Catégorie : 2025

  • Champassak – 2e jour – 15 novembre 2025

    Il est 6 heures et quart
    Naga de Vat Phu – Musée
    Colonne préangkorienne – Musée
    Linga – Musée
    Tête de divinité masculine XIIe siècle
    Festivités à Bassac – illuminations sur la rivière et votre serviteur en ombre portée
    Une introduction à la visite du temple

    Levé tôt ce matin, bien qu’après le soleil, toujours très matinal dans ces contrées, j’ai enfourché mon vélo à 8 h 15, après avoir pris un petit déjeuner continental. Entendez par là un compromis entre le petit déjeuner anglais et français : du pain, des œufs au plat, du beurre et de la confiture. Il m’est arrivé de manger du riz et du porc, mais le matin, je préfère rester un peu conservateur, d’autant qu’à midi comme le soir je compose mon menu de riz, de nouilles et de soupe, laquelle se prend plutôt avec des nouilles.

    Bref, me voilà parti pour un périple d’environ 8 km de faux plat, mais dont le tracé ne devrait pas me mettre en danger, moi, qui n’ai aucun sens de l’orientation, car c’est tout droit jusqu’au bout !

    Arrivé au site, on traverse un ensemble de bâtiments qui abritent des boutiques d’artisanat pour touristes et des « coffee shops » pour aboutir au portique d’entrée, où l’on prend son billet. La visite commence par le musée et l’on est invité à se déchausser, comme dans les temples et souvent dans les maisons d’hôtes. Une salle est consacrée aux statues qui font partie du Vat Phu, mais qu’on a jugé nécessaire de préserver, sinon, il peut aussi s’agir de pièces préangkoriennes ou angkoriennes destinées à nous faire réviser la trinité hindoue : Shiva, Brahma, Vishnou ou les personnages secondaires : Indra, Naga, Nandin, Garuda, Airavata, Ganesha, etc., que l’on va retrouver tout au long de la visite du temple, sur les linteaux ou au-devant des principales parties du temple. Une grande place est faite aussi aux découvreurs de ce site, qui sont français, puisque notre présence remonte au Second Empire. Ce qui nous vaut quelques dessins, gravures ou relevés, annotés en français ; ce qui n’est pas le cas de tous les panneaux didactiques, qui sont traduits du lao en anglais.

    Entrée du site avec des sortes de linga
    Le temple dans son ensemble – il faut zoomer pour tout voir
    Pavillon de droite
    Linteau du pavillon de droite
    Colonnes prises de l’intérieur d’une galerie
    Autre linteau ouvragé
    Pavillon de gauche
    Linteau du pavillon de gauche
    Montée vers le sanctuaire
    Le sanctuaire
    Magnifique linteau au sanctuaire
    Devata
    Autre Devata
    Gardien de seuil ou Dvarapala
    Shiva sur le démon
    Linteau : Indra monté sur l’éléphant tricéphale Airavata
    Éléphant gravé sur un rocher en surplomb du sanctuaire
    Vue du haut du sanctuaire – l’étang au fond à gauche

    L’ensemble de Vat Phu est assez éloigné du musée, et il est proposé une navette pour s’y rendre. Une allée rectiligne, perpendiculaire au temple, nous y conduit ; elle est bordée de part et d’autre par une balustrade, faite de tronçons de pierre et entrecoupée de linga, symbole phallique, autre image universelle de Shiva, celle de la création.

    Le temple se trouve à l’ouest, du côté de la montagne – symboliquement, car c’est ici une colline –, et fait face à l’est, au Mékong. Cette allée se trouverait dans l’axe d’Angkor ; ce qui est le cas d’autres temples. Tout est fait de symboles et de références au culte hindou, accommodé à la façon khmère.

    Cette allée nous conduit à deux pavillons, sortes de quadrilatères avec des galeries comme à Angkor Vat, des linteaux ouvragés, des colonnes par cinq et des fausses portes. On retrouve toujours Shiva, Vishnou, des devatas ou divinités féminines, des gardiens de seuil et même le barattage de la mer de lait, thème que nous avons rencontré à Angkor Vat.

    En laissant les deux pavillons, on grimpe de nouveau un escalier bordé de nagas « balustrade » et de lingas, comme au niveau précédent, pour parvenir au sanctuaire, sur lequel se trouvent, de part et d’autre, des entrées, des gardiens de seuil, des devatas et des linteaux ouvragés de grande beauté.

    La vue de là-haut est superbe ; seuls les arbres qui bordent les allées nous empêchent de photographier la perspective et l’ordonnancement des bâtiments depuis le point dominant. Certes, on peut le regretter, ou penser que cette végétation fait partie aujourd’hui de l’image et de la vie de ce site magnifique.

    Demain, je me rends à Paksé, la ville principale de cette région du sud du Laos.

  • Don Khon à Champassak – 14 novembre 2025

    Coucher de soleil à l’embarcadère sud de Khone
    La plage
    Autre vue de la plage
    Dernier coup d’œil à la locomotive
    Départ de Khone

    Avant de partir de l’île de Khone ce matin à 11 heures, j’ai pris le temps d’aller à vélo voir la plage de Khone, que je n’avais pas encore visitée. Je n’y ai trouvé qu’un couple de Laotiens qui gère un petit débit de boisson et fait peut-être restaurant. Il semble plutôt fréquenté par les pêcheurs et tous ceux qui possèdent une pirogue, puisqu’ils peuvent facilement accoster sur cette plage. J’y ai compté vingt et une pirogues, entre les neuves, très colorées et les autres, dont on ne sait si elles sont toutes opérationnelles !

    Revenu de ce périple en vélo, je suis allé saluer la locomotive et photographier tous les panneaux ; sur l’un d’eux, j’ai constaté qu’un bateau se trouvait bien sur les rails. Cela prouve que, contrairement à ce que j’ai écrit, pour l’avoir lu, les bateaux n’étaient pas déchargés, puis rechargés sur un autre de l’autre côté ; cette rupture de charge aurait été d’ailleurs très coûteuse.

    À ce sujet, mon grand-père, dont je continue à lire les lettres pendant mon voyage, confirme, dans une lettre du 9 juillet 1909, qu’un directeur de la compagnie vient assister au transbordement d’un bateau sur une voie ferrée à Khone et sur une distance de 5 km ; c’est bien le bateau qui voyage sur les rails et est ensuite remis à l’eau.

    De retour à mon hôtel, j’ai rendu les clés, transporté ma valise à l’embarcadère et ai embarqué, le cœur un peu serré, pour Nakassang, où se trouvent tous les départs vers le Cambodge ou le Haut-Laos.

    L’embarcadère pour les îles se trouve très proche de la compagnie Nakassang Paradise, qui doit m’acheminer en minivan de treize places vers Champassak, les autres passagers allant à Paksé. J’ai encore une fois été obligé de parlementer pour ne pas repayer le passage du Mékong pour aller de la route à Champassak. Moyennant quoi, le passeur, se trouvant mal payé, entendait me demander 50 000 kips pour me conduire directement par la jonque. Comme je ne savais pas ce que me demanderait le tuk-tuk et ne pouvant comparer, je m’en suis remis à la providence. Celle-ci s’est présentée d’abord sous de mauvais augures, car j’ai erré sur un chemin où ma valise ne pouvait pas rouler. Ensuite, on m’a indiqué la mauvaise direction. J’ai finalement trouvé un chauffeur de tuk-tuk qui m’a pris 30 000 kips ! Les montants sont tellement élevés qu’on en oublie que la différence, soit 20 000 kips, fait 1 $, soit 0,85 € !!!

