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  • Saïgon – 21 décembre 2025

    Musée Hô Chi Minh et anciennes Messageries Maritimes et Fluviales
    Avec la statue d’Hô Chi Minh
    Entrée du musée – Messageries
    Portes et volets
    Sorte d’autel à la gloire d’Hô Chi Minh
    Le départ en France
    La déclaration d’indépendance
    Le Latouche-Tréville qui emporte Hô Chi Minh en France
    Les pérégrinations d’Hô Chi Minh à travers le monde
    Hô Chi Minh lisant L’Humanité
    Un couloir des Messageries
    La rampe de l’escalier des Messageries
    La maison d’Hô Chi Minh à Paris
    Le vestibule à l’étage avec vue sur le port
    Pousse-pousse reconstitué
    Le port depuis les Messageries
    Vue ancienne des Messageries

    Mes visites d’aujourd’hui sont à double fin, car tous les bâtiments que j’ai visités sont d’époque coloniale. Soit ils ont conservé leur fonction initiale, comme le lycée Marie-Curie ou l’église du Sacré-Cœur, soit ils ont aujourd’hui une autre fonction comme le musée des Beaux-Arts qui occupe trois anciennes maisons coloniales, voire l’ancienne villa de l’évêché de Saïgon.

    J’ai commencé par les musées et par celui d’Hô Chi Minh, dont je n’avais pas vu, dans ma revue générale, qu’il était autrefois le siège des Messageries Maritimes et Fluviales, ce qui a accru notablement mon intérêt, car bien sûr mon grand-père y est venu. C’est une fois qu’on se trouve au premier étage que l’on réalise que ce bâtiment a une vue imprenable sur le port. Le port ayant perdu son intérêt stratégique, il n’occupe plus qu’une place secondaire dans la ville. D’ailleurs, il n’y a pas foule de bateaux dans le port ! La comparaison avec la photo ancienne que j’ai reproduite parle d’elle-même.

    Le musée Hô Chi Minh nous montre l’enfance d’Hô Chi Minh en reproduisant les maquettes des maisons de ses parents et grands-parents, son départ pour la France en 1911 sur un bateau français, L’Amiral Latouche-Tréville, comme aide-cuisinier. Il parcourt ensuite l’Europe, mais aussi l’Afrique, les États-Unis, va en Amérique du Sud pendant la guerre de 1914-1918. Il se formera au communisme politique par de longs séjours en URSS et en Chine, sera emprisonné à Hong Kong et ne reviendra au Vietnam qu’en 1941. Il profitera de la défaite française de 1940 pour intensifier son action, puis la défaite japonaise pour déclarer l’indépendance de son pays.

    Le musée éclaire assez bien la vie politique d’Hô Chi Minh, mais en fait aussi un personnage quasi sacré, car pierre angulaire du pouvoir actuel.

    Il n’y a rien en revanche au sujet des Messageries Maritimes, la personnalité centrale d’Hô Chi Minh ne le permettant pas. En outre, comment concilier la vie du libérateur de la patrie avec l’existence d’une entreprise coloniale notoire ? Il faudra encore du temps et un autre régime politique pour qu’il soit laissé une place à cette période de notre histoire, qu’on le veuille ou non, partagée. À dessein, j’ai alterné les photos concernant la vie d’Hô Chi Minh avec celles du bâtiment lui-même, puisque ce dernier présente un bon exemple d’architecture de la période Art déco, comme beaucoup de bâtiments coloniaux.

    J’adopte la même méthode pour vous parler du musée des Beaux-Arts, qui occupe trois anciennes villas coloniales. La première, qui est aussi la plus vaste et la plus belle, est consacrée aux expositions permanentes d’œuvres de peinture contemporaine. Il y a beaucoup d’œuvres influencées par le thème de la résistance tant contre les Français que contre les Américains. Ce sont des œuvres « patriotiques », hagiographiques, voire de propagande. On y retrouve Hô Chi Minh, ses soutiens de la première heure, des représentations de lui-même ou d’actions notables. On trouve également des œuvres de commande ou récompensées par le régime. Il y a enfin des œuvres abstraites ou figuratives qui n’entrent dans aucune des catégories citées, et je vous ai mis des exemples, choisis en fonction de mes goûts et des thèmes évoqués. C’est pourquoi ces photos n’ont d’autre légende que la catégorie à laquelle je les ai assignées.

    Église du Sacré-Cœur
    Une œuvre de Kim Bach
    En route vers le musée des Beaux-Arts
    Entrée du musée consacré à la peinture contemporaine
    Vue du côté droit
    L’ascenseur, sa grille et l’escalier
    Une belle œuvre abstraite
    Une œuvre figurative
    Une œuvre hagiographique
    Admirez les vitraux entourant cette fenêtre et le balconnet ou garde-corps en fer forgé
    Les vitraux de cette imposte et la ferronnerie
    La rampe d’escalier
    La ferronnerie Art déco
    Cette œuvre patriotique
    Œuvre descriptive des destructions dues à la guerre
    Un hommage à une guerrière
    Un hymne à la paix et à la réconciliation récompensé par le pouvoir
    Une belle œuvre abstraite
    Lutte contre l’envahisseur américain
    Véranda ou galerie avec vue sur les autres bâtiments
    Cour intérieure et vue des bâtiments

    Je me suis aussi intéressé aux éléments d’architecture qui ne sont pas l’objet du musée, mais qui sont caractéristiques de l’époque à laquelle les villas appartiennent. Il en est ainsi des vitraux, des rampes ou des garde-corps de fenêtres en fer forgé, voire des ascenseurs.

    Les deux musées des Beaux-Arts
    Une belle verrière en vitrail et son lustre

    Comme vous pouvez le déduire du nombre de photos prises de cette exposition, j’en ai peu goûté les œuvres ! Je regrette de ne pas avoir pris d’autres œuvres de Kim Bach, unique représentante, par mon choix, de cette exposition ! En revanche, je n’ai pu résister à l’envie de photographier pour vous la verrière ainsi que la ferronnerie de l’entrée, qui oscille entre l’Art nouveau et l’Art déco, le lustre entrant plutôt dans la deuxième catégorie.

    Pris dans l’autre sens, admirez le carrelage

    La dernière villa, plutôt Art nouveau, rassemble la collection d’art traditionnel khmer et vietnamien du VIIe au XXe siècle. Le Vietnam a été à une époque occupé par les Khmers du Cambodge, ce qui explique le cousinage des œuvres et bien sûr des divinités avec celles que nous avons rencontrées dans ce pays. Le musée, ceci dit, n’est pas très riche et renferme surtout beaucoup d’œuvres du XXe siècle.

    La troisième villa Art nouveau consacrée à l’art khmer
    Une splendide verrière en vitrail Art nouveau
    Éléphant du VIIe/VIIIe siècle
    Statue de Ganesha VIIe /VIIIe siècle
    Céramique du XIXe siècle, en réalité pot à bétel
    Verrière en vitrail et rampe en fer forgé

    Là encore, la forme déborde le fond, si je puis m’exprimer ainsi; la forme étant ici le bâtiment, et le fond, les objets exposés. À ce sujet, j’ai remarqué quelques manques sur les verrières, ce qui est regrettable, car leur préservation me paraît présenter un intérêt patrimonial indéniable, d’autant que les ensembles comme celui-ci ne sont peut-être pas légion à Saïgon.

    Église catholique à Saïgon
    Bel hôtel de type colonial
    Église du Sacré-Cœur
    Église du Sacré-Cœur
    Intérieur vue de l’entrée de la nef
    Vue du chœur
    Détail des vitraux

    Décidément, à chaque église son gardien, souvent plus royaliste que le roi. Ainsi, bien que, ou plutôt parce que, nous sommes un dimanche, l’église est interdite à tous, alors même qu’elle est ouverte et que certains y entrent.

    Je vais donc voir le gardien pour en connaître les raisons. Il invoque d’abord la nécessité d’être catholique, ce que je confirme être le mien, puis précise qu’il faut venir prier, ce dont je l’assure également. À bout d’arguments, il me laisse entrer, tout en laissant à la porte tous les autres, croyants ou incroyants, ou tout simplement moins entreprenants. C’est assez singulier qu’un pouvoir, par essence laïque, voire un temps anticlérical, soit plus impitoyable que Jésus avec les marchands du Temple. Mais revenons à notre église d’un rose assez kitsch et dont l’intérieur, haut en couleur, semble neuf ; elle n’en constitue pas moins, avec la poste, l’opéra et l’ancienne mairie, un des fleurons de cette époque coloniale. Une fois de plus, on peut constater la qualité de restauration de tous ces édifices et s’en féliciter, car ils donnent à cette ville un caractère unique.

