excuser.

    Heuan Chan Heritage House
    Intérieur de la maison
    Poignard laotien
    Porte-feuilles à bétel
    La malle dans un coin de la chambre
    Violons laotiens
    Coussins installés sous la maison
    Tenue de cérémonie
    La table est mise
    Thé au citron glacé offert avec l’entrée
    Salon de jardin

    Pour vous changer des temples, j’ai décidé de visiter cette belle maison en bois sur pilotis, construite en 1900 et qui fait aussi office de musée de la vie laotienne. Cette visite est très intéressante, car elle permet de comprendre comment vivaient autrefois, et parfois encore aujourd’hui, les Laotiens : objets usuels de la table ou de réception, vêtements. Ainsi, j’ai retrouvé un porte-bétel en argent qui ressemble aux deux que je possède. Le poignard ressemble à mes sabres, et même la malle est sensiblement la même que celle qui, aujourd’hui, rassemble les jeux de société de la famille. Notez qu’encore aujourd’hui, les Laotiens, comme les Cambodgiens, se réfugient sous leur maison pour se rafraîchir.

    Vue de la rivière Nam Khan
    Autre vue
    Wat Pakhé
    Panneau des danseuses
    Panneau des Hollandais
    Internat primaire (en français)

    En allant visiter un dernier temple, le Wat Pakhé, j’ai longé la rive de la rivière Nam Khan, qui coule aussi à Luang Prabang et aurait pu nous conduire jusqu’à la frontière vietnamienne. Mais ce n’est plus le cas, et il me faudra prendre le bus.

    Le Wat Pakhé, temple du XVIIIe siècle, possède une belle porte dorée dont la partie gauche représente des Hollandais, premiers visiteurs de Luang Prabang. À l’intérieur, quelqu’un photographiait des fresques très effacées pendant ma visite ; dans quel but, je l’ignore.

    J’ai finalement décidé de quitter Luang Prabang dès demain pour gagner Pakbeng en bateau lent (huit heures) et visiter une réserve d’éléphants.

  • Vientiane à Luang Prabang – 24 novembre 2025

    Mon hôtel à Vientiane
    En train pour Luang Prabang
    À travers les vitres du wagon
    Wat Visoun à Luang Prabang
    Son stûpa
    Le temple et bouddha
    Les bouddhas dont la position des mains sollicite la pluie

    Je vous passe sous silence mes tractations jusque tard dans la soirée d’hier pour obtenir mon billet de train, sans parler de mes inquiétudes quant à trouver, à des conditions raisonnables, un taxi ou tuk-tuk pour aller à la gare distante de 12 km ; le suspense a duré une partie de la soirée et n’a pris fin réellement que quand j’ai fait comprendre ce matin à la guichetière que mon bout de papier devait trouver son répondant dans son ordinateur, sous une forme numérisée.

    La ligne de chemin de fer, construite récemment par les Chinois, relie Vientiane, à toute allure, à Luang Prabang, mais aussi à la Chine bien sûr. Aussi, parti à 9 h 50, suis-je arrivé à 11 h 30. À l’arrivée, j’ai demandé à plusieurs touristes s’ils ne voulaient pas partager un taxi pour négocier le prix de la course. Chacun s’y est retrouvé, car notre chauffeur a réussi à entasser treize personnes avec armes et bagages. Après avoir trouvé, non sans mal, mon hôtel, bien caché dans une petite rue, et déniché une gargote pas chère pour manger, j’ai fait un premier tour de piste assez sérieux des trésors que renferme Luang Prabang.

    Luang Prabang est entourée de collines boisées et se trouve au confluent du Mékong et de la rivière Nam Khan, qui se dirige vers le Vietnam et dont nous reparlerons. L’ancien nom de Luang Prabang est Jawa, qui signifie entourée de jungle ou d’eau. Son nom actuel depuis 1491, qui signifie littéralement « grande statue d’or sacrée », elle le doit à la venue, deux ans auparavant, d’un grand bouddha d’or. Elle devint capitale du royaume du Laos jusqu’en 1563, date à laquelle elle fut remplacée par Vientiane.

    Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, elle bénéficie d’un soutien international important, en contrepartie duquel lui sont imposées des contraintes architecturales, qu’elle assume à peu près, en dépit de l’appétit des Chinois.

    Je reviendrai sur l’importance de la présence de l’architecture française dans un second temps.

    J’ai donc commencé mes visites par celle du Wat Visoun, car c’est le temple le plus proche de mon hôtel, en se dirigeant vers la péninsule. C’est le plus ancien de la ville puisqu’il a été construit au XVIe siècle, même s’il a été presque entièrement reconstruit en 1898. On peut y voir le bouddha en méditation et, tout autour, des bouddhas en bois, dont beaucoup ont les bras « ballants » ; en réalité ce geste signifie qu’ils appellent la pluie.

    Ascension du mont Phousi
    Ascension du mont Phousi
    Empreinte du pied du Bouddha
    Vue du mont Phousi
    Stûpa couronné d’or
    Modeste sanctuaire

    Sans doute étais-je nostalgique des nombreuses volées de marches que j’avais gravies naguère ; aussi n’ai-je pas raté l’occasion de faire l’ascension du mont Phousi, dont la vue est extraordinaire, parole de Routard. Il faut en effet gravir au moins 400 marches pour admirer la vue de ce mont, couronné d’un stûpa revêtu d’or. Elle en vaut d’autant plus la peine que c’est l’occasion de comprendre l’origine du mot Jawa, nom ancien de Luang Prabang. D’un côté, en effet, la vue donne sur des collines boisées, et de l’autre, sur le Mékong.