    En vue de Champassak
    Une des demeures princières au temps du protectorat français
    Vue de côté
    L’autre demeure plus récente
    Autres maisons coloniales
    Autre exemple
    Groupe de maisons coloniales plus récentes

    Une fois parvenu à bon port, après avoir pris possession de ma chambre et mangé, il m’a fallu négocier la location d’un vélo pour deux jours, que mon hôte voulait me faire payer plus cher que les tarifs de Khone. J’ai fait ensuite un tour en direction des villas princières. Il s’agit de deux villas, d’époque coloniale, qui appartenaient au prince de Champassak et à son frère et qui sont toujours habitées par la famille. Soit dit en passant, elles ne sont pas très bien entretenues et si l’une avait attiré mon attention avant que je me renseigne sur leur localisation, je pensais que cette demeure était à l’abandon. Je vous ai, comme à mon habitude, pris quelques photos d’autres demeures coloniales, plus ou moins récentes.

    Demain, je visite la principale attraction, le Vat Phou, temple des Xe-XIIe siècles.

  • Île de Khone – 3e jour – 13 novembre 2025

    Hier soir vue de la guesthouse
    Départ ce matin pour Nakassang
    Arrivée au site de Khone Phapheng : son temple
    La passerelle qui conduit aux chutes
    Vue des chutes de Khone Phapheng
    Vidéo des chutes de Khone Phapheng
    L’arbre sacré dans le temple
    Vu de face avec les offrandes
    L’explication en anglais
    Retour avec l’eau et le Pepsi pour la guesthouse
    Chèvres en semi-liberté
    Résidence luxueuse sur Don Det
    Maison en bois sur pilotis
    Le pont à l’horizon
    La chambre d’invités de la Compagnie fluviale et ma chambre pour cette nuit
    Sous un autre angle
    Celle qui est dans l’axe de la maison, qui est plutôt moins bien
    La piscine, qui n’existait pas bien sûr
    Les plates-bandes

    Comme convenu avec mon hôte, également organisateur de voyages, comme beaucoup d’entre eux ici, j’étais fin prêt bien avant 8 h pour visiter les fameuses chutes de Khone Phapheng, qui se trouvent à 30 km de Nakassang. Ce village est le point d’embarquement pour les îles et aussi, sur terre, le lieu de départ pour le Cambodge ou pour se diriger plus au nord du Laos. Ma guesthouse étant au pied de l’embarcadère et puisque nous n’étions que deux à prendre le bateau, le départ fut donné à 8 h 30. Mon compagnon de route était un Belge, d’origine indienne, qui voyageait avec un gros sac à dos à roulettes et un petit sac à dos pour tout son matériel photo dont un appareil, équipé d’un zoom, et un pied étonnamment lourd. Ce garçon était jeune et costaud, mais tout de même…

    Arrivé à Nakassang, je ne vois pas de tuk-tuk pour moi et ne suis pas mon compagnon de route, qui, certes, se rend aussi aux chutes, mais va ensuite au Cambodge. Je suis un peu inquiet, car je n’arrive pas à mettre la main sur mon ticket, sans lequel je me vois obligé de payer de nouveau tuk-tuk et bateau de retour. Je suis assailli de propositions de tuk-tuk et, surtout, je ne parviens pas à joindre mon hôte au téléphone.

    À l’un des chauffeurs de tuk-tuk qui parle anglais, j’évoque le nom de mon hôte, Bontai. Aussitôt, il l’appelle sur WhatsApp, et Bontai me fait comprendre que tout est sous contrôle. Je me rends compte qu’ici, c’est quelqu’un !

    Nous faisons une demi-heure de tuk-tuk, toujours lancés à vive allure, sans oublier le klaxon, précieux pour prévenir les traînards et faire s’écarter chèvres et chiens.

    Arrivé aux chutes, je passe devant un temple, dont je m’écarte pour prendre du champ sur un groupe qui me précède. À chaque fois que j’en croise un, je me félicite de ma décision de voyager seul. Comme hier, nous empruntons de petites passerelles, mais cette fois toutes en bois ; certaines sont assorties de petits points de vue, dès que des chutes apparaissent. Comme je vous le disais hier, ces chutes s’étendent sur une très grande largeur, ici 10 km ; il y a donc une succession de tableaux, si je puis m’exprimer ainsi. Le clou du spectacle est un ensemble de chutes formant comme un cirque montagnard, tel celui de Gavarnie, où la montagne serait de l’eau bouillonnante. Un kiosque, où se trouvent aussi quelques marchands de souvenirs et de rafraîchissements, sert de point d’observation. Il est aussi possible de s’asseoir pour prendre le temps de contempler cette merveille de la nature.

    Cela dit, j’ai encore le sentiment que ce que je cherche à partager avec vous peine à être rendu par la photo, voire la vidéo ; cette émotion est sans doute le privilège du voyageur, et la photo qu’il prend, si elle ne suscite pas chez les autres l’émotion qu’il a ressentie, est plus là pour raviver la sienne.

    De retour à Khone, je récupère ma valise, règle mon hôte et me dirige 200 mètres plus loin pour prendre possession de ma chambre « coloniale ». J’essaie de négocier le prix, refuse de payer 3 % de plus pour frais de carte bancaire et achète mon billet pour Champassak, où je veux me rendre demain.

    Je retourne manger et annonce à mon hôte que j’ai trouvé un transport à moitié prix de celui qu’il m’avait proposé. Il me dit que je l’ai mal compris et que le prix du voyage (bateau-minivan-bateau) n’est pas de 550 000 kips mais 150 000 kips. Moi qui croyais faire une bonne affaire à 250 000 kips, je me suis fait … de 100 000 kips !

    Me voilà de retour chez mon nouvel hôte, qui m’a pris, à bon droit, pour un pigeon ; je lui explique que Bontai me fait le même voyage pour 100 000 kips de moins. Il me fournit une explication pour le moins oiseuse, mais, « bon prince », propose de me rembourser. J’ai donc économisé 100 000 kips, soit un repas. L’expérience rentre tout doucement, comme vous pouvez le constater.

    Demain, départ pour Champassak à 11 heures.

  • Île de Khone – 2e jour – 12 novembre 2025

    La locomotive du train de Khone
    Vestiges probablement des wagons
    Un des nombreux ponts suspendus au-dessus des chutes
    Chutes de Li Phi à Khone
    Un arbre environné par les chutes
    Des Laotiens m’ont proposé de me joindre à eux sur la photo
    Un stupa : monument funéraire au Laos
    Le dispensaire – époque coloniale
    Maison coloniale « à rénover »
    Maison en bois typique
    Des nems absolument délicieux

    Au programme de ce deuxième jour : la visite des chutes de Li Phi, dont l’entrée est payante, avec un supplément substantiel pour le clou du spectacle ! Les chutes de Khone sont très spectaculaires par leur débit et leur emprise, qui est considérable. Mais, comme elles n’ont pas la hauteur de celles du Niagara, on peine à rendre l’impression que l’on ressent. Il faudrait les survoler en hélicoptère ou en ballon, autrement dit à basse altitude.

    C’est pourquoi les infrastructures réalisées par les Laotiens pour les mettre en valeur sont spectaculaires, avec une succession de quatre ponts suspendus et tout un ensemble de passerelles métalliques qui aboutissent à une très grande plate-forme en caillebotis, à l’endroit le plus dégagé des chutes et où celles-ci sont les plus grandioses.

    Il n’en reste pas moins que les photos et vidéos ne rendent pas justice, à mes yeux, à l’immensité de ces chutes et au caractère hors norme du spectacle.