    Ancienne Résidence de l’évêché
    Maison de type colonial

    Je cherchais en vain l’ancienne résidence de l’évêché, que j’ai finalement trouvée ailleurs que là où mon GPS me la signalait, mais sur ma route, comme une providence ! Cette bâtisse d’époque coloniale est signalée comme ancienne résidence de l’évêché, mais ne se visite pas, semble-t-il. Je ne connais pas sa fonction, mais elle est parfaitement entretenue de même que ses jardins, ce qui est à souligner.

    Chargement de notre avion à Bangkok

    Ainsi se termine ce voyage extraordinaire, qui m’a apporté énormément de plaisir et souvent des moments d’émotion. Je ne pensais pas qu’à une telle distance de l’époque vécue par mon grand-père, je trouverais encore tant de traces vivantes. Vous vous doutez peut-être que j’aurai envie de revenir pour revoir certains lieux, traversés trop vite ou délaissés faute de temps.

    J’espère que mon prisme, comme une antienne ou un leitmotiv, ne vous aura pas trop lassés, et, si c’est le cas, veuillez m’en excuser : c’est le fait de l’histoire de ma famille, histoire vécue et rêvée.

  • Vinh Long – 20 décembre 2025

    Petits poissons au lait de coco caramélisé
    Le temple qui jouxte la guesthouse, ce matin à 6 heures
    Pont à haubans de Can Tho
    Arrivée sur le marché flottant de Can Tho
    Premiers sampans
    Transfert de marchandises, des fruits
    Marchandises en gros
    Autres bateaux de marchandises en gros
    Ramboutans, noix de coco, pomélos
    Transfert de marchandises
    Approvisionnement des touristes
    Citrouilles
    Notre repas nous est apporté d’un bateau flottant
    Ainsi que notre dessert, un ananas
    On pose pour la photo

    Ayant le regret de n’avoir pas vu de marché flottant, je m’en suis ouvert à mon hôtesse qui m’a proposé d’aller avec son mari en bateau et en voiture au marché de Can Tho. Le départ est prévu à 6 heures, aussi suis-je debout à 5 h 15 et fin prêt à l’heure dite. On se contente de traverser le fleuve pour prendre ensuite une voiture qui nous emmène à Can Tho, ville distante de Vinh Long d’environ 40 km. Nous y arrivons à 7 heures, après avoir de nouveau traversé le Mékong par le plus long pont à haubans d’Asie du Sud-Est. Can Tho est la quatrième ville du Vietnam et la plus importante du delta du Mékong. Elle aurait le plus important marché flottant du Vietnam.

    En réalité, j’ai rapidement constaté que cette pratique ancienne était en voie de disparition, et qu’il ne restait plus que des transactions destinées à des grossistes ; la distribution via les routes et grâce aux scooters approvisionne désormais le particulier, qui n’a plus besoin d’aller sur le marché flottant.

    Comme vous le constaterez sur mes photos, on rencontre soit des gros bateaux qui transfèrent des marchandises, soit des bateaux de touristes et des vendeurs de boissons, plats cuisinés et autres souvenirs pour touristes… Je n’aurai pas à regretter d’avoir sacrifié à ce qui désormais appartient au passé.

    Nous avons donc mangé du porc sucré au lait de coco caramélisé avec du riz et des pousses de bambou, pris un café et mangé chacun un demi-ananas frais, avant de faire le chemin inverse et d’arriver à 9 heures à notre guesthouse.

    Le temps de régler mes comptes avec mon hôtesse et de récupérer ma valise, et me voilà juché à l’arrière de la moto de son beau-frère, chargé de me conduire à Cai Be pour visiter les deux demeures d’époque coloniale.

    Heureusement que je continue de me contenter d’une petite valise, car c’est au moins la deuxième fois qu’elle se retrouve sur un scooter, entre les jambes du chauffeur. Elle devient plus difficile à fermer ; bien sûr je n’y ajoute que des bricoles, mais de bricole en bricole… Je prie donc pour que la fermeture éclair, qui la tient fermée, résiste jusqu’au 24 au matin !

    Arrivée du bac ou ferry
    Entrée de la maison historique de Monsieur Kiet
    Pièce principale

    La première demeure ancienne appartient à Monsieur Kiet et est dans sa famille depuis sa construction en 1838. Il est donc abusif de parler de maison d’époque coloniale, puisque la colonisation française date du Second Empire. Elle est tout à fait intéressante, car elle montre à la fois les techniques de construction de l’époque et la qualité de la décoration et des meubles, nombreux et précieux. On remarque ce qu’on avait vu à Hoi An : des panneaux à l’extérieur et peu d’ouvertures, des colonnes sur des pierres, des cloisons intérieures, un autel des ancêtres, des jardins attenants. En outre, de fines colonnes en bois sont placées en haut des murs extérieurs et cloisons, et laissent ainsi circuler l’air sans faire entrer le soleil. Cette technique, commune à cette époque et dans ces pays chauds, est ici l’occasion d’enrichir la décoration avec un goût exquis. Ajoutez à cela des cloisons et alcôves très richement ouvragées et des meubles incrustés de nacre. C’est manifestement la maison d’une personne de qualité, qui a gardé un caractère totalement vietnamien. Il est donc impropre de parler de maison à caractère colonial.

    Cette maison de Monsieur Ba Duc daterait, d’après le Guide du Routard, de 1938 ; il s’agit sans doute d’une coquille, et il faut lire 1838, la maison ayant ensuite été restaurée à l’époque coloniale. Le propriétaire que j’ai interrogé m’a indiqué 1850 ; où se trouve la vérité sur sa date de construction ? Probablement chez le propriétaire. Le précédent m’avait dit qu’il appartenait à la septième génération. En revanche, ce qui est frappant, c’est effectivement l’influence française que l’on remarque dans le vestibule et, d’une façon générale, dans l’utilisation de la pierre, des colonnes corinthiennes, de la couleur jaune.

    L’intérieur est plus conforme aux intérieurs vietnamiens, de même que les meubles, d’ailleurs proches de ceux de l’autre maison.

    La première est beaucoup plus luxueuse et possède un caractère vietnamien plus authentique ; la seconde a réussi un mariage heureux entre la tradition française et celle du Vietnam.

    Vue des meubles de l’îlot central
    Pièce principale
    Vue générale de la pièce de vie
    Niche contenant l’autel des ancêtres
    Enfilade
    Vue des colonnes incrustées de nacre
    Détail de la toiture et de l’aération de la pièce
    Meuble incrusté de nacre
    Vue extérieure de la maison
    Jardin
    Tombe d’un ancêtre assez éloigné
    Entrée de la maison de Monsieur Ba Duc
    Perron après le porche
    Une des trois commodes incrustées de nacre
    Vue du plafond et des colonnes
    Autre vue
    Vue en direction de l’entrée
    Collection de tasses en porcelaine
    Auvent
    Vue de l’autre côté
    Vue du vestibule
    Nouvelle vue de la maison

    Après quelques péripéties, parce que mon chauffeur ne trouvait pas l’arrêt du bus où il devait me conduire, j’ai pu monter « dedans » juste à temps et me voici installé dans mon nouvel hôtel à Saïgon. Je mets la dernière main à mon blog et vais ensuite réfléchir à la façon dont je vais occuper ma dernière journée pleine avant mon départ.

  • Saïgon à Vinh Long – 18 et 19 décembre 2025

    Ferry boat depuis Vinh Long vers ma guesthouse
    Arrivée sur place
    Dîner au bord du Mékong

    J’avais réservé hier une limousine, suivant l’appellation locale, autrement dit un van de 12 places tout confort. Non seulement les sièges sont en cuir, inclinables, mais surtout massants, avec toute une gamme de massages. En revanche, ladite limousine m’a déposé au milieu de nulle part ; heureusement, un moto-taxi m’a repéré et, après moult explications et avec l’aide de ma future hôtesse, a pu me conduire jusqu’au ferry. Une fois de l’autre côté du fleuve et n’ayant pu me mettre d’accord sur le prix d’un nouveau taxi moto, j’ai traîné ma valise pendant un bon kilomètre, jusqu’au bord du fleuve où se trouvait ma guesthouse. J’ai passé une partie de l’après-midi à organiser mes derniers jours au Vietnam, d’autant que les 31 degrés à l’ombre m’ont dissuadé de faire du vélo !