    La rue principale de Luang Prabang
    Wat Mai
    Détail de l’entrée du temple
    Intérieur du temple

    En allant au bout de la péninsule pour voir le Mékong, je m’arrête pour admirer le Wat Mai, qui a été construit entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle ; temple du patriarche suprême, il porte aujourd’hui le nom de président des moines ; c’est là aussi qu’est exposé le bouddha d’or à la vénération des fidèles. On voit aussi sur les portes les principaux animaux du pays, dont les éléphants.

    Beau bâtiment colonial
    École maternelle, écrit en français
    Panneau
    Autre exemple de maison coloniale
    Autre exemple
    Autre exemple
    Dernier exemple
    Entrée du Wat Xieng Thong
    Chapelle et char funéraire du roi Sisavang Vong
    Détail de la porte d’entrée
    Le char funéraire
    La chapelle du bouddha sacré
    Chapelle du bouddha couché
    Mosaïques de verre d’inspiration japonaise
    Bouddha sacré

    Presque au bout de la péninsule, et après bien d’autres temples que je visiterai peut-être demain, se trouve le Wat Xieng Thong. On le trouve au détour d’une rue, après avoir dépassé bon nombre de marchands « du temple » ! Cet ensemble d’édifices sacrés est le plus important de Luang Prabang, d’où mon choix pour ce premier jour. Il a été construit en 1560 à la mémoire de Tao Chanthaphanith, élu, d’après la légende, roi de Luang Prabang. On commence la visite par la chapelle qui abrite le char du roi Sisavang Vong, qui contient son urne mais pas ses cendres.

    Ensuite, on entre dans la chapelle du bouddha sacré, avec ses pans de bois qui descendent presque jusqu’à terre. Enfin, on peut voir la chapelle qui abrite le bouddha couché, ou chapelle rouge.

    Comme promis, et fidèle à mon fil rouge, je vous montre un certain nombre de maisons coloniales ; elles sont en très grand nombre à Luang Prabang et en très bon état.

    On quitte le débarcadère
    Le soleil commence à se coucher
    Une jonque passe que je saisis
    Le début du coucher du soleil

    En ressortant du temple de Xieng Thong, on se trouve au bord du Mékong. Le coucher du soleil est prévu dans moins d’une heure ; aussi est-on tous assaillis de pilotes qui veulent nous vendre une petite croisière en bateau sur le Mékong au coucher du soleil. Le prix en groupe est raisonnable, mais il n’y a jamais de groupe. M’en tenant à ce tarif, et après avoir refusé les autres offres, un marin finit par accepter de me faire faire ce périple aux conditions d’un groupe, mais pour moi tout seul. C’est un petit bateau, mais j’ai toute liberté de prendre mes photos sans être gêné par quiconque, à l’exception des autres bateaux ! En réalité, il s’est montré habile et j’ai pu faire, comme vous pourrez en juger, vidéos et photos à volonté.

    Coucher de soleil

    À demain pour d’autres aventures.

  • Vientiane – 23 novembre 2025

    Arrivée le 22 novembre à Vientiane – Stûpa noir
    Maison de type colonial à proximité du Stûpa noir
    Wat Sidaket

    La distance est longue pour aller de Thakhek à Vientiane, capitale du Laos ; aussi m’a-t-il fallu plus de sept heures de bus hier pour y parvenir. Une fois à destination, il me restait à me rendre au centre de la ville, car l’arrêt de bus se trouvait à 10 km. Heureusement, j’ai pu partager avec d’autres touristes un grand tuk-tuk à un prix raisonnable. La nuit tombant peu après 17 h 30, il ne me restait qu’à prendre possession de ma chambre et à faire un tour dans les environs pour ne pas avoir à chercher mon chemin la nuit. Non pas que ce soit impossible avec un GPS, mais c’est tout de même plus facile de jour. Tout au plus ai-je pu voir le That Dam, ou Stûpa noir, qui se trouve très près de mon hôtel, et cette première maison coloniale qui m’a paru être une maison de retraite ; très bien placée, d’ailleurs.

    Vientiane a été complètement détruite par les Siamois, les Thaïlandais d’aujourd’hui, et ce sont les Français qui, à leur arrivée à la fin du XIXe siècle, l’ont entièrement reconstruite. Il reste, bien sûr, des vestiges de la présence française, d’autant que la ville a défini une zone de protection du patrimoine ; toutefois il ne faut pas s’en exagérer les effets. Des administrations, des banques ou des hôtels se sont installés dans les plus grands bâtiments ; d’autres, plus modestes, sont en très mauvais état ou ont été, d’ores et déjà, remplacés par des bâtiments neufs, qui sont rarement de grands immeubles. On y voit un mélange de bâtiments ordinaires, comme on en trouve partout, et d’autres, neufs, qui s’inspirent de l’architecture coloniale.

    Restaurant à l’abandon
    Partie arrière de cette belle bâtisse qui mériterait de renaître
    Hôtel et restaurant installés dans une demeure coloniale
    Bâtiment neuf, très imposant, à l’allure coloniale
    Rue dans le même quartier
    Contraste entre le tuk-tuk et la Lamborghini
    Maison de type colonial à l’abandon
    Cathédrale du Sacré-Cœur
    Cathédrale du Sacré-Cœur en chantier ?

    Après ce tour d’horizon de l’architecture coloniale, revenons à mon programme de visites de temples pour ne pas changer. D’abord le Wat Sisaket, seul temple épargné par les Siamois, car de style siamois, et donc, bien que datant de 1818, le plus ancien de la ville. Vous n’en verrez pas l’intérieur car les photos sont interdites. On y voit notamment des bouddhas anciens, sans que la collection présentée revête un caractère exceptionnel. En revanche, les galeries tout autour du sanctuaire renferment des quantités de bouddhas, souvent anciens. Ils se présentent dans diverses attitudes, chacune ayant sa signification. Par exemple, pour la plus courante : le bouddha assis en tailleur, la main gauche ouverte vers le ciel et reposant sur le mollet replié de sa jambe droite, et sa main droite posée à l’endroit, presque au niveau du genou de la même jambe (voir la photo).