    En revenant de ce site majeur, je me suis arrêté au temple, dans l’emprise duquel se trouve un bel ensemble de stupas. Ce sont des monuments funéraires, très gracieux, et dont je vous ai montré les plus beaux au Palais royal de Phnom Penh, au Cambodge. Les membres de la famille Liénart reconnaîtront les objets en ivoire, de cette forme que nous avons en plusieurs exemplaires et dont la base est un cachet. Les nôtres datent du Protectorat français, comme en atteste le texte en français au pourtour du cachet.

    Puis je me suis rendu près du pont qui relie les deux îles et dont je reparlerai, pour voir la locomotive du train de Khone, retrouvée fortuitement dans la jungle par un Français en 1989. C’est sans doute le plus grand moment d’émotion de la journée, car j’étais devant le train par lequel ma grand-mère est arrivée à Khone, accueillie par mon grand-père. J’ai demandé à Isabelle si elle pouvait m’envoyer la photo du train, d’une part pour le mettre en regard de la photo où je suis devant la locomotive, et, d’autre part, pour la transmettre au guide francophone, en lui demandant de l’ajouter aux panneaux et, si possible, d’en faire traduire le texte en français. En effet, tous les panneaux sont en laotien et en anglais.

    De retour à ma chambre d’hôte, j’ai préparé ma valise que j’ai tirée jusqu’à la nouvelle « guesthouse » distante d’environ un kilomètre ; puis je suis allé manger au restaurant de celle-ci, où j’ai dégusté d’excellents nems, qui m’ont fait penser à ceux que nous faisait ma tante et marraine.

    Je suis arrivé en bateau directement à l’île de Khone, mais on peut aussi gagner l’autre île par un pont construit par les Français, ou du moins de conception française. En effet, cette construction, menée à bien par une équipe de 500 ouvriers laotiens, leur a coûté beaucoup de peine et quelques-uns, d’après certaines sources, y ont laissé la vie. Ce train est la concrétisation d’une idée folle, celle de faire transiter toutes les marchandises des bateaux, halés depuis l’embarcadère, comme expliqué hier, dans des wagons, afin d’éviter les rapides, obstacles infranchissables, comme avaient pu le constater les géographes français qui se sont penchés sur cette question. Le train parcourait ainsi 6 km sur l’île de Khone et par la suite deux sur l’île de Don Det. Ainsi, les bateaux qui attendaient de l’autre côté pouvaient continuer leur chemin dans les eaux plus calmes de l’aval.

    Sur le pont qui relie toujours les deux îles, le train a laissé la place aux scooters, tuk-tuk et vélos des touristes, qui peuvent ainsi, sans entraves, sillonner les petites routes, y compris l’ancienne voie de chemin de fer, remplacée par une voie en béton. J’ai donc parcouru en tous sens l’île de Don Det, sur ses deux rives et son axe central. J’ai constaté qu’en dehors de l’embarcadère, moins ancien et moins complet que celui de Khone, il y avait peu de vestiges de l’époque coloniale et que l’île est plus peuplée de touristes que celle de Khone. Toutefois, un chemin non goudronné et le rivage sont curieusement moins fréquentés. En outre, de grandes réalisations sont entreprises, les Chinois disposant d’un assez vaste terrain concédé ; or ils ne font pas toujours dans la dentelle. Khone m’a vraiment ravi et, plus largement, les deux îles sont un enchantement.

    Comme d’habitude, quelques photos traduiront mes émotions.

    Embarcadère de Don Det
    Groupe scolaire écrit en français
    La route du rivage à Don Det
    Très grande maison en construction

    Demain matin, je me rendrai en bateau, puis en tuk-tuk voir les fameuses chutes de Khone Phapheng, réputées les plus larges du monde : environ 21 mètres de haut et une dizaine de kilomètres de large.

    Buffles dans une rizière
    Cochon tranquillement installé pour la sieste
    Coucher de soleil depuis le pont
  • Stung Treng à Don Khon ou île de Khone – 11 novembre 2025

    Stung Treng à Don Khon ou île de Khone – 11 novembre 2025

    Entrée au Laos, la douane est à droite
    Départ vers les îles de Don Khong et Don Khon
    Je suis seul pour Don Khon
    Île de Khone

    Finalement, Stung Treng ne m’a pas trop porté chance, car il m’est arrivé plusieurs déconvenues. La veille, j’étais allé repérer l’arrêt du bus pour Don Khon, pour ne pas avoir à le chercher le lendemain. La personne qui gère ce point de prise en charge m’a vivement conseillé de changer mes dollars en kips, la monnaie du Laos, me disant qu’au Laos, contrairement au Cambodge, tout se payait en kips et non en dollars.

    Bien sûr, elle y a intérêt, car sur le change elle prend une commission. J’en profite pour lui demander de joindre au téléphone la compagnie de transport, car l’intermédiaire numérique que j’utilise pour prendre mes billets de bus, contrairement aux fois précédentes, ne m’a pas envoyé les billets, et je n’ai pas de réponse satisfaisante à mes relances par mail. Elle me dit de ne pas m’inquiéter, puisque j’ai payé.

    Le lendemain, j’arrive largement en avance et décide de retirer de l’argent, jugeant que je n’en avais pas assez. Je fais mon code au distributeur, qui me propose un ticket et l’argent ; hélas, je ne reçois ni ticket ni argent, et la banque n’étant pas encore ouverte, je n’ai d’autre choix que de revenir à mon arrêt de bus.

    À mon arrivée, un préposé m’annonce que, faute de ticket, je dois en acheter un autre, bien que j’aie déjà payé. Je ne m’y résous pas facilement, mais suis obligé de capituler ou de rester à Stung Treng. N’ayant plus de dollars et pour cause, je lui propose de lui régler les 20 $ en kips, la monnaie du Laos, dont je viens de faire le plein. Il accepte, mais refuse le taux de change que je viens de faire avec sa collègue. Cette fois-ci, je commence à me fâcher et me tourne vers la dame en lui proposant qu’elle me redonne 20 $ contre les kips, ou qu’il accepte le taux de change conclu avec elle. Devant ce dilemme, elle lui conseille de se contenter de mes kips au taux de change précédent.

    Je prends donc le véhicule, accompagné de deux jeunes, une Allemande et un Français, qui parlent l’un et l’autre couramment anglais. Nous arrivons à la frontière et passons déjà celle du Cambodge, dont le préposé, peu amène, tamponne nos passeports. Puis nous traversons un grand « no man’s land » jusqu’à parvenir au poste de douane laotien, où on nous distribue le formulaire de demande de visa à remplir. On nous demande ensuite 2,50 $ pour prendre une vilaine photo et 40 $ pour le visa. Je sors, confiant, mes kips, monnaie nationale, mais le préposé n’en veut pas, aussi curieux que cela paraisse. Imaginez un douanier français exigeant des dollars !

    Je suis obligé de changer de nouveau mes kips en dollars et donc de perdre deux fois au change. La journée commençait vraiment mal.

    Vous allez voir qu’elle va mieux se terminer. Moins d’une demi-heure après la frontière, notre chauffeur nous dépose, l’une pour Vientiane, l’autre pour Paksé, et moi pour Don Khon. Je vais à l’embarcadère et dois attendre environ 20 minutes que d’autres passagers me rejoignent, car le tarif proposé s’entend pour plus de cinq passagers. Je suis assez inquiet, parce que tout le monde reçoit des billets de couleur bleue et le mien est jaune.

