

















Hier soir je m’étais promis de prendre le petit déjeuner au Dalat Palace, qui n’est autre que l’hôtel du Parc à Dalat, construit en 1932, le grand hôtel par excellence de cette époque coloniale. Suivant Google map, je suis parvenu, sans le vouloir, dans la partie nouvelle et en en cherchant l’entrée principale. Le personnel était en plein nettoyage, aussi ai-je pu entrer et faire une première photo d’un gigantesque corridor qui menait à je ne sais quelles autres pièces. Étant monté à l’étage, j’ai demandé mon chemin à une femme de service qui faisait les chambres. Nous avons parcouru ensemble les couloirs, sommes sortis de l’hôtel pour rejoindre un autre hôtel en continuation du premier et après quelques nouvelles déambulations devant salons et salles à manger, sommes parvenus à la réception par laquelle j’aurais dû arriver.
Là je demande un petit déjeuner, seul luxe que je consentais à m’offrir. Or il se trouve qu’il était 10h5 et que, comme partout, ils ne sont servis que jusqu’à 10 heures.
On me propose la carte, ce qu’ayant accepté, on me conduit à la grande salle à manger où se trouvent déjà quatre jeunes vietnamiens d’une vingtaine d’années qui sirotent des boissons et font des photos; ce dont tous les vietnamiens sont friands.
Vous l’avez compris mon objectif est de faire quelques photos moi aussi; ce que je fais avec moins d’affectation que ces jeunes, n’ayant pas, comme eux, un avant plan avantageux. Je me fends d’une entrée et d’une bouteille d’eau, prix de mes photos du fameux palace colonial.
Autant j’ai été ébloui par la beauté du lieu, de la décoration, des tableaux, sculptures et accessoires; autant la nourriture était commune et mal présentée. J’ai lu dans le Routard, qui décidément est obligé de s’embourgeoiser pour faire son travail, que le petit déjeuner était médiocre. Je me félicite aussi de l’avoir loupé, car comment faire toutes ces photos entre les personnes réunies autour d’un buffet et sans doute agacées par l’importun.




Après m’être sustenté pour 525000 Dongs, pour une entrée contre les 60 à 150000 dongs habituels, je suis parti à la recherche de la gare, autre construction française fameuse. J’ai malheureusement été presque témoin d’un horrible accident de la circulation. Je dis presque, parce qu’il s’est produit, alors que je cherchais l’entrée de la gare ferroviaire.
J’ai brusquement entendu dans mon dos le bruit d’un scooter ou d’une moto percutée, un cri et en me retournant il y avait une jeune fille qui cherchait à redresser son scooter et un cyclomoteur dont la fourche avant était séparée du reste de la machine, preuve de la violence du choc et un jeune homme, sans casque étendu sur le sol. Il était capable de bouger un bras, mais restait immobile au sol. Je suis resté quelques minutes alors que l’on s’affairait autour de lui, puis ai continué à chercher l’entrée de la gare. Ne la trouvant pas, je rebrousse chemin et retrouve le blessé à terre, sans médecin sur place. Revenu à côté de la gare, dont l’entrée est barrée, je comprends que je dois prendre un billet pour visiter la station. Il n’y a pas de petit profit dans ces régimes communistes. À leur décharge, ils ont bien fait les choses et la gare et les abords sont bien aménagés. Ils ont également remis en service 10 km de voies ferrées. avec un train et des wagons dans le style de l’orient express, pour les touristes ou vietnamiens voulant se faire plaisir. Un film explique la genèse de cette aventure du train à Dalat, qui fait une large place aux français qui en sont à l’origine.










Hier soir, en compulsant mon guide du Routard, j’avais noté qu’il y avait un autre couvent à Dalat, le Domaine de Marie. Avant de m’y rendre j’avais au programme deux villas dont une habitée autrefois par Bāo Dai et m’y suis rendu à pied. Arrivé la-bas le gardien m’en interdit l’entrée en m’expliquant, sans rire, que c’était un hôtel mais plus pour les touristes, mais pour le gouvernement. J’ai compris qu’il en était de même de l’autre villa, dont l’entrée était payante sur mon guide 2025/2026. Le guide m’a indiqué que la décision était de cette année. Je n’ai pu m’empêcher de lui rétorquer qu’en France, même si un lieu n’était pas visitable, il pouvait être pris en photo par le peuple…
Bref, pas avare de mes pas je suis allé voir le Domaine de Marie qui consiste en une chapelle et tout un corps de bâtiments autour d’un cloître. Les bâtiments datent de 1945, si j’ai bien compris et ne sont pas exceptionnels; en revanche les jardins et le site sont très beaux. Ayant avisé dans sa cellule une sœur âgée, je lui demande si elle parle français. Elle me répond qu’elle parle un petit peu français aussi je lui explique ce qui m’amène. Elle me confirme qu’il y avait des filles et des garçons, sans que je sache à quelle époque exactement. Le mystère demeure entier; on pourra néanmoins confronter les photos du Couvert des Oiseaux avec celles que nous avons; si tant est qu’on ait la même vue! De mon côté, la sœur m’a pris en amitié et m’a offert un médaillon de la Vierge et une prière en vietnamien. J’ai toujours la Providence avec moi!






Bien sûr le musée de la broderie se trouve à 5 km du centre, me voila reparti à pied toujours. Je parle ici de musée, ce qui est inexact. Car si on y trouve certaines pièces anciennes, tels que des vêtements anciens; l’exposition présente surtout des œuvres réalisées au cours de ces dernières années et dont la plupart sont à vendre. Je m’attendais à voir des broderies sur des nappes ou des foulards, or l’essentiel de ce qui est exposé ce sont des tableaux. Preuve s’il en est que la broderie est un art, un grand art. Vous en jugerez par vous-même à travers les photos que j’ai prises. Certaines qui sont présentées comme un écran, peuvent être contemplées indifféremment d’un côté comme de l’autre, tant le travail est parfait.
















Après ce cheminement bucolique entre les broderies, les brodeuses et le cadre champêtre de ce cheminement proposé; j’ai terminé la visite, puis ai refait en sens inverse les 5 km, pour retrouver ma valise et prendre le bus hier soir. Je termine cet article à 1h30 du matin et vous dis à demain à Saïgon.
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