    Geste de la prise de la terre à témoin
    Sanctuaire et musée du temple Sisaket
    Détail sur bois
    Temple annexe
    Joli massif floral

    De là, je me suis dirigé vers le Wat Ho Phra Kéo Museum, dont on ne peut pas photographier les collections de bouddhas… Vous n’en verrez que le temple, en guise de consolation !

    Wat Ho Phra Kéo Museum
    Wat Ong Teu

    De même que vous n’apercevrez qu’à travers les grilles la résidence du président…

    Résidence présidentielle

    J’ai visité ensuite le Wat Ong Teu, puis le Wat Inpeng et enfin le Wat Haysok. Le premier car il renferme le plus grand bouddha en bronze de Vientiane, le second pour sa façade richement décorée et le dernier pour son toit à cinq niveaux.

    Wat Ong Teu
    Wat Inpeng
    Wat Inpeng
    Wat Haysok

    Pour ne pas vous laisser sur votre faim, je suis aussi allé voir le Wat Simuang, qui est le temple préféré des habitants de Vientiane, car il abrite le Lak Muang, ou pilier tutélaire. Selon la légende, cette lourde pierre aurait été plantée en terre en écrasant une jeune femme enceinte, qui se serait offerte en sacrifice… En fait, il s’agirait plutôt d’une ancienne borne khmère autour de laquelle a été construit un temple au XVIe siècle, lequel, détruit par les Siamois, a été reconstruit en 1915. C’est aujourd’hui le temple de la chance et de la divination, d’où sa popularité.

    La pierre plantée en terre du Wat Simuang

    Demain, départ en train pour Luang Prabang, capitale historique du Laos et temple des temples…

  • Thakhek – 2e jour – 21 novembre 2025

    Thakhek – 2e jour – 21 novembre 2025

    Un très grand van
    Vide !
    Wat Pha That Sikhottabong
    Stûpa restauré en 1950 et surmonté d’un bourgeon de lotus
    Plafond du temple décoré à la feuille d’or
    Les jeunes moines (enfants) jouent avec des pierres au bord du Mékong
    Le Mékong

    Comme prévu, à 9 heures, mon chauffeur m’attendait pour un périple dans les karsts de Khammouane, à défaut de faire la fameuse boucle du même nom.

    Les karsts proviennent d’un phénomène géologique qui, par la dissolution des roches, a donné aux collines ces formes particulières et, surtout, est à l’origine de nombreuses grottes, dont certaines sont spectaculaires, même pour nous Périgordins !

    En guise de mise en bouche, nous avons d’abord visité le temple Wat Pha That Sikhottabong, qui se trouve au sud de Thakhek. C’est un temple au plan classique, comme il en existe tant au Laos, sauf que son stûpa renferme une relique de Bouddha. Il aurait été érigé entre le VIe et le VIIIe siècle, aurait été restauré une première fois au XVIe siècle et aurait enfin été surmonté d’un bourgeon de lotus en 1950. Tel qu’il se présente aujourd’hui, il paraît on ne peut plus récent ; de même, je me demande ce que peut être une relique de Bouddha ! Admirez le plafond du temple, doré à la feuille d’or, et méditez sur le sort de ces enfants moines qui jouent au bord du fleuve, comme tous les enfants, et auxquels un moine adulte commande de rentrer.

    Paysage en chemin
    Entrée du site de la grotte à l’éléphant
    Entrée de la grotte
    Stalactites
    Vue du paysage depuis la grotte
    Le bouddha inséparable des grottes
    Difficile à trouver – la tête de l’éléphant

    Nous nous sommes ensuite dirigés vers la grotte à l’éléphant, qui porte ce nom car il s’y trouve une concrétion qui fait penser à un éléphant. À vrai dire, autant le site est agréable, autant il est difficile, sans guide, de trouver ledit éléphant. J’avais rejoint un groupe de jeunes Françaises qui le cherchaient en vain. Finalement, c’est mon chauffeur qui me l’a montré ; il faut en effet être très observateur pour le trouver, d’autant qu’il se cache dans un dégagement à droite, derrière le grand bouddha.

    Entrée de la grotte Tham Nang Aen
    Tout en bas, des barques sur la rivière souterraine
    Les barques de plus près
    Paysage en allant à la grotte du Bouddha
    Vue de la rivière
    Aménagements bétonnés et lumières psychédéliques

    Le troisième site est la grotte Tham Nang Aen, d’assez belles dimensions, dont on peut parcourir la rivière souterraine en barque, moyennant 2 millions de kips, sur je ne sais quelle distance ! Comme vous pouvez le voir, les escaliers en béton très apparents et le choix de lumières de couleur violette nuisent au charme certain de cette grotte.

    Le lac Falang et ses petites huttes pour y manger ou boire au bord de l’eau
    Autre vue
    Depuis le bord de l’eau

    Il existe un endroit charmant pour s’arrêter sur cette boucle de Khammouane, le lac Falang, surtout quand on circule en scooter et qu’on a avalé beaucoup de poussière de ces routes dégradées et très sèches en cette saison. Les bords de la rivière sont aménagés de paillotes assez naturelles, chacune dotée de bancs et d’une table, où on peut se rafraîchir et se restaurer. Ce n’était pas encore le moment pour moi, aussi ai-je repris la route. Personnellement, j’y ai plus vu une rivière qu’un lac, mais c’est le Guide du Routard qui le présente ainsi.