    Finalement, on me fait signe d’embarquer avec les « bleus », dans un bateau plein à ras bord de passagers. Je me demande si je descends à la première ou la seconde île et ai rapidement la réponse, car notre bateau se vide de ses passagers et je me retrouve seul avec le pilote pour aller à Khone. L’embarcadère sur place est encore plus rudimentaire que dans l’autre île, car le pilote se contente de rapprocher suffisamment le bateau de la terre (au propre), pour que je franchisse d’un bond, d’au moins 50 cm, l’espace qui me sépare de celle-ci, pour ne pas mettre les pieds dans le Mékong.

    L’endroit est tellement tranquille qu’au lieu d’être assailli par trois chauffeurs de tuk-tuk, comme c’est le cas partout, je demande la direction à une dame, devant chez elle, empoigne ma valise et la tire paisiblement pendant un petit kilomètre.

    J’arrive en cet équipage à bon port, ayant croisé au passage une dame coiffée de son chapeau pointu traditionnel et vu plusieurs autres femmes occupées à récolter le riz. Ces dernières utilisent un outil dont un côté comporte un manche courbé pour rassembler d’un geste ample un petit fagot de brins de paille, puis, en le retournant, l’autre extrémité se termine par une lame emmanchée qui coupe celui-ci.

    J’espère que vous avez compris : c’est le principe de la faux, sauf que l’outil est plus petit et qu’il y a deux gestes à faire.

    Je suis ensuite parti à vélo à la découverte des charmes de cette île. Ma grand-mère paternelle, que j’adorais, m’en parlait souvent, et dans mon esprit d’enfant, je m’étais figuré cet endroit comme une sorte de paradis. Cette fois, je ne suis pas déçu, et l’endroit, non seulement est idyllique, mais il a conservé intact tout ce qui pouvait séduire mes ancêtres il y a cent ans. En outre, on y trouve, vous le verrez, des vestiges de ce passé révolu, dont beaucoup de traces subsistent.

    Notamment, l’ancien port de Khone, par lequel, comme je vous l’ai dit, on n’arrive plus, existe toujours. Il a été construit, il y a un siècle, m’a-t-on dit, par les Français, et on peut emprunter les escaliers qui conduisent au quai, d’où la vue est magnifique. On peut aussi voir le système de halage des bateaux ou jonques, relié à un moteur qui n’existe plus, mais dont subsiste l’emplacement dans un petit bâtiment.

    L’école primaire, dont le panneau est écrit en français, est en ruine, mais beaucoup d’autres bâtiments publics se trouvent dans l’autre île que je visiterai demain.

    Enfin, un hôtel a pris place dans une résidence de la Compagnie des messageries et transports saïgonais, comme l’indique la pancarte, qui est plus exacte en anglais qu’en français. En effet, Paul Doumer, qui aurait résidé dans cette maison, était bien gouverneur général d’Indochine et celui qui a le plus contribué à améliorer les infrastructures de notre belle « colonie ».

    Vue de ma chambre : une femme récoltant la paille de riz
    Le pont sur les chutes du Mékong
    Les chutes du Mékong
    Vue du débarcadère de l’ancien port
    La terrasse où on prend un verre
    Le système de halage
    Jolie maison en bois sur pilotis
    Début du coucher de soleil sur le Mékong
    École primaire
    Panneau devant la résidence pour personnalités
    Celle-ci, en somme assez modeste

    Rendez-vous demain pour les autres chutes et la visite de l’autre île…

  • Kratie à Stung Treng – 10 novembre 2025

    Premier départ de Kratie pour l’île de Koh Trong ce matin
    Maison de Kratie
    Maison de Kratie
    Résidence de personnalités publiques à Kratie
    Près de l’embarcadère de Stung Treng
    Embarcadère
    Vue générale de Stung Treng
    Un scooter tirant une remorque bien remplie
    La nuit tombe sur le Mékong

    Après avoir arpenté, en vain, le boulevard qui borde le quai de Kratie, à la recherche de bâtiments ayant pu servir de bureaux à l’agence des Messageries fluviales, je me suis dirigé vers l’arrêt de bus pour prendre celui qui doit me conduire à Stung Treng.

    Stung Treng est la dernière ville importante du Cambodge sur le Mékong. Au dire du Guide du routard, il n’y a rien à voir, au plan touristique, sauf à faire une croisière dont Stung Treng serait l’une des escales. C’est ce que j’ai constaté en visitant une partie de cette bourgade, qui, au demeurant, est plutôt agréable.

    En discutant ce matin avec des Français et des Allemands, j’ai appris que j’aurais pu, en restant sur la même ligne de bus, atteindre Don Det, dans la région des « 4 000 îles », qui ne sont en réalité qu’une centaine, dont trois se visitent.

    Mon premier objectif au Laos est en effet d’aller à l’île de Khone, qui, d’après le même Guide du routard, est à la fois la plus préservée et la plus authentique. Cela tombe bien, car ma grand-mère m’a toujours parlé de Khone comme d’un lieu enchanteur. Mon grand-père et elle y ont vécu une période de leur vie de jeune couple, bien que je n’aie pas d’éléments très précis sur cette période.

    J’avais réservé à Paksé pour le 12 novembre ; aussi avais-je la possibilité de passer le 11 à Khone. Ne pouvant pas reporter ma réservation à Paksé et voulant prolonger mon séjour à Khone, j’ai annulé la réservation et ai pris deux chambres d’hôtes différentes pour les 11 et 12 novembre. Je coucherai donc à Khone et mangerai sur le bord d’un bras du Mékong. Je ne suis pas parvenu à obtenir mon e-visa pour le Laos, le système buguant sans arrêt, mais en principe on peut remplir un formulaire dans le bus, à la frontière.

    Sur place, la principale attraction, ce sont les chutes, les plus larges du monde ; autant dire que je ne vous en photographierai qu’une petite partie.

    Donc, à demain ou après-demain pour de nouvelles aventures au sud du Laos !

  • Kompong Cham à Kratie – 8 et 9 novembre 2025

    En route pour Kratie
    Coucher de soleil sur le Mékong à Kratie
    Maisons de Kratie
    Une rue de Kratie
    Pagode

    Après deux jours passés à Kompong Cham, j’ai donc pris hier le bus pour Kratie, où je suis arrivé en début d’après-midi. Cette ville est importante dans l’histoire familiale, car mon grand-père y a séjourné à plusieurs reprises. Il y a d’abord été nommé, pour la première fois, responsable d’agence, après avoir été commissaire à bord de bateaux. Ensuite, après ses premiers congés, pendant lesquels il avait été remplacé, il avait décidé de changer d’orientation et de présenter des films dans différentes villes, dont Battambang et peut-être Kratie. Enfin, après sa déconvenue consécutive à l’expérience de transports de voyageurs au Vietnam, il avait repris l’agence de Kratie, qui d’ailleurs végétait en son absence. Kratie a donc beaucoup d’importance dans sa vie indochinoise, d’autant que, lorsqu’il sera directeur de l’agence de Phnom Penh, Kratie constituera le point le plus éloigné aisément navigable au Cambodge.

    Toutes ces considérations me faisaient pester d’y arriver en bus, mais nécessité fait loi, aussi n’ai-je eu qu’à m’y plier.

    À mon arrivée, je suis bien sûr allé voir le Mékong et surtout l’embarcadère : d’une part pour savoir où prendre le ferry le lendemain pour l’île de Koh Trong, et d’autre part pour rechercher des vestiges du passé.