    Pour la journée du lendemain, mon hôte me propose quelques visites sur le Mékong avec son propre bateau, en compagnie d’une famille de quatre personnes et d’un couple de Françaises. Le jour suivant, en prenant un taxi moto, puis un autre ferry, je compte visiter deux maisons d’époque coloniale, puis revenir à Saïgon pour deux jours avant mon départ pour Bangkok le 23 décembre. Une fois mes réservations d’hôtels à Saïgon et Bangkok faites, mon billet d’avion de Saïgon à Bangkok réservé, mon blog de la veille à jour, je m’octroie un moment à la piscine où j’entreprends d’apprendre la brasse à deux petits Vietnamiens. L’eau est à la température d’une baignoire, aussi n’est-il pas nécessaire de prendre des précautions pour y entrer, de même qu’il n’est pas nécessaire de nager pour se réchauffer. Nous verrons que le climat ici est très particulier et tout à fait propice à la culture des arbres fruitiers. D’ailleurs, la chaleur incite plutôt à se mettre au frais aux heures les plus chaudes.

    Fermes piscicoles
    Ferme piscicole
    Idem
    Idem
    Confection de la matière première : sable et terre mélangés
    Réalisation d’une poterie à partir d’un moule
    Finition
    Remplissage de combustible
    Fours de poterie
    Entrée du four
    Balle de riz comme combustible du four
    Réalisations
    Vase orné des neuf bras du Mékong
    Poteries diverses
    Pomélos
    Jacquier et son fruit

    Le lendemain matin, comme convenu, nous partons en bateau de notre guesthouse et passons d’abord devant des fermes piscicoles que nous ne visitons pas. Je ne suis pas sûr que cela présente beaucoup d’intérêt!

    Notre hôte nous conduit ensuite vers une poterie à laquelle on accède par le fleuve. On entre dans un bâtiment très vaste, où nous ne voyons personne de prime abord. Nous sommes devant d’énormes fours en briques, qui utilisent comme combustible la balle de riz. Sur une des photos, se trouve le stock de celle-ci, et sur une autre le remplissage du four. Quant à la matière première, elle est constituée de sable du Mékong à hauteur de 40 % et de terre pour 60 %. Une des photos vous montre cette opération, faite manuellement par une femme et deux hommes : la femme charge le mélangeur de sable à la pelle, quand un des hommes tranche la terre qu’il ajoute à la machine. Le troisième, en permanence le dos fléchi, récupère le mélange dont il fait des tas.

    Ces blocs de terre et de sable mélangés sont ensuite apportés aux hommes, les potiers en quelque sorte, qui remplissent des moules et façonnent les vases. Ils sont accompagnés de dames qui ont en charge d’assurer la finition du vase, notamment en faisant disparaître la ligne de soudure entre les deux parties du moule. Les vases ou objets passent ensuite au four, un par un, et une fois refroidis, sont stockés avant d’être vendus. Cette usine très artisanale exporte 80 % de sa production en Europe, en Australie et aux États-Unis. Le prix de revient d’un pot de 50 cm de haut pour 30 de large environ est de 1,50 $ ! Il faut dire qu’un potier, qui travaille 8 heures par jour pendant sept jours, gagne 12 $ par jour et la femme qui assure la finition 6 $ ! On ne sait pas combien gagnent ceux qui font la tâche la plus ingrate comme la plus pénible ! D’ailleurs mes photos parlent d’elles-mêmes ; surtout quand vous pensez qu’ils ne se reposent jamais.

    Arrivée dans une plantation d’arbres fruitiers
    Fruits confits kumquats et goyaves
    Les goyaves
    L’arbre qui produit les ramboutans
    Ramboutans
    Kumquats

    Nous nous arrêtons ensuite pour goûter des ramboutans, qui ressemblent aux mangoustans, et des longanes. Ce sont tous deux des fruits qui, débarrassés de leur écorce, ressemblent au niveau texture au litchi, mais leur chair, au lieu d’être blanche, est transparente ; tous deux ont un noyau. On pouvait aussi trouver de la pomme étoilée, des kumquats en fruits confits, des jacquiers, des manguiers. Je ne vous parle pas de tous les autres fruits que produit le Vietnam, qui, sous ce rapport, en est un peu le paradis: banane, ananas, fruit du dragon, melon, pastèque, pomélos, noix de coco, durian, etc.

    Réalisation de pop-rice
    Réalisation du pop-rice
    Emballage du caramel à base de sucre et de lait de coco
    Alcool de serpent et de riz
    Ledit serpent

    J’ai oublié de vous parler d’apiculture, car nous nous sommes aussi arrêtés pour voir un apiculteur et goûter son miel en raclant du doigt un rayon ; pour ceux qui n’ont pas eu peur des abeilles, tenues ici en respect par de l’encens, c’est le côté extrême-oriental de cette apiculture. Ce qui est plus original encore, c’est que le climat est tellement propice qu’il n’y a pas de saison et que les abeilles peuvent butiner toute l’année. Il est vrai qu’ici on met le miel à toutes les sauces. Nous avons ainsi dégusté un excellent thé au jasmin, mélangé à du miel, avec une pointe de citron vert, un délice même pour moi, qui, Dieu sait, ne suis pas un grand amateur de thé. Et enfin, last but not least, on nous a proposé de déguster un alcool de riz au serpent, l’équivalent du crapaud dans « Les bronzés font du ski », ma foi délicieux !

    Fabrication du pop-rice
    Fabrication du pop-rice

    Notre prochaine et dernière étape était singulière, puisque nous avons visité une fabrique de pop-rice, autrement dit au riz ce que le pop-corn est au maïs. Comme la photo vous le montre, ce travail est purement artisanal et réclame une très grande poêle, un feu et un ou deux tamis. Car pour augmenter l’intensité du feu, on mélange du sable avec le riz ; il suffit ensuite, une fois le riz soufflé, de le tamiser pour le débarrasser de son sable. Le riz soufflé est ensuite mélangé à une base de lait de coco et de sucre, comme pour faire les caramels dont vous voyez l’emballage fait à la main. Ces deux dames emballent d’abord la friandise dans une fine feuille de riz, qui se mange, puis dans un papier un peu glacé.

    Demain, je serai à Cai Be pour visiter mes maisons d’époque coloniale.

  • Saïgon – 17 décembre 2025

    Des avenues parfois ombragées
    Palais de la Réunification
    Salle du conseil des ministres
    Salle de réception
    Salle de réception du Président
    Salle des cartes
    Hélicoptère du Président
    Vue du Palais
    Signature de l’accord de réunification du 21 novembre 1975

    Au programme de ma journée d’hier, il y avait la visite du Palais de la Réunification et du musée des Vestiges de la guerre, le musée le plus visité de Saïgon.

    Le Palais de la Réunification est connu pour les images montrant les chars défonçant les grilles du Palais le 30 avril 1975, et celle d’un soldat escaladant la façade pour remplacer le drapeau sud-vietnamien par celui, bleu et rouge, du gouvernement révolutionnaire provisoire.

    La visite, en revanche, comme en témoignent les photos, dont j’ai limité le nombre, est plutôt décevante. On nous donne à voir soit des salles vides, comme la salle de réception, soit des salles de conseil, le bureau du président et celui du vice-président, de la femme du président, sa chambre, la salle de bal, le cinéma et autre salle de jeux. Comme toutes ces pièces sont fort ordinaires, il aurait été judicieux de mettre ces lieux en contexte. Je suppose qu’on n’avait pas très envie de parler du Sud-Vietnam…

    Entrée du musée des Vestiges de la Guerre
    Les avions américains
    Les chars vietnamiens
    La photo de la petite fille brûlée au napalm qui a fait le tour du monde
    Bilan humain de la guerre au Vietnam
    Bilan des pertes subies au Nord-Vietnam
    Statue intitulée Mère
    Bilan des volumes de produits chimiques utilisés
    Transport des produits chimiques
    Pulvérisation de défoliants
    Bilan sur trois générations des effets de l’agent Orange
    Ses effets sur les combattants américains et leurs alliés
    Peinture symbolisant la force de la paix et de la réconciliation
    Peinture représentant la destruction
    Peinture représentant les effets de l’agent Orange
    Aide américaine au cours de la guerre franco-vietnamienne
    Intensité des bombardements américains au cours des guerres dont celle du Vietnam
    Char défonçant les grilles du Palais le 30 avril 1975
    Photo de presse de guerre
    Autre photo de presse de guerre
    Jeunes femmes des ethnies du Nord, symbole de paix et de bonheur retrouvé

    Le musée des Vestiges de la guerre, en revanche, vaut vraiment la peine d’être visité, tant il est riche d’informations. Il s’ouvre au rez-de-chaussée par une revue de tous les pays qui ont dénoncé la guerre du Vietnam. On ne sera pas étonné d’y retrouver tous les pays communistes de l’époque, et ils étaient nombreux, avant la chute du rideau de fer : outre tous les pays de l’Est, la Chine, principal soutien du Nord-Vietnam avec l’URSS, sans oublier l’Allemagne de l’Est et tous les autres pays communistes d’Afrique. En France, le Parti communiste soutient également Hô Chi Minh, ainsi que les autres partis communistes d’Europe.