    Joli pont en bois et bambous
    Paysage en montant à la grotte
    Une carte postale, n’est-ce pas ?
    La grotte, photo volée et illisible

    La grotte du Bouddha vaut davantage pour les paysages que réserve son ascension, que pour la grotte elle-même. En effet, cette dernière est entièrement vouée au culte du Bouddha, au point que le sol, comme une partie des murs et concrétions, est couvert de tapis et tentures ; sans oublier gong, bouddhas en nombre et offrandes de toutes sortes. Alors que je m’étais agenouillé, non pour prier, je l’avoue, mais pour photographier les bouddhas, on m’a intimé l’ordre de n’en rien faire. C’est donc en me retirant, et d’en haut, qu’en bon Français j’ai pris ce cliché. Je voulais photographier le bouddha principal et les plus petits, qui ressemblent à des bouddhas que nous possédons dans notre famille. En zoomant, on peut distinguer la silhouette du bouddha principal, au milieu et en dessous de la rambarde jaune qui barre ma photo.

    Entrée de la grotte Paseum ou Paseum cave
    Beaux drapés de stalactites
    Vue plus générale
    Stalactites d’une finesse remarquable
    Colonnes multiples
    Une forêt de bambous ?
    Ensemble de belles stalactites
    Que dire de celle-ci qui forme une diagonale
    De celle-ci protégée par une barrière
    De celle-là couchée

    Présenter la grotte Paseum à des habitants du Périgord, le lieu par excellence des grottes de toutes sortes, semble bien téméraire. Même si les photos peinent toujours à restituer la beauté des lieux qu’on visite, et que le choix des éclairages semble desservir certains ensembles, j’avoue que j’ai été subjugué par la beauté et la variété des stalactites et stalagmites qui ornent cette grotte.

    Il y a tant de pièces extraordinaires, une telle densité de grandes stalactites, d’une finesse et d’une délicatesse exquises, un nombre de concrétions dont les formes sont inédites, que l’on reste bouche bée et que l’on pardonne les imperfections de la mise en scène.

    Le cadre de cette grotte, ce lac majestueux
    Une autre carte postale
    À moins que vous préfériez celle-ci ?
    Ou celle-là
    Vue plus étendue du lac

    Le site possède un autre atout, je veux parler de son lac majestueux, que l’on peut admirer du haut d’un point de vue, aménagé dans le rocher qui lui fait face. Je n’ai pas pu choisir parmi mes photos ; aussi les ai-je presque toutes publiées.

    Demain, je pars de Thakhek, pour me diriger vers Vientiane, la capitale du Laos.

  • Savannakhet à Thakhek – 20 novembre 2025

    Le bus se remplit de marchandises
    Nous roulons la porte ouverte
    Le paysage change, il y a plus de forêts
    Mais toujours des travaux

    Mon bus était prévu à 8 heures ce matin ; aussi étais-je arrivé assez tôt pour prendre mon petit déjeuner, plutôt succinct, préparer mes bagages, commander mon tuk-tuk, pour arriver une demi-heure avant à l’arrêt du bus. La nuit a été plutôt fraîche, non pas en raison d’une baisse drastique de la température, mais à cause d’un vent violent qui s’insinuait dans les anfractuosités des constructions faites de briques, de bois et de tôles. Si bien que j’ai enfilé dans la nuit mon coupe-vent et placé mes serviettes de bain sur mon drap-housse, en guise d’édredon ! Inutile de dire que je n’avais pas mis la climatisation.

    Ce matin, le vent s’était calmé et il faisait meilleur ; le coupe-vent restait de circonstance puisque je me trouvais en tuk-tuk, de surcroît en position perpendiculaire au chauffeur, donc en plein vent. Parvenu à destination, je me dirige vers la caisse, à défaut d’une hôtesse à la disposition des voyageurs munis de billets. La caissière ne comprenait pas l’anglais, mais semblait me dire que mon billet numérique ne lui convenait pas. Elle m’a néanmoins indiqué le bus et j’ai montré mon billet au chauffeur, que cela n’avait pas l’air de préoccuper. D’ailleurs, j’ai vite compris qu’il y avait plus de marchandises à charger que de passagers. Sur la photo que j’ai prise, vous pouvez juger du nombre de caisses chargées et de l’absence de voyageurs. Et pour cause, j’étais le seul passager en dehors du conducteur et de son adjoint. Nous sommes enfin partis, porte ouverte, sans doute pour plus de facilité. En effet, l’autobus s’est encore arrêté deux fois pour charger des sacs et des colis, puis une dernière fois pour permettre à mes pilotes de s’acheter à manger dans l’une des nombreuses gargotes qui jalonnent le parcours. Au fil du temps, d’autres passagers sont montés, d’autres descendus, et nous sommes arrivés à Thakhek deux heures avant l’horaire annoncé sur mon billet, comme me l’avaient annoncé les habitués de la ligne, surpris par la durée indiquée sur mon billet. Le conducteur a demandé à chacun de payer ; aussi ai-je ressorti mon billet numérique avec son QR code, bien incongru dans la circonstance. Mon chauffeur était aussi surpris que perplexe devant mon billet, mais, décidé à ne pas payer deux fois, j’ai insisté avec assurance sur le fait que c’était payé.

    Il me restait à négocier, pied à pied, le montant de ma course en tuk-tuk, et me voilà dans mon hôtel de Thakhek où j’attends que ma chambre soit prête. J’en profite donc pour visiter le centre et me restaurer.

    L’hôtel Inthura, mon hôtel
    Groupe de maisons coloniales
    Autre exemple
    Autre exemple
    Ensemble de maisons coloniales
    Bâtiment administratif (panneau en français)
    Stûpa ancien du temple
    Le temple et une petite gargote. En zoomant vous verrez un chapeau pointu traditionnel

    Dernière nouvelle : en rentrant à l’hôtel pour réserver bus et chambres à Vientiane, je viens de me rendre compte que mon fameux billet numérique était pour le 22 novembre ; j’ai oublié de corriger la date que le système propose… Autrement dit, j’ai voyagé gratuitement, et avec aplomb ; je suis curieux de savoir combien j’aurais dû payer ce carrosse ! Certainement moins cher que le billet qui ne me servira jamais, car j’ai renoncé à l’annuler pour économiser les frais d’annulation.