    Le Mékong est bien toujours à sa place et, à cet endroit, plutôt majestueux ; en revanche, il ne reste rien, à part un bâtiment en bois, qui n’a sans doute rien à voir avec les installations passées. Il est vrai que cent vingt ans se sont écoulés, dans un pays jeune de surcroît, appelé désormais à se développer très vite. C’est en tout cas ce qu’on peut souhaiter aux Cambodgiens. J’ai également fait le tour du centre-ville et n’ai rien vu qui semble de cette époque. Il est probable que Kratie en 1906 était un village, et c’est aujourd’hui une ville de 25 000 à 30 000 habitants. En outre, la construction de routes a complètement interrompu l’activité sur le fleuve et rendu les installations inutiles. Aujourd’hui, ce qu’on appelle pompeusement un ferry est une barge très fruste, comme vous en jugerez par mes photos.

    La barge
    La traversée vers Koh Trong

    Après une nuit passée dans ma guesthouse (maison d’hôtes, en français), je n’ai eu qu’une envie : la quitter au plus vite. Cet hôte était nouveau sur Booking, et rien ne laissait présager la qualité médiocre du lieu : salle de bains agencée de guingois (et quand je dis agencée…), éclairage défectueux, électricité dangereuse, eau froide, télévision en panne. Mes voisines, qui ont regardé sous le lit, m’ont dit qu’il y avait du monde ; ne l’ayant pas fait, j’ai dormi comme un loir.

    Ayant trouvé un hôtel, à un prix néanmoins raisonnable, en face du Mékong, j’y ai traîné ma valise, donné mon linge, puis ai pris la barge pour l’île de Koh Trong. Le passage est à 1 000 riels, soit 0,25 $. Sur cette barge montent aussi bien des passagers avec leurs bagages que des marchandises et de nombreux scooters. Je crois que le prix est le même que vous soyez en scooter ou à pied. Inutile de prendre un billet ; la « passeuse », si vous me permettez cette féminisation, passe dans les rangs pour se faire payer en billets.

    J’oubliais de dire que la barge ne part que lorsqu’elle est pleine ; en attendant, vous sirotez un jus quelconque.

    Arrivé sur place, après une traversée d’environ 20 minutes, je loue un vélo pour faire commodément le tour de l’île, long de 9 km. Les vélos, quoique sobres, sont équipés à l’avant d’un panier, bien pratique pour se débarrasser de son sac, tout en ayant tout sous la main, même en roulant.

    Imaginez-vous une petite route en ciment à deux voies, longeant le Mékong d’un côté et, de l’autre, plus ou moins en retrait, une succession de petites propriétés, composées de maisons en bois sur pilotis, d’une cour et d’un jardin, toutes de tailles disparates.

    Du côté qui longe le Mékong, entre la route et celui-ci, des vaches sont attachées à des mangeoires, elles-mêmes jouxtant la réserve de paille de riz (je suppose). Vous verrez sur les photos divers agencements, tous réalisés en bambou, ce qui ajoute au charme de ces rencontres ; d’autant que cet aménagement, réalisé par l’homme, s’inscrit dans un paysage de verdure, de fleurs et d’arbres fruitiers. Je me suis donc arrêté de nombreuses fois, car aucune de ces installations n’était identique, sans parler du pêcheur fabricant son bateau ou occupé à son aménagement.

    J’avais prévu de manger sur place dans une des petites guinguettes, comme celle où j’ai dégusté, à la paille, le contenu d’une noix de coco, quand j’ai avisé un chemin conduisant à un restaurant. Il s’agissait en fait d’une très belle maison d’hôtes, façon coloniale, qui faisait aussi restaurant.

    Une très gracieuse véranda en bois, sur étage, donnait vue sur une grande piscine d’un beau vert émeraude, laquelle était la pierre précieuse sertie au sein d’un écrin de verdure composé de toutes les espèces tropicales que l’on peut imaginer ; j’ai passé là un moment agréable avant de finir mon deuxième tour de l’île et de reprendre, quand cela fut possible, mon bac de retour.

    J’ai profité de mon hôtel et ai boudé les quelques animations pour touristes, que je goûte moyennement. C’est ainsi qu’après deux jours à Stung Treng, dernière ville importante du Cambodge vers le nord, j’ai prévu d’aller le 12 à Paksé, plaque tournante pour beaucoup de destinations, y compris au sud, vers le Cambodge.

    Là aussi, il faut me résoudre à le faire en bus ; d’ailleurs, quand des possibilités existent en bateau, elles sont hors de prix.

    Arrivée de la barge
    Maison en bois et matériaux composites
    Avec balcon en bois
    Réserve de paille
    Les vaches sont à l’abri
    Culture grimpante
    Poule en cage
    Devant ma noix de coco bien fraîche
    Construction d’une barque
    Panorama de mon déjeuner
    La jolie véranda
    L’écrin de verdure
    Vue de côté depuis mon balcon à l’hôtel
  • Kompong Cham – 6 et 7 novembre 2025

    Embouteillages mercredi soir à Phnom Penh
    Gare de bus pour Kompong Cham
    On longe le Mékong
    En route pour les temples avec Chark dit Beau Gosse
    Wat Nokor, temple des XIIe et XIIIe siècles
    Un temple moderne est incrusté dedans
    Devata
    Stupa
    Futur bananier
    Ananas
    Fabrication de pâte réalisée à base de poissons pilés à la main

    Notre retour de Kampot, et surtout l’arrivée à Phnom Penh, ont été perturbées par des embouteillages gigantesques en raison des vacances scolaires. C’est à peine si cette photo vous en donne une idée ; d’ailleurs, nous avons été finalement débarqués bien avant l’arrêt du bus, celui-ci étant définitivement bloqué. J’ai trouvé sans difficulté un chauffeur de tuk-tuk qui, devant les embouteillages, entendait me faire payer 4 dollars, quand je ne lui en offrais que 2. Brusquement, il s’est arrêté, a empoigné ma valise et nous a confiés, elle et moi, à un collègue. Ce dernier, qui semblait dégourdi, m’a conduit à bon port aux conditions habituelles. Je suppose que le premier avait une autre course prévue et envisageait de me faire payer son manque à gagner.

    Une autre déconvenue m’attendait à l’hôtel, où le réceptionniste m’annonce que mon linge, déposé depuis trois jours, n’est toujours pas lavé. Il m’engage à le suivre à la laverie, où, après moult palabres, j’obtiens que mon linge soit prêt le lendemain à 7 h 30, mon départ étant prévu à 8 heures.

    Hélas, le lendemain, mon homme, qui n’avait pas touché à mon linge, me le promet cette fois dans une heure. Je repars donc avec mon linge sale de Phnom Penh, et celui de Kampot et Kep ! Heureusement, par précaution, je m’étais acheté un nouveau tee-shirt à Kampot.

    Comme je vous l’avais raconté précédemment, il est désormais impossible de remonter le Mékong depuis Phnom Penh, tout simplement parce que les routes sont plus pratiques. C’est pourquoi j’ai réservé sur Internet une place dans un bus. Ces petits bus, très confortables, sont tous de marque Hyundai : climatisation, sièges inclinables, prises de téléphone et wifi. Je ne vais donc pas me plaindre du progrès, d’autant que mon grand-père, vers 1908-1909, se plaignait justement de la lenteur des communications sur le fleuve, quand il allait de ville en ville projeter des films dans de grandes salles improvisées. Il avait également fait partie des pionniers du transport de voyageurs sur de petites distances, avec deux véhicules fabriqués par la SCAR, entreprise créée par son frère avec un associé à Witry-lès-Reims. C’est dire que je ne peux que me réjouir de l’existence de ces routes, dont on verra par la suite que parfois elles ressemblent encore à des pistes.