    À ces soutiens « naturels » s’ajoutent ceux, de plus en plus nombreux, d’Américains lassés de cette guerre à outrance, menée par le président Nixon et qui semble sans issue. Mais au-delà de la propagande nécessaire au gouvernement pour conforter son pouvoir, ce musée donne à voir toute l’horreur de cette guerre, qui ne fait pas honneur à l’Amérique et, dans une moindre mesure, à la France.

    Je n’ai pu me résoudre à vous montrer les très nombreuses photos de corps déchiquetés par les bombes, ou brûlés par le napalm. De même, je n’ai photographié aucune de celles montrant des enfants nés difformes ou devenus difformes à la suite de leur exposition aux agents chimiques. Tout ceci est réellement insoutenable et j’en suis sorti hébété et avec un profond dégoût. Je leur ai préféré les bilans chiffrés de ces horreurs ou les peintures, truchements utilisés pour dire l’indicible.

    J’ai voulu terminer sur une image symbolique de la paix et de la réconciliation entre les nombreux peuples qui composent le Vietnam.

    Je suis en route ce matin pour Vinh Long où j’arriverai avant midi. Au programme : les bouches du Mékong, au sud du Vietnam.

  • Dalat à Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville) – 16 décembre 2025

    Dalat à Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville) – 16 décembre 2025

    La cathédrale Notre-Dame
    La cathédrale
    La cathédrale
    La cathédrale
    En affiche
    Idem
    Idem
    Avec un ouvrier sur le toit

    Pour la deuxième fois, mon bus est arrivé une heure trois quarts plus tôt que prévu, soit à 5 h 45 au lieu de 7 h 30 ! Mon hôtel n’ouvrant qu’à 7 h 15, je suis allé prendre un café en attendant. De toute façon, mon hôtesse ne pouvait que garder ma valise jusqu’à 13 heures. J’ai donc mis le cap sur la cathédrale, assez proche de mon hôtel, et ai eu la déception de constater que sa façade est en travaux. J’ai photographié pour vous quelques affiches, afin de vous donner une idée de son architecture. En tout cas, cela démontre que ce gouvernement remet en état la plupart des beaux édifices de l’époque coloniale. Comme j’avais le soleil en plein sur les affiches, les photos ne sont pas très bien cadrées. L’entrée de la cathédrale était impossible le matin, on me propose de revenir l’après-midi. Or, juste à côté de la cathédrale se trouve la poste, un bâtiment construit de 1886 à 1891 dont la charpente métallique est l’œuvre de Gustave Eiffel. C’est un plaisir de voir ce bâtiment, dont les couleurs, le carrelage, les ventilateurs et jusqu’au lustre nous ramènent à cette époque, d’autant qu’il existe encore un service postal à l’intérieur, qui coexiste avec une foule de boutiques souvenirs. Il est vrai qu’aujourd’hui le courrier n’a plus le vent en poupe : il est remplacé par les réseaux sociaux, voire les blogs !

    La poste
    Qui a des allures de gare
    Intérieur de la poste
    Autre vue
    Lustre plutôt Art déco

    De plus en plus séduit par cette belle ville, éloignée du cliché, lu çà et là, d’une ville américanisée ou plutôt « enchinoisée », je trouve au contraire qu’elle a su évoluer tout en mettant en valeur son patrimoine. C’est le cas de la poste, comme de la cathédrale et, nous allons le voir, de beaucoup d’autres bâtiments de l’époque coloniale.

    Parfois, ce qui est comique, c’est que certains bâtiments, qui ont changé d’affectation et sont devenus la propriété de l’État, sont réputés, dans l’esprit des fonctionnaires qui en ont la garde, ne plus faire partie de l’offre touristique et ne pas pouvoir être photographiés. J’avais ainsi repéré un très grand bâtiment de l’époque coloniale ; je m’apprête à suivre d’autres personnes qui entrent dans la cour, quand un gardien m’interpelle sans ménagement et me demande de faire demi-tour. Je m’exécute en râlant un peu et sors mon téléphone pour au moins immortaliser cet ancien palais de justice. À ce moment, mon gardien me montre le panneau qui interdit les photos ; mais le mal était fait, et le voici.

    Ancien Palais de Justice

    Hô Chi Minh, ou plutôt Saïgon, qui porte le nom de la rivière qui la traverse, la Saï Gon, a bien d’autres beaux bâtiments de cette époque, tous magnifiquement mis en valeur. Il en est ainsi de l’Opéra, qui ne se visite pas, sauf à assister à des manifestations pour voir l’intérieur. Aussi n’en verrez-vous que l’extérieur. Ce bâtiment Belle Époque fut inauguré en 1900 et ressemble au Petit Palais à Paris, qui date d’ailleurs de la même année.

    L’opéra, un peu de travers
    L’opéra pris sur le côté
    Enfants vietnamiens en uniforme
    Grand bâtiment d’époque coloniale
    L’hôtel Continental
    Bâtiment qui abrite au rez-de-chaussée la marque Louis Vuitton
    Le Rex

    En partant de l’opéra et en suivant l’avenue Nguyen Hué, les Champs-Élysées de Saïgon, ou en tout cas une avenue majestueuse, on aperçoit l’ancien hôtel de ville, aujourd’hui propriété du gouvernement. On peut le photographier, d’une part parce qu’il est gigantesque et donne sur une place, d’autre part et surtout parce qu’une statue d’Hô Chi Minh trône devant. Aussi les touristes ont-ils pris l’habitude de le photographier, ce qui ne peut déplaire en haut lieu.

    Il a été construit de 1900 à 1908 et décoré par un certain Rufien, qui le dota de plusieurs mascarons et de colonnettes corinthiennes du plus bel effet. La restauration est là aussi remarquable et on ne peut pas s’en plaindre. C’est aujourd’hui le siège du comité populaire de la ville, ce qui est justice.

    L’ancien Hôtel de Ville
    Avec l’oncle Ho
    Les colonnettes
    Les mascarons
    Les mascarons
    Les mascarons

    De là, je me suis rendu au musée de Hô-Chi-Minh-Ville, musée assez varié dans ses centres d’intérêt, mais assez confus dans son organisation et surtout sobre dans ses explications, en particulier pour des personnes éloignées de la culture vietnamienne.

    Mobilier et art vestimentaire
    Des couloirs « dans leur jus »
    Très joli vase
    Une belle échappée du couloir sur un arbre vénérable
    La rue autrefois appelée La Grandière
    L’opéra
    La rivière Saï Gon
    Saï Gon en 1868
    La bataille de Diên Biên Phu
    L’implication des Vietnamiens dans la guerre
    Hommage aux combattants
    Armes et matériels français
    Allégorie de l’élan populaire
    La résistance à l’ennemi
    Carte postale de 1930
    Les pousse-pousse en 1938
    Travail du bois – voir le meuble chez Tiphaine et celui de Cendrieux
    Minox, appareil photo miniaturisé, utilisé par les Viêt-cong
    Pièces de monnaie anciennes
    Billets anciens imprimés par Hô Chi Minh

    Mes photos, nombreuses, vous donnent une idée de la multiplicité des sujets abordés : la géologie, l’art, l’histoire de la ville et surtout du pays, la dimension politique, voire la propagande du régime, qui s’appuie sur l’indépendance gagnée par un peuple supposé unanimement opprimé et révolté.

    J’aurai l’occasion de reparler du sacrifice consenti par ce peuple et de sa résilience, après ma visite du musée consacré aux crimes commis notamment par les Américains au Vietnam. Sans rien enlever à l’horreur de cette période de leur histoire (la visite de ce musée m’a saisi d’effroi), ce ressort sert encore de carburant au régime.