    Thakhek est surtout connue pour sa boucle des karsts de Khammouane, road trip que l’on fait en moto en trois jours au moins. N’ayant toujours pas la vocation de la moto, ni le temps de passer trois jours dans cette région, j’ai négocié de nouveau un van avec chauffeur pour visiter en une journée les sites les plus proches de Thakhek. Je dois faire des choix, car il me reste Luang Prabang, très importante au plan culturel, et le nord, avant de rejoindre le Vietnam. D’ailleurs, je n’aurai pas trop de temps restant pour le Vietnam. Je pense qu’il me faudra trancher et peut-être revenir…

    Aussi, aujourd’hui, j’ai pris en photo quelques demeures coloniales, dont mon hôtel, le temple qui renferme un stûpa ancien, mais pas extraordinaire, le Mékong qui sépare le Laos de la Thaïlande et, pour finir, un coucher de soleil sur le Mékong et une vidéo de la tour du gong, depuis laquelle un jeune bonze, qui m’avait salué auparavant, le frappait en cadence.

    Coucher de soleil sur le Mékong
    Le petit bonze frappe le gong en cadence

    À demain

  • Savannakhet – 2e jour – 19 novembre 2025

    Restaurant dans une maison coloniale typique en briques à l’intérieur
    Installations de pêcheurs sur le lac Bungva
    Fleurs de lotus sur le lac
    Vue du lac

    Après avoir négocié âprement avec mon chauffeur de tuk-tuk du jour et découvert qu’il était moins cher que les autres, me voilà parti visiter les lieux recommandés par mon guide. Notre périple commence par le lac Bungva, qui n’est pas très imposant mais très romantique avec son « parterre » de fleurs de lotus, si je puis dire s’agissant d’un lac. Il est surtout fréquenté par des pêcheurs à pied ou en barque, qui ont aménagé de nombreux abris pour s’adonner confortablement à leur passion. De mon côté, je me suis abandonné à la mienne, la marche ; mais avec modération, car mon chauffeur n’avait pas la journée à me consacrer…

    De retour au tuk-tuk, nous sommes partis en direction de That Ing Hang, qui renferme en son centre un stûpa du XVIe siècle de toute beauté. Il se trouve aujourd’hui au milieu d’un temple, en forme de quadrilatère, doté de quatre portes, suivant le modèle architectural classique. De même, tout son pourtour est constitué de galeries où sont alignés des centaines de bouddhas. Le stûpa est orné sur ses quatre faces de bas-reliefs représentant des divinités, des guerriers ou des devatas. Remarquez l’échafaudage en bambous, lesquels ne sont pas forcément d’équerre ; mais dont la construction semble suffisamment solide pour accueillir tous ces ouvriers ! En Chine, j’ai eu l’occasion de voir des échafaudages en bambous autour de buildings immenses ; la formule a fait ses preuves !

    Stûpa du XVIe siècle
    Bas-relief avec bouddha
    Autre bas-relief
    Statue de seuil
    Autre statue de seuil
    Galerie de bouddhas
    Échafaudage en bambous

    Il a été beaucoup plus difficile de me rendre, comme je le souhaitais, dans la forêt protégée de Dong Natad. Il y a d’abord le problème de la prononciation ; ensuite, et en dépit de Google Traduction, mon chauffeur, qui pourtant avait demandé son chemin à plusieurs personnes, m’a conduit, à tout hasard, au bord d’un autre lac, qui ne portait pas tout à fait le même nom ! Je me suis donc « fendu » d’une explication plus détaillée sur Google Traduction ; ce que j’aurais dû faire depuis le début !

    Cette forêt de Dong Natad renferme 8 500 ha dominés par de majestueux diptérocarpes, qui sont des arbres géants dont on extrait la résine nyang, qui sert à confectionner des torches. J’ai pu marcher tout seul, tranquillement, dans cette forêt qui offre des vues magnifiques sous les frondaisons de ces géants. Une amie m’a fait remarquer qu’il aurait pu tomber des branches… ce qui était d’autant plus vrai qu’il y avait beaucoup de vent aujourd’hui. Vous pourrez en juger par la vidéo que je joins à mon petit reportage photos.

    Quelques diptérocarpes de la forêt protégée de Dong Natad près de Savannakhet
    Une belle voûte formée par ces géants
    Un seul beau sujet
    L’allée aménagée dans la forêt
    Les arbres se balancent littéralement au gré du vent

    Demain, départ pour Thakhek, première ville importante du centre du Laos et surtout point de départ de beaux panoramas.

  • Paksé à Savannakhet – 18 novembre 2025

    Église Sainte-Thérèse de Savannakhet
    Intérieur de l’église
    Vase chinois ? dans l’église
    Maisons coloniales
    Maison coloniale
    Autre exemple
    Belle bâtisse bien restaurée
    Autre exemple
    Très bel hôtel particulier en restauration
    Sous un autre angle

    Quand on ne voyage pas en permanence avec un chauffeur particulier – c’est mon cas, l’épisode d’hier restant une exception –, on se heurte à une difficulté : trouver l’arrêt de bus. Bien sûr, l’application sur laquelle vous prenez votre billet vous indique un lieu de départ, et vous vous imaginez qu’en mettant cette adresse sur Google Maps, vous allez arriver à bon port. J’en ai fait l’expérience ce matin et suis parvenu en face de la « Folie Second Empire », dont je vous ai parlé hier. J’y avais bien vu des bus stationnés hier, mais le bâtiment devant lequel je me trouvais ne semblait pas avoir de rapport avec le transport de voyageurs. J’ai posé la question à droite et à gauche, et on m’a rassuré : c’était bien là. À 35 min du départ, je suis pris d’un doute et reviens vers les vendeuses de ce magasin. Comme j’insiste un peu, elles appellent un jeune homme qui parle anglais. Après avoir examiné mon billet, il me marque sur le plan l’adresse qu’il croit la bonne. Je m’y précipite dare-dare, car elle est à plus d’un kilomètre, et après quelques tâtonnements, je trouve une petite devanture qui me confirme que je suis bien au bon endroit. Ouf ! D’ailleurs, il y a d’autres voyageurs, soit qu’ils soient plus perspicaces, soit qu’ils aient « galéré » comme moi.