    À Kompong Cham, je suis accueilli par Thomas, le propriétaire de Phalla Riverside, qui est franco-cambodgien et parle donc couramment français. C’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui parle bien le français et avec lequel je peux apprendre des éléments de la culture cambodgienne, si j’excepte Sébastien bien sûr. J’apprends par lui que le Cambodge est certes sous dépendance financière des Chinois, mais d’après lui, sous dépendance politique du Vietnam. Je décide de rester deux jours à Kompong Cham, à la fois pour visiter les alentours et aussi pour permettre à mon linge de sécher…

    Au programme du premier jour : Wat Nokor, temple de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, bâti par le fameux Jayavarman VII, dont je vous ai déjà parlé. Puis « Beau Gosse », mon chauffeur de tuk-tuk, m’a emmené voir un village, soutenu par une association française, où une guide cambodgienne nous a fait découvrir les familles, les métiers et le mode de vie des habitants. En dépit d’un patronage français, la visite était en anglais, avec une difficulté supplémentaire à surmonter, l’accent chantant des Cambodgiennes. Beau Gosse, qui me donnait 15 ans de moins… et voulait me trouver une femme, avait au moins raison sur un point : j’ai besoin de me familiariser avec l’accent !

    Au cours de notre visite, nous avons vu : ananas, bananes, papaye, fruits du dragon, riz, pâte de poissons, tissage de coton local, etc. La visite s’est terminée dans la boutique où, faute de place dans ma valise, je n’ai acheté qu’un bandana pour ma petite fille préférée !

    Encore des marches pour monter à la Colline des femmes
    Colline des femmes
    Colline des Femmes
    Stupas de la colline des hommes
    Barrière en bambou
    Les singes nous accueillent
    Avec adresse, ils prennent possession des lieux
    Naga finement ouvragé

    La suite de mon programme passe par la traditionnelle visite de la colline des femmes, laquelle fait face à la colline des hommes, bien sûr. Celle des femmes est beaucoup plus inaccessible, et il faut sans doute y voir l’explication de cette légende : c’est à l’homme de demander la femme et il doit grimper pour cela sur la colline. L’escalier qui s’ouvre vers la colline des femmes est encadré par deux « naga-balustrades » et compte 308 marches. Ici comme ailleurs, la balustrade, de part et d’autre de l’escalier, figure un serpent qui nous accompagne jusqu’en haut. Là, la vue est le principal attrait du lieu ; les « femmes de la colline », n’étant plus là !

    Redescendu du « Royaume des femmes », je suis parvenu, au prix de moins d’efforts, à celui des hommes. Paradoxalement, le lieu est plus riche que celui des femmes au plan architectural.

    Ainsi, vous pouvez y contempler de beaux stupas, qui sont les sépultures qui contiennent les cendres de défunts illustres. On en verra parfois près de maisons de riches Cambodgiens. On y admire aussi de magnifiques nagas, finement sculptés, de beaux linteaux et devatas gracieuses.

    L’attraction principale reste les singes qui grimpent, comme des s…, sur tous les monuments. On les voit partout, et si on ne leur met pas « sous le nez » de la nourriture, ils ne sont pas agressifs.

    Il est temps de retourner à l’hôtel en passant par le marché…

    Retour à l’hôtel
    Les étals colorés des marchés
    La terrasse de l’hôtel avec vue sur le Mékong

    Le lendemain matin, nous prenons la direction de Koh Paen, une île sablonneuse couverte de jardins et de maisons traditionnelles en bois. Je demande à faire une grande partie du chemin qui borde le Mékong à pied, afin de photographier à mon aise ces lieux magiques. Là est le Cambodge traditionnel, où rien n’a vraiment changé. La frondaison des différentes essences d’arbres, fruitiers pour l’essentiel, donne un peu de fraîcheur, ce qui ajoute au charme des lieux. On y rencontre, outre de jolies maisons sur pilotis, des bananiers, papayers, des jacquiers, palmiers, etc.

    Pamplemousse
    Citron vert
    Belle échappée sur la rivière
    Maison en bois sur pilotis
    Maison et son temple
    Cocotier
    Vannier sur bambous
    Jolie corbeille à fruits
    Kayak pour les courses de la fête de l’eau

    Avant d’aller manger et pour me mettre en appétit, j’ai demandé à « Beau Gosse » de me conduire au phare français qui domine le Mékong : bien qu’incongru au bord d’un fleuve, c’est aujourd’hui une attraction locale et un belvédère.

    Il a été construit par des Français dans les années 1920, pour servir de tour de guet afin de protéger les cultures d’hévéa, principale activité de Kompong Cham, d’ailleurs développée aussi par les colons français. On y grimpe par un escalier-échelle métallique, très raide, muni d’une rampe et sans garde-corps ; ce qui rebute les personnes qui ont le vertige. Arrivé en haut, la vue est imprenable sur le Mékong et les alentours.

    Le phare des Français
    Ses escaliers vus du bas
    Le Mékong vu du haut
    Pont sur le Mékong

    Après nous être restaurés dans un petit établissement choisi par « Beau Gosse », où j’ai goûté une sauce très simple à réaliser, mais délicieuse, destinée à accommoder les légumes, accompagnés de petits morceaux de porc agréablement parfumés. Pour confectionner cette sauce, il suffit de mélanger du poivre noir moulu, de Kampot bien sûr, avec le jus d’un demi-citron vert. C’est un délice et vous m’en direz des nouvelles, si vous avez les bons ingrédients !

    L’après-midi est consacré à un temple qui n’est pas dans le Guide du routard, qui s’appelle Phnom Hanchey et vaut principalement par son emplacement.

    Pour y parvenir, on longe une nouvelle fois le Mékong et je réclame à nouveau ma liberté de marcher. Au cours de cette journée, j’aurai quand même parcouru 12 km à pied. J’y croise hommes et bêtes, les uns à travailler, les autres à manger.

    Une rare barque sur le Mékong
    Meule et mangeoire pour les bœufs
    Vaches à la mangeoire
    Vaches et veaux
    Une nouvelle volée de marchés vers Phnom Hanchey

    Pour la 4e fois de la journée, je dois grimper quelque 200 marches pour atteindre ce temple, qui est plutôt récent, du moins par rapport aux temples d’Angkor. C’est en général un ensemble de très nombreux bâtiments comprenant une ou plusieurs pagodes, une école bouddhique, des lieux pour dormir, se restaurer. Le temple est installé sur un promontoire dominant le Mékong et bordé de balustrades à colonnes colorées. Sur la moitié de son pourtour, des terrasses peuvent accueillir les visiteurs, et de nombreux « limonadiers », proposent glaces, fruits frais ou jus de fruits ; sans oublier les petites échoppes ambulantes toujours bien achalandées.

    Où que l’on se tourne, la vue est magnifique et le lieu vraiment enchanteur. Aussi, avant de rejoindre « Beau Gosse », je m’offre un jus de fruits frais que je savoure devant ce panorama exceptionnel.

    Je termine cet article dans ma maison d’hôte de Kratie, où je suis arrivé aujourd’hui 8, en début d’après-midi.

    La vue de la terrasse
    Stupa
    Autre vue du Mékong
    Toujours le Mékong
  • Kampot et Kep – 4 et 5 novembre 2025

    Une bonne averse devant mon restaurant
    Madame Poubelles
    Kampot
    Le marché aux poissons
    Poissons et fruits
    Le lac secret
    En route pour La Plantation
    Maison cambodgienne en bois
    Sur pilotis
    Vue du jardin tropical
    Papayer
    Fleur tropicale
    Couple de jardiniers affairés

    Pour illustrer ce que c’est qu’une bonne averse tropicale, je vous fais profiter de celle d’hier en début d’après-midi devant ma petite gargote. Elle n’a rien à envier à la première, essuyée alors que je visitais, en compagnie de Sébastien et de sa maman, le musée de Phnom Penh.