    Comme prévu, je suis revenu en milieu d’après-midi à la cathédrale, mais peu de personnes pouvaient entrer. C’est ce que m’a confirmé une dame ; aussi lui ai-je dit en anglais « messe », ce qui m’a ouvert la porte de la cathédrale. Quand je suis entré, un prêtre et les fidèles disaient des « Je vous salue Marie », sorte de Rosaire à la Vierge Marie, si vous me permettez ce pléonasme. Je suis donc resté ainsi pendant une demi-heure, puis la messe en vietnamien a commencé, devant une assemblée assez importante et plutôt composée de femmes, comme en France, somme toute. Manifestement, peu d’Européens avaient eu cette inspiration, car je me trouvais être l’un des rares dans cette assemblée.

    Les chants, que je n’ai pas voulu enregistrer, de peur de rompre le charme de cette communauté soudée, étaient magnifiques et je ne pouvais m’empêcher de m’y associer par l’intonation. Bien sûr, avant la messe et surtout à la fin, nombreux sont ceux qui ont pris des photos. Comme vous le constaterez, l’intérieur de la cathédrale est d’une grande simplicité, ce qui, peut-être, contribue à la ferveur, tant on ne peut être distrait par la munificence du décor.

    Intérieur de la cathédrale
    Autre vue
    L’entrée de la cathédrale
    Plus près du chœur

    À ma sortie de la cathédrale, il me semble que tous, y compris des personnes arrivées de toutes parts en scooter, attendent un événement qui doit intervenir prochainement. Après m’être renseigné, on me confirme que la façade enveloppée de la cathédrale va être illuminée à 18 h 45. J’attends donc ce moment, dont voici les photos.

    Illumination de la cathédrale
    De trois quarts

    Demain, dans le bus qui me conduira à Vinh Long, dans les bouches du Mékong, je vous ferai le compte rendu de mes visites d’aujourd’hui.

  • Dalat – 15 décembre 2025

    Hier soir de mon hôtel
    Dalat Palace partie nouvelle
    Partie nouvelle
    Salle à manger partie ancienne
    Tableau
    Autre tableau
    Corridor entre salles à manger et salons
    Salle à manger ma casquette sur une table à droite
    Un Caillebotte
    Jolie sculpture époque Art déco
    Salon de musique
    De la salle à manger au salon de musique
    Perspective sur le lac
    Autre perspective, on aperçoit le clocher du lycée Yersin
    Une jolie lampe Art déco
    Salle à manger
    Set de table mémorandum
    L’entrée que j’aurais dû prendre

    Hier soir, je m’étais promis de prendre le petit déjeuner au Dalat Palace, ancien Langbian Palace (1922), qui forme avec son voisin, l’hôtel du Parc (1932), l’ensemble hôtelier par excellence de l’époque coloniale. En suivant Google Maps, je suis arrivé, sans le vouloir, dans la partie nouvelle, alors que je cherchais l’entrée principale. Le personnel était en plein nettoyage, aussi ai-je pu entrer et faire une première photo d’un gigantesque corridor qui menait à je ne sais quelles autres pièces. Étant monté à l’étage, j’ai demandé mon chemin à une femme de service qui faisait les chambres. Nous avons parcouru ensemble les couloirs, sommes sortis de l’hôtel pour rejoindre un autre hôtel en continuation du premier et, après quelques nouvelles déambulations devant salons et salles à manger, sommes parvenus à la réception par laquelle j’aurais dû arriver.

    Là, je demande un petit déjeuner, seul luxe que je consens à m’offrir. Or il est 10 h 05 et, comme partout, il n’est servi que jusqu’à 10 heures.

    On me propose la carte, ce que j’accepte, et on me conduit à la grande salle à manger, où se trouvent déjà quatre jeunes Vietnamiens d’une vingtaine d’années, qui sirotent des boissons et font des photos, ce dont tous les Vietnamiens sont friands.

    Vous l’avez compris, mon objectif est de prendre quelques photos, moi aussi, ce que je fais avec moins d’affectation que ces jeunes, n’ayant pas, comme eux, un avant-plan avantageux. Je me fends d’une entrée et d’une bouteille d’eau, prix de mes photos du fameux palace colonial.

    Autant j’ai été ébloui par la beauté du lieu, de la décoration, des tableaux, sculptures et accessoires, autant la nourriture était commune et mal présentée. J’ai lu dans le Routard, qui décidément est obligé de s’embourgeoiser pour faire son travail, que le petit déjeuner était médiocre. Je me félicite aussi de l’avoir loupé, car comment faire toutes ces photos entre les personnes réunies autour d’un buffet et sans doute agacées par l’importun ?

    Set de table avec l’historique de l’hôtel
    Lustre de la salle à manger
    Entrée principale
    De l’enceinte principale depuis la rue

    Après m’être sustenté pour 525 000 dôngs, pour une entrée contre les 60 000 à 150 000 dôngs habituels, je suis parti à la recherche de la gare, autre construction française fameuse. J’ai malheureusement été presque témoin d’un horrible accident de la circulation. Je dis « presque », parce qu’il s’est produit, alors que je cherchais l’entrée de la gare ferroviaire.

    J’ai brusquement entendu dans mon dos le bruit d’un scooter, ou d’une moto, percutée, un cri et en me retournant il y avait une jeune fille qui cherchait à redresser son scooter et un cyclomoteur, dont la fourche avant était séparée du reste de la machine, preuve de la violence du choc et un jeune homme, sans casque, étendu sur le sol. Il était capable de bouger un bras, mais restait immobile au sol. Je suis resté quelques minutes alors que l’on s’affairait autour de lui, puis ai continué à chercher l’entrée de la gare. Ne la trouvant pas, je rebrousse chemin et retrouve le blessé à terre, sans médecin sur place. Revenu à côté de la gare, dont l’entrée est barrée, je comprends que je dois prendre un billet pour visiter la station. Il n’y a pas de petit profit avec ces régimes communistes. À leur décharge, ils ont bien fait les choses et la gare et ses abords sont bien aménagés. Ils ont également remis en service 10 km de voies ferrées, avec un train et des wagons dans le style de l’Orient-Express, pour les touristes ou Vietnamiens voulant se faire plaisir. Un film explique la genèse de cette aventure du train à Dalat, qui fait une large place aux Français qui en sont à l’origine.

    La gare de Dalat
    De plus près
    Intérieur de la gare
    Autre vue
    Le quai
    Le nouveau train
    Ancien wagon
    Locomotive
    Vue de l’autre côté
    Photo ancienne

    Hier soir, en compulsant mon Guide du Routard, j’avais noté qu’il y avait un autre couvent à Dalat, le Domaine de Marie. Avant de m’y rendre, j’avais au programme deux villas, dont une habitée autrefois par Bao Dai, où je suis allé à pied. Arrivé là-bas, je me vois interdire l’entrée par le gardien, qui m’explique, sans rire, que c’était un hôtel mais non plus pour les touristes : pour le gouvernement. J’ai compris qu’il en était de même de l’autre villa, dont l’entrée était payante sur mon guide 2025/2026. Le guide m’a indiqué que la décision était de cette année. Je n’ai pu m’empêcher de lui rétorquer qu’en France, même si un lieu n’était pas visitable, il pouvait être pris en photo par le peuple…

    Bref, pas avare de mes pas, je suis allé voir le Domaine de Marie, qui consiste en une chapelle et tout un corps de bâtiments autour d’un cloître. Les bâtiments datent de 1945, si j’ai bien compris, et ne sont pas exceptionnels ; en revanche, les jardins et le site sont très beaux. Ayant avisé dans sa cellule une sœur âgée, je lui demande si elle parle français. Elle me répond qu’elle parle un petit peu français aussi je lui explique ce qui m’amène. Elle me confirme qu’il y avait des filles et des garçons, sans que je sache à quelle époque exactement. Le mystère demeure entier ; on pourra néanmoins confronter les photos du Couvent des Oiseaux avec celles que nous avons, si tant est qu’on ait la même vue ! Quant à la sœur, elle m’a pris en amitié et m’a offert un médaillon de la Vierge et une prière en vietnamien. J’ai toujours la Providence avec moi !