    Comme vous le voyez, le voyage en solo, non organisé, offre des émotions multiples. En outre, j’ai pris l’habitude, dès mon arrivée sur place, de me passer de tuk-tuk et de circuler dans les rues et chemins, traînant derrière moi ma fidèle valise, ce qui ne manque pas d’attiser la convoitise des chauffeurs de tuk-tuk, qui me hèlent sans arrêt.

    Toujours est-il que je suis bien arrivé à Savannakhet après quatre heures et demie de route. Quand je dis route, il faut s’entendre sur le terme ; certaines ont plus d’ornières que de goudron, quand parfois il n’y en a plus trace pendant un certain temps. C’est pourquoi le bus zigzague entre les trous, allant tantôt à gauche, tantôt à droite, tout en évitant d’entrer en collision avec les véhicules qui circulent en sens inverse, lesquels dansent de la même façon. En outre, pour respecter ses horaires, le chauffeur ne cesse de ralentir puis d’accélérer rapidement, ce qui nous vaut des freinages massifs, des accélérations foudroyantes et des soubresauts incessants. Or, ce matin, je m’étais mis à relire les lettres de mon grand-père sur son passage à Savannakhet, cramponné à mon téléphone, et surtout à la ligne en cours, qui zigzaguait ou sautillait au rythme du véhicule.

    Arrivé au marché, où se trouve l’arrêt de bus de Savannakhet, un tuk-tuk m’a conduit à ma guesthouse, assez éloignée du centre de la ville. J’y suis pourtant aussitôt retourné, après m’être présenté et avoir pris possession de ma chambre. Je voulais visiter le centre, voir les maisons coloniales, le temple, le musée des dinosaures et enfin le Mékong.

    Il y a en effet de nombreuses maisons coloniales, souvent défraîchies, mais parfois très bien restaurées. C’est, au dire du Routard, l’objectif des autorités de cette ville, et vous verrez quelques beaux exemples de restaurations réussies ou en cours. La ville possède une église catholique, ce qui n’est pas si fréquent, et un temple qui serait de la fin du XIXe siècle, ce qui me surprend, si c’est celui que j’ai vu ; en revanche, le musée des dinosaures ne semble plus exister !

    Je vais me renseigner à ce sujet auprès de celle de mes hôtesses qui parle anglais. De même, je vais me faire confirmer les centres d’intérêt dans les environs de Savannakhet proposés par mon guide du Routard. J’oubliais de vous dire que je n’ai pas trouvé de bâtiment susceptible d’avoir servi d’agence fluviale, à l’époque de mon grand-père.

    Vous en saurez plus demain sur mon programme d’excursions.

    Le temple
    Idem
    Une maison ancienne qui pourrait peut-être avoir abrité mon musée fantôme
  • Paksé – 2e jour – 17 novembre 2025

    Un camion bâché avec de la marchandise et des personnes à bord
    Arrivée sur le site des chutes de Tad Fan
    Les chutes de Tad Fan
    De plus près

    Ce matin, j’avais rendez-vous avec mon chauffeur (de maître) à 8 heures ; aussi m’étais-je mis en quête d’un endroit pour prendre mon petit déjeuner auprès de la réception de l’hôtel. La jeune femme m’a répondu qu’il devait bien y avoir une échoppe ou autre chose dans les 500 m. Hier soir déjà, après avoir fait 15 km dans la journée, je ne me voyais pas courir la nuit après un pseudo-restaurant ; je m’étais donc rabattu sur celui qui jouxte l’hôtel et appartient à un hôtel plus « relevé ». J’y avais mangé un assez médiocre porc grillé (il l’était vraiment) et surtout sans accompagnement, le tout à un prix élevé.

    Je pars donc à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent et avise une échoppe ambulante avec du pain. En m’approchant de plus près, je constate que le pain sert de base à un sandwich au pâté, agrémenté d’une sauce, de pousses de soja et de carottes râpées. Après avoir balancé entre le pain sec et le sandwich, j’opte pour ce dernier, en me disant que, contrairement à mes habitudes de Français, je ne le tremperai pas dans le café au lait, voilà tout. Reste à trouver le café au lait, qui, généralement, au Laos, est du lait concentré dans le café ; ce qui n’arrange pas ceux qui ne sucrent pas, comme moi. Je reviens donc à mon restaurant d’hier et commande un cappuccino à 75 000 kips, soit plus de 3 $ et environ 3 €. Sachant que j’avais payé mon sandwich 20 000 kips, soit 0,95 $, cela vous donne une idée de la différence de niveau de vie, telle qu’elle se traduit dans le prix des produits de base. Ainsi, en France, un sandwich coûte généralement 3 fois plus qu’un café ; ici, le sandwich coûte plus de trois fois moins. Pour se faire une idée, rapportée à nos références françaises : pour un sandwich à 6,50 €, il faudrait qu’il vous en coûte 20 € pour votre café. Or, même au café Florian, place Saint-Marc, à Venise, il ne vous coûte pas ce prix-là. Voilà quelles étaient mes réflexions, en alternant la dégustation de mon sandwich au pâté et celle de mon cappuccino.