    La deuxième photo se rapporte à mon commentaire sur le peu de conscience environnementale des Cambodgiens, que je justifiais par l’existence de petits métiers, comme celui de ramasseurs de déchets. J’ai intitulé cette photo « Madame Poubelles » : on y voit une dame pousser un très gros chariot et une poubelle visible. J’ai raté un chariot plein à ras bord de poubelles, qui aurait mieux illustré mon propos.

    Mes objectifs pour ces deux jours : visiter Kampot, célèbre avant tout pour son poivre, ainsi qu’une plantation de poivriers, déguster les différents poivres et, enfin, manger le fameux crabe au poivre vert.

    Arrivé à Kampot par le bus et ayant posé en vitesse ma petite valise à l’hôtel, j’ai négocié une demi-journée de tuk-tuk avec un chauffeur pour visiter La Plantation, car, vous l’aurez deviné, si elle s’appelle ainsi, c’est qu’elle a été fondée par des francophones : un Belge et une Française.

    C’est décidément une entreprise singulière à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle a été fondée par deux retraités ; du moins ont-ils entrepris cette aventure après une carrière dans le marketing et, pour l’un des deux, à 61 ans, il y a maintenant 12 ans. Ensuite parce que leur démarche a un caractère environnemental et social. Ils ont fondé une coopérative, sont à l’origine d’une IGP du poivre de Kampot, ne travaillent qu’à la main, ont fondé une école pour scolariser les enfants, etc. C’est donc une démarche d’excellence qui fait travailler des familles au sein de la coopérative, mais aussi dans le processus de production, dans leur jardin tropical, dans les différentes boutiques sur place ou dans plusieurs villes du Cambodge.

    Nous avons tout d’abord arpenté l’exploitation, qui ressemble par certains aspects à celle d’un vignoble. D’ailleurs, j’ai retrouvé dans leur cahier des charges un cousinage certain avec le champagne, que je connais assez bien. Ainsi, comme la vigne, le poivrier est une liane qui, si on ne la conduit pas, peut pousser et s’allonger en vain, tout en s’épuisant. Le poivrier, lui, s’enroule autour des arbres et peut monter jusqu’à 8 mètres de hauteur.

    On utilise cette propriété du poivrier afin qu’il s’enroule naturellement sur des pieux de 4 mètres, disposés de proche en proche. Les poivriers sont plantés avec au moins un mètre de dégagement entre eux, soit une densité de 1 000 plants pour 20 hectares. Si on laisse cet espace, c’est pour leur permettre d’être fécondés car ils sont hermaphrodites ; c’est le vent qui se charge de cette fécondation. La pollinisation des fleurs survient en juillet-août et les fruits apparaissent en septembre. Ce n’est qu’en octobre et novembre que se forment les grappes de poivre vert. Comme pour le champagne, on ne cueille les grappes de poivre vert qu’à la troisième feuille, autrement dit la troisième année. Enfin, autre similarité, un poivrier a une durée de vie de 25 ans, voire 30 ans.

    La récolte des grappes de poivre vert, que l’on conserve fraîches, mélangées à du sel, se fait, à la main, au cours des mois de décembre et janvier. Quant au poivre rouge, sa maturité commence en février et mars et sa cueillette entre mars et juin.

    Mais, tenez-vous bien, si le poivre vert, récolté avant maturité, est cueilli grappe par grappe, le poivre rouge, lui, (comme le blanc, vous verrez pourquoi), est cueilli grain par grain, suivant la couleur souhaitée et sa taille, qui ne doit pas être inférieure à 4 mm. Pour obtenir du poivre noir, on fait sécher le poivre vert 2 à 3 jours au soleil.

    Cerf-volant conduit par un enfant

    On comprend mieux pourquoi ce poivre de Kampot est la truffe noire ou l’Alba (truffe blanche du Piémont en Italie) du Cambodge.

    Quant au poivre blanc, on s’est inspiré des oiseaux pour obtenir cette couleur. En effet, le poivre des oiseaux est un poivre rouge, dont les oiseaux digèrent la pellicule qui recouvre les grains et rejettent dans leurs déjections ledit poivre blanc. Le processus de La Plantation consiste à plonger dans l’eau froide les grains rouges pendant une nuit afin d’enlever le péricarpe du grain, qui de rouge devient blanc.

    La minutie de cette opération est confiée, comme souvent, à des femmes, seules capables de patience et d’adresse pour cette tâche. Ce sont elles également qui écartent, grain à grain, ceux qui n’atteignent pas le calibre de 4 mm imposé. On pense là aux tables de tri en Champagne, où les raisins pourris, ou insuffisamment mûrs, sont rejetés.

    Les hommes, eux, portent les charges ou font tous les travaux de force, afin que la mixité souhaitée à La Plantation soit respectée.

    La Plantation possède aussi un jardin tropical, préserve des habitations traditionnelles en bois et forme soigneusement son personnel, qui bénéficie en outre d’avancées sociales.

    Après cette visite, nous étions conviés à une dégustation, grille et stylo en main, des différents poivres, mais aussi de mélanges d’épices, de poivres longs, tels que le cuir de poivre par exemple.

    L’entreprise se diversifie avec des mélanges de fruits secs ou séchés au poivre, des boissons ou des glaces, voire de la bière, le tout au poivre bien sûr.

    J’ai donc fait une petite provision de poivre, mais en faible quantité pour ne pas alourdir ma valise. J’ai goûté tout à l’heure, avant de repartir, une excellente glace au citron vert et au poivre rouge, une tuerie, comme disent les jeunes.

    Plantation de poivriers
    Poivre en fleur
    Premiers grains
    Grappe au sein d’un poivrier
    Poivre long de Java
    Coucher de soleil sur La Plantation

    Si vous vous référez à mes objectifs décrits plus haut, cette première journée ne m’avait pas permis de les atteindre tous. J’ai donc à nouveau négocié avec mon chauffeur de tuk-tuk une autre demi-journée pour aller à Kep, autrefois appelée par les Français Kep-sur-Mer, qui est le lieu de villégiature, naguère des colons et aujourd’hui des familles cambodgiennes. En raison des vacances des enfants, les embouteillages pour parvenir à la plage étaient monstrueux. Aussi n’ai-je pu qu’arpenter la côte, puis déguster mes deux crabes au poivre vert, sans pouvoir aller au marché. Décidément, j’ai encore des choses à voir partout et il me faudra revenir !

    S’il n’y avait pas tant de monde, je dirais que le lieu est enchanteur. Par mes photos, vous verrez comment les Cambodgiens viennent pique-niquer au bord de la mer. Par certains aspects, nous partageons des habitudes comparables et ils sont très attachants. Ainsi, alors que nous attendions dans les embouteillages, nous nous trouvions derrière, et à touche-touche avec une sorte de pick-up dont la partie ouverte était occupée par un grand nombre de personnes, accompagnées de provisions et de boissons, conservées dans une glacière. Brusquement, quelqu’un donne à mon chauffeur une bière à mon intention, puis arrive une assiette en plastique dans laquelle se trouvent deux petits poissons frits. C’était un cadeau pur et simple car nos routes se sont ensuite écartées.