    Chapelle
    Intérieur de la chapelle
    Bâtiments conventuels
    Cloître
    Kiosque
    Jardin

    Bien sûr, le musée de la broderie se trouve à 5 km du centre : me voilà reparti à pied, toujours. Je parle ici de musée, ce qui est inexact. Car, si on y trouve certaines pièces anciennes, telles que des vêtements, l’exposition présente surtout des œuvres réalisées au cours de ces dernières années et dont la plupart sont à vendre. Je m’attendais à voir des broderies sur des nappes ou des foulards, or l’essentiel de ce qui est exposé, ce sont des tableaux. Preuve, s’il en est, que la broderie est un art, un grand art. Vous en jugerez par vous-même à travers les photos que j’ai prises. Certaines, présentées comme des paravents, peuvent être contemplées indifféremment d’un côté comme de l’autre, tant le travail est parfait.

    Brigitte aurait adoré ces hérons
    Des fleurs des deux côtés
    Les fondateurs : un an et demi de travail pour quatre brodeuses
    L’impératrice, épouse de Bao Dai
    Une brodeuse en action
    Fleurs
    Poissons
    L’impératrice
    Vêtement ancien brodé
    Brodeuse
    Autre brodeuse
    Autre brodeuse
    Autre brodeuse
    Un cadre enchanteur
    Autre vue du jardin
    Un des lieux de cheminement
    L’art bluffant des ombres portées

    Après ce parcours bucolique entre les broderies, les brodeuses et le cadre champêtre de ce cheminement, j’ai terminé la visite, puis ai refait en sens inverse les 5 km, pour retrouver ma valise et prendre le bus hier soir. Je termine cet article à 1 h 30 du matin et vous dis à demain à Saïgon.

  • Hoi An à Dalat – 14 décembre 2025

    La cathédrale de Dalat
    Vue de 3/4
    Presbytère
    Autre bâtiment religieux
    Le lac et le clocher du lycée Yersin au loin
    Villas
    Autre villa

    Après une nuit passée dans le bus-couchettes, je suis arrivé à Dalat à 7 heures, dans une atmosphère fraîche, puisque la température n’est que de 15 degrés. Il est vrai que nous sommes à 1 500 mètres d’altitude, et l’on y trouve des pins. On se croirait dans une station de montagne, s’il n’y avait pas autant de scooters dans tous les sens, comme dans toutes les villes du Vietnam. Dalat a été créée par la France pour permettre à ses ressortissants d’avoir un lieu où respirer un air pur et surtout plus frais. La « station » intéresse plus particulièrement les habitants de Saïgon, aujourd’hui Hô-Chi-Minh-Ville, qui n’en sont distants que de 324 km.

    Aujourd’hui, au plus fort de la journée, le thermomètre a affiché 20 degrés et demain nous aurons 21 degrés. J’ai même croisé un Vietnamien qui portait un manteau fourré, quand j’étais en tee-shirt ! Après avoir trouvé difficilement mon hôtel, en suivant Google qui s’efforçait de me faire prendre la moindre ruelle, je me suis d’abord rendu à la cathédrale. Comme le lac, la cathédrale est une construction récente, puisque celle que nous voyons en photo a été construite au début des années 30. Elle est donc contemporaine du lycée Yersin, qui ne portait pas encore ce nom et qui, d’après une archive, serait de 1927. Le Guide du Routard parle de 1935 ; or, d’après une lettre d’avril 1935, ma grand-mère, venue voir ses enfants pendant les vacances de Pâques, parle du lycée. Elle n’évoque pas des travaux qui seraient en cours, ce qui aurait constitué un événement, bien sûr. Elle partage d’ailleurs, avec une autre dame et ses deux enfants, une de ces villas qui accueillent les Français en vacances pour se ressourcer.

    Je n’en ai pas vu tant que cela et j’ai surtout eu de grandes difficultés pour dater leur construction. Les Vietnamiens sont très habiles pour copier le style de cette époque et font du vrai-faux.

    Arrivé sur place, j’ai eu des doutes quant aux bâtiments qui subsistent de l’ex-lycée, aujourd’hui École Normale Supérieure. D’après le Routard, il a été entièrement restauré avec des fonds français. Je vais essayer de vous mettre en ligne l’article sur son histoire, dans lequel figurent des photos d’époque, et vous serez surpris de son modernisme. Les travaux sont encore en cours et je suppose que tous les bâtiments alentour, de couleur jaune, datent aussi de cette époque. En tout cas, pour moi, c’était une satisfaction d’arriver pile à cette époque de restitution d’un ouvrage emblématique de l’époque coloniale française.

    La tour
    Le bâtiment dans son ensemble
    Le petit fronton très années 30
    Un des bâtiments annexes
    Les préaux
    Une vue élargie
    La statue de Yersin

    Après cette bonne lancée, je voulais vérifier mon intuition que l’école tenue par les sœurs, dont nous parlait mon père et dans laquelle il était le seul garçon, était le Couvent des Oiseaux. Ce couvent, qui accueille toujours des jeunes et dont la façade a bonne allure, est moins reluisant derrière et sur le côté. Des adjonctions de moindre qualité y ont été faites, qui ont mal résisté au temps. J’ai demandé à ma cousine Catherine, qui relie pour moi les lettres et relations des uns et des autres, et elle m’a confirmé que mon père, comme sa sœur, avait fait sa septième (le CM2 d’aujourd’hui), dans une institution religieuse, à 4 km du lycée Yersin. Or le Couvent des Oiseaux se trouve justement à 4 km du lycée, de l’autre côté de la ville ; il s’agit donc a priori du bon endroit.

    Belle villa vue en passant
    Autre villa
    Plus ancienne
    Nous sommes à Dalat
    Le Couvent des Oiseaux
    Son fronton et son nom
    Développement du bâtiment à droite
    À gauche
    Détail
    Belle villa
    Autre villa

    Pour terminer cette journée en beauté, je me suis dirigé vers le palais de Bao Dai, dernier empereur du Vietnam, qui abdiqua en 1945 entre les mains de Hô Chi Minh, avant de revenir en 1949 comme chef de l’État du Vietnam, soutenu par les Français puis par les Américains, jusqu’à sa destitution en 1955. Grand admirateur de la culture française, il avait souhaité se faire construire un palais de son époque : celle de l’Art déco.

    Le Palais de Bao Dai

    On est frappé, en arrivant, par la ressemblance entre ce palais et la villa Cavrois que l’on peut admirer près de Lille. Il me semble que celle-ci, qui n’est pas un palais, est plus grande, mais surtout que les finitions sont plus soignées et les meubles de plus grande qualité. À ceci près, les deux ensembles ont en commun la période Art déco, la disposition des pièces et le jeu des niveaux, qui sont multipliés et que l’on peut embrasser d’un coup d’œil, les grandes verrières, l’harmonie entre les pièces, les matériaux et les meubles. L’architecte, ou plutôt les architectes, ont tout créé. La présence d’un architecte vietnamien différencie justement cette œuvre de celle de la villa Cavrois, due à Robert Mallet-Stevens. Cette différence se fait également sentir dans la façon dont ont été traités les jardins. Enfin, le palais Bao Dai est sur une éminence, il possède donc aussi une vue spécifique : celle de Dalat.

    Salon
    Table de réception ou de réunion
    Meuble parchemin
    Autre salon
    Vue du jardin
    Salon d’angle privé avec hamacs
    Chambre
    Vue du Palais

    Demain, je continue mes visites de Dalat avant de prendre un bus de nuit pour Saïgon (Hô-Chi-Minh-Ville).

  • Hoi An – 12 et 13 décembre 2025

    Hoi An – 12 et 13 décembre 2025

    Le pont couvert japonais
    Photo du pont au début du XXe siècle
    Photo prise du pont couvert japonais
    La Maison de Phung Hung
    Autre vue
    Autre vue
    Fenêtre donnant sur l’extérieur
    Vue sur le pont japonais
    Galerie à l’étage
    La maison-chapelle Tran
    Autre vue
    Collection de porcelaines
    Porcelaines
    Porcelaines
    Vieille maison de Quan Thang
    Charpente
    Piliers et cloisons
    Panneaux en bois ouvragés
    Meuble vietnamien avec incrustations de nacre
    Nappe brodée soie sur coton
    Vue en perspective

    L’expérience d’hier m’avait appris qu’il y avait foule l’après-midi, aussi me suis-je préparé tôt ce matin pour profiter de visites plus sereines. Effectivement, j’ai pu passer tranquillement le pont japonais, sans être happé par une foule de touristes, et lire tranquillement les explications, sans impatienter mes voisins. J’ai appris, sans surprise, que le pont japonais avait été construit, dès leur arrivée au début du XVIIe siècle, par des Japonais de Nagasaki soucieux de favoriser le commerce d’une rive à l’autre du canal et, plus généralement, entre les quartiers. Les relations commerciales entre Nagasaki et Hoi An, à en juger par les commémorations régulières entre les deux villes, n’ont pas cessé depuis.