    Revenu à mon hôtel où mon chauffeur m’attendait, je boucle ma valise et redescends bien vite pour respecter l’horaire convenu. J’ai donc un van Hyundai de six places pour moi tout seul, et je me félicite de ce choix, car il commence à pleuvoir. Je m’imagine alors sur la moto, avec mon coupe-vent léger, me faisant arroser copieusement. En outre, plutôt que la petite route bucolique que j’imaginais en lisant le guide, il s’agit en fait d’une autoroute avec péage qu’il faut rejoindre après quelques embouteillages. Alors que là, je suis comme un pacha, installé derrière le chauffeur, dans la partie centrale du véhicule, avec au milieu un vaste vide-poche qui pourrait recevoir un verre quelconque, qui en l’occurrence est une bouteille d’eau.

    C’est peu de temps après que nous dépassons un véhicule bâché à l’arrière, destiné à transporter des matériaux ; or je distingue à l’intérieur plusieurs personnes. C’est cette photo, prise à la volée, qui ouvre cet article, en référence à l’anecdote racontée dans celui d’hier. Nous avons croisé bien d’autres situations comme celles-ci, et notamment un pick-up dont l’arrière, habituellement ouvert, était occupé par une famille avec enfants, qui s’abritait de la pluie grâce à une bâche que chacun retenait. Cela se passe de commentaires, tant ces cas sont fréquents.

    Notre première visite est pour les chutes de Tad Fan, les plus hautes du Laos. Ce sont deux chutes parallèles, celle de droite, par endroits légèrement plus étoffée que celle de gauche, qui dégringolent un à-pic de 120 mètres. L’aménagement du site permet de les contempler sous différents angles, mais respecte le caractère sauvage du lieu, ce qui, avec le grondement de l’eau, suscite l’émotion.

    Un expresso nommé Catimor arabica d’origine Paksong Bolaven au Laos
    Arabica
    Processus d’élaboration du thé
    Feuilles d’arabica (la petite) et de robusta
    Différents stades d’élaboration du café
    Grains mûrs
    Sorte de centrifugation après trempage
    Séchage au four
    Grain de café avant torréfaction
    Belle maison en bois
    Aréquiers
    Cabosse de cacaotier
    Notre petit groupe autour de notre hôtesse

    Notre deuxième rendez-vous est dans une petite plantation de café et de thé, tenue par une famille, qui a vécu en France un certain nombre d’années et travaille d’ailleurs avec un organisme français, pour son cahier des charges bio. La plantation compte quatre hectares, principalement plantés en caféiers, un peu en théiers, auxquels ils ont ajouté quelques plants de cacaotiers et de nombreux fruitiers ; sans oublier des poivriers. Je suis un peu embarrassé pour vous expliquer le processus d’élaboration du café, n’ayant pas tout retenu. Je sais que, comme le poivrier, le caféier ne produit qu’au bout de trois ans, mais qu’il peut vivre 100 ans, ce qui n’est pas sans effet, comme le sol, sur ses qualités gustatives futures. Comme le poivre, il se cueille, grain à grain, quand il est rouge. On le trempe pour en extraire le grain qui doit sécher naturellement pour passer d’un degré d’humidité de 85 à 15 %. Ensuite, il y a aussi des crus comme le Java, dont j’ai rapporté un sachet, ou comme le Catimor. Le Catimor pousse à une altitude de 1 000 à 1 300 mètres et le Java à 1 300 mètres. Au-delà, et même à cette altitude, le risque de gel est réel ! Le café est toujours envoyé et exporté non torréfié ; celui que vous boirez peut-être chez moi, lui, l’est. Le café a été introduit au Laos par des Français ; il est aujourd’hui mondialement connu pour ses « robusta », comme ses « arabica ». Le plus curieux, c’est que les Laotiens boivent le café allongé, comme le thé ; j’avoue que, même si cela développe, paraît-il, ses qualités gustatives, je suis totalement rétif à cette pratique.

    L’entrée du site
    Le site
    Cascade de Tad Yuang

    Il nous reste encore à voir, sur ce petit circuit du plateau des Bolavens, si réputé, deux chutes, très proches l’une de l’autre. La première est Tad Yuang, dite cascade des chamois, qui est composée de deux chutes de 65 mètres. Elle est vraiment majestueuse, car, si elle est moins haute que la précédente, elle est plus large et couvre, ainsi qu’un voile de mariée, le rocher. Le belvédère d’où on la contemple se mérite, moins à la descente qu’à la remontée. On peut ensuite apercevoir du haut le belvédère qu’on a laissé, puis éventuellement se baigner.

    Arrivée à la cascade de Tad Champi
    La cascade et la piscine
    De plus près

    La deuxième s’aperçoit dès la descente, puis se découvre au détour d’un dernier virage, une fois franchi un petit pont naturel de rochers. Elle se compose de trois chutes, moins hautes que les deux premières, mais formant un rideau d’eau plus large. À ses pieds se trouve un bassin dans lequel il est possible de se baigner. C’est d’ailleurs ce qu’a fait un touriste devant nous.

    Votre serviteur

    Après avoir remercié mon chauffeur, je lui fais remarquer qu’en dehors des sites que nous avons visités, nous n’avons pas eu vraiment sous les yeux de jolis points de vue. Il comprend ma demande et me conduit dans ce que je suppose être un hôtel, à l’extérieur duquel se trouve un extraordinaire belvédère qui surplombe, à 360 degrés, un panorama naturel à couper le souffle. Je vous laisse admirer ces photos, qui, comme toujours, sont un faible reflet de la réalité.

    Panorama
    Bis repetita
    Ter repetita

    Demain, je remonte le Mékong pour aller à Savannakhet, où mon grand-père a tenu l’agence des Messageries fluviales de cette ville, après celle de Kratie.