    J’ai aussi oublié de vous donner des exemples d’usages conservés de la période coloniale française. On parle ici de « restaurant », il me semble avoir entendu le mot « déjeuner » ; on trouve des « baguettes de pain », des « pains au chocolat », dits aussi « croissants au chocolat », des « croissants » et des « pains au raisin ». On peut aussi, même si ce n’est pas aussi courant que le thé, trouver du « café expresso », réalisé à partir de grains de café, que l’on moud devant vous, puis dont on extrait le jus à l’aide d’un vrai percolateur.

    Je termine avec quelques photos de maisons d’époque coloniale pour rester dans le thème de mon voyage.

    Maisons de Kampot
    Autre exemple
    Une maison très imposante
    Dommage que les fils la déparent
    Maisons avec galerie
    Boutique de La Plantation à Kampot
    La foule au marché
    La plage et la mer à Kep
    Pique-nique au bord de la mer
    Vue de mon restaurant de bord de mer
    Crabe au poivre vert frais
    Tuk-tuk qui se rencontrent
    La sirène de Kep

    Je vous écris du bus qui me ramène à Phnom Penh, dont je repars demain matin pour Kompong Cham, au nord, sur le Mékong.

  • Temples au sud de Phnom Penh et maisons coloniales – 3 novembre 2025

    Départ à 5 h 50 de Phnom Penh
    Scooters à contresens

    Finalement, j’ai opté pour le tuk-tuk, plus économique que le taxi, lequel m’aurait permis, en revanche, d’aller directement à Kampot depuis les temples. J’avais un peu hésité en raison du nombre de km aller et retour, soit 120 km en tout. En réalité, nous sommes revenus vers midi, aussi ai-je regretté de n’avoir pas poussé jusqu’à Takeo, où se trouvent deux autres temples. Un voyage en tuk-tuk sur une telle distance est l’occasion d’observer le comportement routier des Cambodgiens et, en particulier, des scootéristes. Imaginez-vous des scooters évoluant naturellement sur votre voie et d’autres sur la voie opposée ; jusqu’ici la situation est normale. Mais il arrive aussi que vous vous trouviez face à un scooter ou une voiture, roulant tranquillement sur votre voie : qu’à cela ne tienne, vous vous écartez. Si un scooter roule sur votre voie à contresens mais à votre droite, c’est qu’il a trouvé là le moyen le plus simple pour tourner à gauche. Les deux peuvent aussi se produire en même temps, il suffit d’être vigilant ! Au bout de 120 km, vous avez intégré la philosophie générale et êtes prêt à louer un scooter.

    Nous sommes arrivés entiers au temple le plus éloigné, Phnom Chisor, distant de 60 km. Nous commençons par emprunter une petite route qui se transforme en un chemin boueux et parsemé de détritus. À ce sujet, les Cambodgiens ne sont pas très sensibilisés au développement durable ; aussi n’hésitent-ils pas à jeter au sol ce qu’ils n’utilisent plus. L’explication de ce phénomène découle de la hiérarchie des petits métiers de services : chacun ayant un rôle dans la société, si modeste soit-il. Ainsi, des personnes passent leur journée à ramasser les déchets des autres et à pousser, sur de lourdes charrettes, un amoncellement de poubelles, dont on ignore la valorisation, s’il y en a une ! Sauf qu’à la campagne, ce métier n’existe pas et, les habitudes de chacun restant les mêmes, les lieux sont partout de vrais dépotoirs.

    Après ces digressions sur la conduite et la gestion des déchets, je reviens à notre arrivée au bout d’un chemin de terre, où nous trouvons les installations de fortune, qui tiennent lieu de restaurants, et où est déjà installé, sur des tables et des chaises en bois, un groupe de collégiens. Mon chauffeur de tuk-tuk, après avoir garé son engin, m’indique la direction du temple.

    Arrivée au lieu du temple Phnom Chisor
    Il reste 300 marches à monter
    Le temple en contrebas
    Vue générale
    Linteau historié : Shiva chevauchant un naga
    Bibliothèque
    Beau linteau figurant Vishnou sur une tête de démon
    Sanctuaire
    Détail d’une pierre au sol
    Vue en contrebas depuis le temple
    Autre linteau figurant Vishnou sur le démon accompagné cette fois
    Détail d’un autre linteau
    Au retour, une dame monte les mêmes marches, mais lourdement chargée

    Comme vous avez pu le voir sur les photos, ce temple se gagne à la force des mollets, du moins du côté par lequel nous sommes arrivés. Il faut gravir pas moins de 300 marches, dont certaines sont hautes de 40 cm, pour atteindre le temple. Je me suis d’abord rendu dans le premier, où le bonze, après m’avoir demandé de me déchausser, m’a proposé de saluer Bouddha et de faire ma petite aumône. Je m’en suis acquitté modestement (je parle du montant), après quoi il m’a attaché au poignet un bracelet de laine rouge et m’a invité à me rendre au temple. Je suis le seul Européen à faire cette visite et personne ne m’a réclamé un ticket d’entrée. En revanche, des dames m’ont invité à prier Bouddha et à faire de nouveau une aumône… À cette occasion, j’ai été suivi, sans relâche, par des enfants qui, après les dames, attendaient des aumônes, et pas seulement pour Bouddha. La misère est ici palpable et ne laisse pas indifférent. Je vous laisse admirer les linteaux qui sont magnifiques et imaginer la vue, ainsi que l’ampleur de ce temple du XIe siècle à son apogée. Vous noterez que le chemin qui serpente longtemps à l’horizon donne une idée de la perspective voulue à l’origine par le souverain et son architecte.

    Une fois redescendu au parking, je demande à mon conducteur de tuk-tuk de me commander un repas, qui n’est autre que du porc au caramel et du riz, avec sauce aigre-douce et piment pour les accompagner. En guise de boisson, et à l’aide d’un broyeur, ma « restauratrice » déchiquette quelques cannes à sucre, dont elle retire un jus qu’elle me sert dans un gobelet rempli de glace, fermé et muni d’une paille. Puis, après ce solide petit déjeuner, nous nous remettons en route pour Tonlé Bati, un temple de la fin du XIIe siècle que l’on doit à Jayavarman VII, le souverain qui a bâti le Bayon. Certes, il est extrêmement ruiné, mais, outre le fait que je l’ai visité seul, il vaut pour ses magnifiques linteaux et des niches ornées de divinités féminines.

    Extracteur de jus de canne à sucre
    Le temple
    Thème du barattage de la mer de lait
    Gardien de seuil
    Joli linteau historié à terre
    Divinité mi-femme, mi-démon chevauchant un démon
    Devata
    Magnifique linteau figurant le Bouddha avec un naga et sur un démon

    De retour à Phnom Penh, j’ai souhaité photographier le Phnom et ai vu aussi un temple moderne avec stupa (voir photos) ; revoir le bâtiment des « ex-Messageries fluviales », sous tous ses angles et quelques maisons coloniales du quartier de celle-ci.

    En ce qui concerne la résidence professionnelle et personnelle de mon grand-père, seule la partie gauche est dégagée ; la partie droite est désormais quasi contiguë à un bâtiment en construction dont la structure obstrue la vue qu’on avait, autrefois, de sa profondeur. Quant à l’arrière, il n’est plus séparé que d’un mètre ou deux d’un autre bâtiment, qui a remplacé le jardin ou parc de jadis.

    Les Messageries
    De face devant les arbres
    À gauche
    La poste
    Le Phnom
    Norodom Ier
    Perspective
    Temple et stupa
    Bâtiment ancien en ruine – à démolir ? ou à restaurer ?
    Autre bel immeuble
    Autre exemple
    Autre exemple
    Nouvel exemple
    Ensemble de maisons plus modestes
    Mon hôtel, plutôt années 50

    Demain, direction Kampot, le pays du célèbre poivre.