    J’ai visité ensuite successivement trois maisons anciennes vietnamiennes, la première, Phung Hung, se trouvant tout près du pont japonais, comme vous pourrez le constater sur les photos. Elle a été construite en 1780 et se trouve toujours dans la même famille. Elle repose sur 80 piliers en bois, placés eux-mêmes sur des blocs de marbre, afin d’empêcher les poutres de pourrir au moment où l’eau monte. Cela s’est encore produit une dizaine de jours avant ma venue. Il est à noter que cette maison, comme les autres d’ailleurs, est tout en longueur : les ouvertures se trouvent aux extrémités, et encore ne sont-elles pas toujours franches. Ainsi, à l’étage de cette maison, une galerie permet de prendre le frais ; mais sitôt que la chaleur monte, on peut fermer les cloisons en bois qui séparent la chambre de la galerie, et les seules ouvertures sont des damiers en bois, ou de fines colonnettes serrées.

    La seconde maison que j’ai visitée, dite la maison-chapelle Tran, était totalement dans la pénombre quand j’y suis entré. Elle s’ouvre sur une partie transformée en chapelle, où sont pieusement conservées les urnes des ancêtres; les pièces suivantes contiennent des vitrines qui renferment des collections de porcelaines, accumulées par la famille au fil du temps. Une très belle collection numismatique suit; puis des objets de qualité artisanale sont à la vente pour les touristes : boîtes de toutes sortes, porte-encens, baguettes, etc. Les pièces de porcelaine ancienne ne sont pas à vendre, toutefois les pièces de monnaie, si. J’ai cassé ma tirelire pour une très belle piastre de commerce de 27 g en argent de 1903 ; vous devinez pourquoi ? La salle qui renferme les collections de la famille s’ouvre sur un jardinet qui apporte de la fraîcheur à la maison.

    La dernière maison, dite de Quan Thang, construite par un marchand chinois à la fin du XVIIe siècle, est un mélange architectural chinois, japonais et vietnamien. On retrouve le même style de charpente et de piliers en bois, reposant sur des pierres ; en revanche, les panneaux ou cloisons en bois, comme vous pouvez le constater sur les photos, sont finement ouvragés et font tout l’intérêt de cette visite. Comme dans l’autre maison, des articles sont à vendre et, à défaut d’en acheter, faute de place, je vous ai photographié une magnifique nappe brodée à la main, en soie sur coton. Je me souviens que ma grand-mère faisait travailler les Annamites ; du reste, nous en avons un très bel exemple à la maison, avec une magnifique nappe que nous sortons pour les grandes occasions. À l’époque, les nappes étaient blanches ; ici, les broderies sont en couleur.

    La photo fétiche de RÉHAHN photographe français
    Jupe H’MONG
    Une femme BOY
    Les XTIENG à gauche et CHO RO à droite
    Les GIE TRIENG
    Les XO DANG
    Les CO TU

    J’ai voulu garder le meilleur pour la fin, la visite d’un musée gratuit appelé Precious Heritage. C’est en effet une démarche tout à fait étonnante de la part d’un photographe français qui, depuis une quinzaine d’années, s’est mis en tête de rencontrer et de photographier les peuples appartenant aux 54 ethnies, officiellement recensées sur le territoire vietnamien. Certaines sont très nombreuses, d’autres, principalement dans l’extrême nord du Vietnam, sont très rares. Évidemment, ce qui est encore plus rare, c’est que ces peuples rencontrés portent encore leur costume traditionnel. Pour réussir cette entreprise, il a fallu circuler à moto afin de passer dans les endroits les plus reculés, sur des chemins ravinés, très pentus et par tous les temps. Parfois, seule une personne était encore capable de réaliser les costumes traditionnels, ou avait accepté de vendre un ancien costume pour le musée. Ce musée, qui se trouve dans une ancienne maison coloniale française, est donc un endroit unique ; les photos sont belles parce qu’on y ressent la fierté de ces femmes et de ces hommes, mais aussi une grande humanité. Un livre rassemble leurs portraits dans leur costume traditionnel ; vous pourrez le consulter dans ma bibliothèque.

    Je termine par quelques photos de maisons de l’époque coloniale, prises dans le même quartier.

    Demain matin, je serai à Dalat où mon père et sa sœur sont allés à l’école chez les sœurs.

    Un premier exemple
    Tout un groupe de maisons
    Un autre groupe
    Idem
    Début du XXe siècle ?
    En plus grand
  • Hué à Hoi An – 12 décembre 2025

    Hué à Hoi An – 12 décembre 2025

    Maison coloniale transformée en musée d’art moderne à Hué
    Le pont couvert de Thanh Toan
    Pris depuis le marché
    Le marché
    Ostréiculteurs
    Ancien fort du col des Nuages (Hai Van)
    Vue du haut de l’édifice

    Plutôt que de prendre un bus classique, sur la recommandation de mon hôtesse et au même prix, j’ai pris un bus touristique pour aller de Hué à Hoi An, en passant par Da Nang. Certes, cela rallonge la durée du trajet, à cause des arrêts pour visiter les lieux touristiques, mais, compte tenu de la faible distance entre ces deux villes, c’était tout à fait opportun. Nous avions de surcroît un guide anglophone pour les quatre arrêts prévus sur notre parcours. Nous nous sommes arrêtés en premier lieu à Thanh Toan, petit village proche de Hué, où nous avons pu admirer un très joli pont couvert de la fin du XVIIIe siècle. Quand vous découvrirez les photos, vous apprécierez sans doute cette photo très romantique, prise depuis le marché. Le marché est d’ailleurs la raison pour laquelle ce pont a été construit : il permet en effet aux habitants des deux côtés de la rivière de s’y rendre, sans faire un très long détour.

    Notre prochaine halte était à Lang Co, petit village de pêcheurs, mais surtout d’ostréiculteurs, où j’ai dégusté pour la première fois des huîtres fraîches délicieuses. Nous nous sommes arrêtés ensuite, surtout pour contempler la vue depuis un édifice militaire, l’ancien fort du col des Nuages (Hai Van), très remanié tant par les Français que par les Vietnamiens.

    Reprenant notre route, nous avons atteint Da Nang, importante ville du centre du Vietnam, qui se trouve au bord de la mer, ce qui en fait une ville touristique de premier plan. Nous avons longé la côte pendant plusieurs kilomètres et j’ai pu constater le nombre impressionnant de grands hôtels, tous d’une taille gigantesque, qui se succèdent le long de la mer. Je ne regrette donc pas d’avoir évité Da Nang pour réserver une chambre à Hoi An, petite commune très touristique au demeurant.

    Pagode Tam Thai
    Autre vue du site
    Lieux de dévotion
    Grotte
    Point de vue du haut du rocher
    Point de vue des montagnes de Marbre

    À environ 10 kilomètres au sud de Da Nang, sur la route de Hoi An, se trouve un ensemble de cinq collines qui surplombent la plaine et d’où l’on peut admirer la ville de Da Nang, les monts et la rivière Han. C’est à cet endroit qu’est extrait un très beau marbre blanc, qui a servi notamment à l’édification du mausolée de Hô Chi Minh. On y visite la pagode Tam Thai, les grottes Hoa Nghiem, Huyen Khong, Tang Chon et Champa. Les abords sont parsemés de statues de bouddhas. Les plus courageux, dont je suis, partent à l’assaut du sommet pour jouir de la vue.

    Arrivé à mon hôtel, j’ai été un peu refroidi par la foule compacte de touristes qui, comme moi, a évité Da Nang pour savourer paisiblement le charme de cette petite bourgade.

    Rue de Hoi An
    Vendeuse ayant remplacé le fléau par la bicyclette
    Le pont japonais
    Entrée du temple Phuc Kien
    Le temple Phuc Kien
    Intérieur du temple
    Lanternes
    Autres lanternes
    Dernier exemple

    Je vous parlerai plus longuement de Hoi An demain, car j’ai pensé que, vers 8 heures du matin, il y aurait moins de monde dans les rues et points d’intérêt. C’est pourquoi je ne vous ai illustré que le pont japonais, véritable avaloir de touristes, et le temple Phuc Kien. Ce temple, bâti en 1757, était le lieu de réunion des familles venues du Fujian, une province du sud-est de la Chine.