  • Champassak à Paksé – 16 novembre 2025

    Lever de soleil sur le Mékong à Champassak
    Les plastiques partout à Paksé, comme ailleurs
    Visite du marché de Paksé
    Vue de l’extérieur du marché
    Profusion de marchandises : tout doit disparaître
    La villa gigantesque Second Empire d’une planteuse
    Vue de l’autre côté
    Balade au bord du Mékong
    Autre vue du Mékong
    Une rue de Paksé
    Vue de 8 km du Golden Bouddha

    Réveillé tôt ce matin, comme le soleil, je suis sorti de ma chambre pour le saluer et l’honorer d’une photo. Malheureusement, des nuages étaient de la partie, mais c’est ainsi. Il était convenu avec mon hôte, qui s’était empressé la veille de me délivrer un billet de van pour Paksé, à des conditions de prime abord convenables, que celui-ci passerait à 7 h 30.

    Aussi, à l’heure dite, étais-je prêt, ledit van devant passer me prendre à la maison, sauf qu’au dire de mon hôte, il « serait » déjà passé deux fois, dont une pendant que je prenais mon petit déjeuner ! Bref, à 7 h 30, alors que je m’apprêtais à attendre tranquillement mon van, mon hôte, qui avait sorti son scooter, me demande ma valise, qu’il cale à l’avant du scooter, entre ses genoux, et m’invite à monter derrière lui. Nous prenons un chemin de traverse, rempli d’ornières, et nous arrêtons sur une grande route, qui est celle menant à Paksé. Là, on attend un certain temps… puis, après avoir téléphoné à son contact, mon hôte m’invite à refaire la même opération et nous circulons encore un kilomètre dans cet équipage. Cette fois-ci, c’est la bonne, et je vois arriver une fourgonnette, surmontée d’une pile impressionnante de bagages, à la manière des omnibus africains ou des « tap-taps » d’Haïti. Quand le véhicule s’arrête, je me rends compte qu’il est bondé à l’intérieur, sans compter les personnes grimpées debout à l’arrière du véhicule. Je me dis que je vais devoir attendre un prochain van, mais un jeune se lève pour me laisser sa place et rejoint ceux qui sont déjà debout. Je le remercie chaudement et m’installe, ou plutôt je me cale dans un coin. C’est un véhicule doté de deux banquettes étroites qui se font face, prévu pour douze personnes, dans des conditions de confort précaires et incompatibles avec nos normes de sécurité européennes. En réalité, nous sommes vingt-sept, dont vingt-trois sont assis, sur les banquettes dont je vous ai parlé, mais aussi au milieu sur des bagages ou des sacs de riz. Parmi eux, il y a trois « femmes-enfants » qui tiennent des bébés contre elles. Je n’ai pas osé faire une photo, ce qui aurait été déplacé, mais cette image me restera, car elle dit toute la misère d’une grande partie de ce peuple. Quand nous sommes arrivés en vue du marché de Paksé, alors que notre van ralentissait pour se frayer un passage dans la foule, des jeunes ont sauté de tous côtés pour s’agripper au van et faire ainsi une partie du voyage vers le marché.

    Inutile de dire que je n’ai pas eu de difficultés pour trouver un tuk-tuk ; davantage, en revanche, pour que son chauffeur comprenne l’adresse de mon hôtel, bien qu’il s’agît d’un numéro de rue. Dans beaucoup de villes du Laos, comme du Cambodge, les rues sont numérotées : street 1, 2, 3, etc. ; en revanche, pour les numéros, c’est moins évident. Le GPS pallie cette difficulté, car il suffit de mettre le nom de l’hôtel et celui de la rue et il nous conduit à bon port. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis acheté une nouvelle carte SIM, du Laos cette fois, pour pouvoir me diriger tout seul dans la ville, sans avoir à faire appel à un tuk-tuk et à négocier le prix de la course à longueur de journée. Mais, avec ma valise, j’ai pris un tuk-tuk, qui m’a coûté trop cher, je m’en rends compte après coup.

    Une fois ma valise à l’hôtel et en attendant l’heure du « check-in » à 13 heures, j’ai entrepris de visiter le marché, qui est, d’après le guide du Routard, le plus grand du Laos. Ayant vu ceux de Phnom Penh, j’ai été moins impressionné, mais, effectivement, il y a de la variété que mes photos, trop peu nombreuses, ne reflètent pas. Je me suis acheté des mandarines jaunes et vertes, que je n’ai pas trouvées extraordinaires. Pour les amateurs de fruits, j’ai déjà goûté des fruits du dragon, des ananas, des petites bananes, des mangues et du jus de noix de coco et de fruit de la passion.

    En arrivant, mon regard avait été attiré par un bâtiment gigantesque, placé au bord du Mékong, à l’allure française, plus précisément du Second Empire. En face du Central Market, sans le chercher, je retrouve cet édifice, dont la taille ne peut pas passer inaperçue. J’en fais difficilement le tour, car d’un côté il est impossible de le contourner, et de l’autre des fils de fer sont là pour repousser l’assaillant, sans compter qu’on ne peut non plus longer la façade côté Mékong. Ce bâtiment a été construit par une planteuse de café fortunée, passionnée par Paris. J’oubliais de dire que des dorures très nombreuses viennent rehausser la couleur bleue des toitures.

    Paksé a été en grande partie détruite par les bombardements de la deuxième guerre d’Indochine, de 1955 à 1975 ; aussi ne subsiste-t-il rien de la présence française, ni d’autres bâtiments plus anciens. Ne disposant pas de suffisamment de temps et ne voulant pas prendre un tuk-tuk pour cela, je vous ai pris, au zoom, de 8 km de distance, le Golden Bouddha, qui, comme son nom l’indique, est un bouddha doré de 25 mètres de haut. C’est d’ailleurs grâce à sa taille gigantesque que j’ai pu le repérer de loin ; en revanche, ma photo n’est pas assez nette pour permettre de l’admirer.

    Demain, préférant ne pas tester mes talents de motocycliste, en pays étranger, connaissant de surcroît mon sens de l’orientation inné, j’ai décidé de prendre un véhicule avec chauffeur. Je ne ferai donc que la petite boucle du célèbre plateau des Bolavens.