    J’oubliais de vous dire qu’outre la cuisine, puisque nous sommes dans l’Annam, une des spécialités de cette région est la fabrication de lanternes de toutes les couleurs. Ma sœur, comme mes enfants, se rappellera sans doute les lanternes rouge et or qui ornaient la galerie de mes parents.

    Demain, je poursuivrai ma visite de Hoi An, avant de partir en bus de nuit vers Dalat.

  • Hué – 9 au 11 décembre 2025

    Hué – 9 au 11 décembre 2025

    Le pont Paul Doumer (aujourd’hui Long Biên) à Hanoï
    Entrée de la Citadelle d’Hué
    Porte principale
    Palais impérial
    Les neuf urnes dynastiques
    Jardins
    Le Palais de Kien Trung
    Vue du Palais de Kien Trung
    Salle de réception du Palais de Kien Trung
    Cabinet avec porcelaines de Hué
    La porte Chuong Duc

    Tout d’abord, je vous dois des explications, car depuis avant-hier certaines photos ne se sont pas chargées et hier il n’y en avait aucune. C’est tout simplement que mon blog a atteint sa capacité de stockage maximale ! Deux possibilités s’offrent à moi : soit en augmenter la capacité, soit supprimer le voyage à Compostelle. Pour le moment, aussi singulier que cela paraisse, je ne parviens pas à obtenir, même en payant, l’augmentation de la capacité de stockage. Quant à la deuxième hypothèse, vous imaginez bien qu’avant de la mettre à exécution, je souhaite pouvoir conserver mon premier voyage. Aussi ai-je fait appel à un de mes enfants, et, pour être précis, à un de mes gendres, pour faire cette manipulation, hors de mes compétences.

    C’est pourquoi il ne vous reste, en attendant, que ma prose dépourvue de ses ornements !

    Pour faire pendant à la Citadelle d’Hanoï, quittée par son empereur en 1806 pour Hué, je me suis rendu à la Cité impériale de Hué, principale attraction de la ville. Elle occupe en effet un espace de 35 hectares et comprend de très nombreux bâtiments, destinés à tous les membres de la famille impériale et à leur entourage. Autant la Citadelle d’Hanoï est constituée essentiellement de bâtiments coloniaux, destinés à l’époque aux soldats, comme le confirme mon grand-père dans une lettre de 1902, si on excepte les portes et le palais des dames, reconstruit par les Français, autant la Cité Impériale de Hué est constituée d’un ensemble de palais, pagodes ou bâtiments civils, construits principalement au XIXe siècle et très bien restaurés à la suite des destructions dues aux guerres contre la France et les États-Unis.

    C’est donc un ensemble architectural, d’une richesse inouïe, dont il est difficile de faire le tour en une seule journée. Ainsi y ai-je personnellement passé cinq heures, sous la pluie, n’ayant pas dormi la veille dans mon bus, sans parvenir à en faire le tour, d’autant que la visite prend parfois la tournure d’un labyrinthe, tant il faut aller de droite et de gauche pour sortir d’un endroit et se rendre dans un autre. Je vous ai illustré ma visite par quelques photos, sachant que celles-ci sont interdites dans certains lieux, les plus beaux, bien sûr.

    Je m’aperçois que j’ai omis de vous parler de mon voyage en bus de nuit d’Hanoï à Hué. Nous sommes partis, comme prévu, vers 18 h, après avoir été transférés de nos hôtels respectifs par quelques taxis. En général, le bus fait un arrêt pour permettre à chacun de manger ou de s’acheter des victuailles, de passer aux toilettes, etc. C’est ce qui se passe cette fois-ci encore et nous nous arrêtons vers 20 heures. Je fais donc tranquillement mes emplettes, après être allé aux toilettes, et monte dans le bus. Je cherche en vain ma couchette et finis par en redescendre, me disant que ce doit être un autre. C’est d’ailleurs possible, car celui-ci va à Da Nang et l’autre à Hué. Da Nang est la destination suivante, et je me souvenais pourtant que mon bus affichait celle-ci et non Hué. Je monte néanmoins dans le bus pour Hué, mais celui-ci a trois couchettes superposées dans sa largeur, quand le mien n’en avait que deux. Je redescends, de plus en plus inquiet, et, voyant des bus garés plus loin, je me dis que le mien a peut-être changé de place. Las, aucun bus ne correspond à ma destination ; je dois me rendre à l’évidence, le mien est parti sans moi ! J’interroge, comme je peux, les chauffeurs qui me demandent le nom du bus ou mon ticket. Le nom du bus, je n’en ai aucun souvenir; quant au ticket, je n’en ai pas. Quand on prend son billet dans un hôtel, tout se passe par téléphone et l’on est pris en charge de bout en bout. J’oubliais aussi de vous dire que les chauffeurs ont des listes et qu’ils demandent aux passagers de mettre leur nom sur une feuille; or, bien sûr, je ne figure sur aucune de celles des bus encore présents sur le parking. Le chauffeur, qui s’était intéressé à mon cas, me demande le nom de mon hôtel, puis, après avoir téléphoné, il me fait asseoir en me disant qu’il a fait le nécessaire. Je dois dire que, déjà passablement malade et affaibli, je me suis senti vieux pour un instant.

    Après avoir attendu environ un quart d’heure, je fais quelques mètres et trouve un bus garé le long de la route; c’était le mien, dont on avait prévenu le chauffeur qu’il avait oublié un passager. J’avoue que bien que toujours malade, j’étais grandement soulagé de faire encore les dix heures de bus restantes…

    D’ailleurs, au lieu d’arriver à 8 heures, comme annoncé, nous sommes arrivés à 6 heures et j’ai dû patienter dans un café avant l’ouverture.

    Revenons à notre Cité Impériale, qui couvre la période allant de 1806, date du transfert de la capitale depuis Hanoï, jusqu’à la fin de l’Empire, en 1945, quand le dernier empereur abdique entre les mains de la République actuelle. Pendant cette période, il faut distinguer les années antérieures au Protectorat, soit de 1806 aux années 1860-1870, où le pouvoir est entre les mains de l’Empereur, de celles qui suivent, où le pouvoir est entre celles du Gouverneur de l’Indochine, Paul Doumer par exemple pour le début du XXe siècle. À cette époque, on peut considérer que l’Empereur est une sorte de chef religieux, son pouvoir étant, comme celui des rois de France, d’essence divine. La situation est d’ailleurs la même au Cambodge ou au Laos. J’ajoute que la division du Vietnam en trois régions, sous protectorat français, affaiblit encore l’autorité de l’Empereur qui réside en Annam.

    La Cité Impériale présente de nombreux lieux, qui rythment la vie de la cour impériale et qui abritent l’Empereur, sa mère, sa grand-mère, ses nombreuses concubines et son personnel. Le nombre de concubines de l’Empereur est très important et suit une hiérarchie précise. Curieusement, un Empereur peut être l’enfant d’une sixième concubine, laquelle, de concubine, devient reine mère, puis reine grand-mère.

    L’art de manger des nems
    L’art de manger des nems
    En direction de la Pagode de Thien Mu
    Pagode de Thien Mu
    Temple et Bouddhas
    Vue des jardins

    Après cette visite humide de la Cité Impériale et une bonne nuit réparatrice de dix heures, je suis parti à pied en direction de la pagode de Thiên Mu, distante de près de 7 km. Comme vous le montreront les photos, je me suis arrêté manger des nems, que l’on roule dans une très fine galette de riz, après avoir joint au nem frit de la salade, des carottes, des concombres, etc. Il suffit ensuite de rouler le tout et de tremper l’ensemble dans une sauce, assez douce, à base de nuoc-mâm.

    Alors que je n’étais plus qu’à moins de 3 km de ma destination, je suis hélé par une dame depuis une pirogue, qui me propose de m’y conduire. J’accepte et, au bout d’un quart d’heure, j’accoste devant ma pagode.

    Celle-ci, dite aussi Pagode de la Dame Céleste, a été fondée en 1601, et sa tour octogonale à 7 étages représente les 7 réincarnations de Bouddha. Le temple, du milieu du XIXe siècle, renferme plusieurs bouddhas, tous différents. Enfin, un jardin, qui renferme de nombreuses essences d’arbres, prolonge l’ensemble.

    Dédaignant le bateau, je reviens en ville à pied en suivant le bord de la rivière, dite des Parfums.

    Ce soir, je vous raconterai mon voyage touristique en bus de Hué à Hoi An.