






Après une nuit passée dans le bus couchettes, je suis arrivé à Dalat à 7 heures dans une atmosphère fraîche, puisque la température n’est que de 15 degrés. Il est vrai que nous sommes à 1500 mètres d’altitude et on y trouve des pins. Une vrai ambiance de station d’altitude. s’il n’y avait autant de scooters dans tous les sens, comme dans toutes les villes du Vietnam. Dalat a été créée par la France pour permettre à ses ressortissants d’avoir un lieu pour respirer un air pur et surtout plus frais. La « station » intéresse plus particulièrement les habitants de Saïgon, aujourd’hui Ho-Chi-Minh, qui n’en sont distants que de 324 km.
Aujourd’hui, au plus fort de la journée, le thermomètre a affiché 20 degrés et demain nous aurons 21 degrés. J’ai même croisé un vietnamien qui portait un manteau fourré, quand j’étais en teeshirt! Après avoir trouvé difficilement mon hôtel en suivant Google qui s’efforçait de me faire prendre la moindre ruelle, je me suis d’abord rendu à la cathédrale. Comme le lac, la cathédrale est une construction récente, puisque celle que nous voyons en photo a été construite au début des années 30. Elle est donc contemporaine du lycée Yersin, qui ne portait pas encore ce nom et qui d’après une archive serait de 1927. Le guide du Routard parle de 1935; or d’après une lettre d’avril 1935, ma grand-mère, venue voir ses enfants pendant les vacances de Pâques, parle du lycée. Elle n’évoque pas des travaux qui seraient en cours, ce qui aurait constitué un événement bien sûr. Elle partage d’ailleurs avec une autre dame et ses deux enfants, une de ces villas qui accueillent les français en vacances pour se ressourcer.
Je n’en ai pas vu tant que cela et ai surtout de grandes difficultés pour dater leur construction. Les vietnamiens sont très habiles pour copier le style de cette époque et font du vrai faux.
Arrivé sur place, j’ai eu des doutes quant aux bâtiments qui subsistent de l’ex lycée, aujourd’hui École Normale Supérieure. D’après le Routard il a été entièrement restauré avec des fonds français. Je vais essayer de vous mettre en ligne l’article sur son histoire, dans lequel figurent des photos d’époque et vous serez surpris de son modernisme. Les travaux sont encore en cours et je suppose que tous les bâtiments autour, de couleur jaune, sont aussi contemporains. En tout cas pour moi c’était une satisfaction d’arriver pile à cette époque de restitution d’un ouvrage emblématique de l’époque coloniale française.







Après cette bonne lancée, je voulais vérifier mon intuition que l’école tenue par les sœurs, dont nous parlait mon père et dans laquelle il était quasiment le seul garçon, était le couvent des oiseaux. Ce couvent des oiseaux, qui accueille toujours des jeunes et qui sur sa façade a bonne allure; mais est moins reluisant derrière et sur le côté. Des adjonctions ont été faites, d’une qualité moindre et qui ont mal résisté au temps. J’ai demandé à ma cousine Catherine, qui relie pour moi les lettres et relations des uns et des autres et elle m’a confirmé que mon père, comme sa sœur, ont fait leur 7ème (le CM2 d’aujourd’hui), dans une institution religieuse, à 4 km du lycée Yersin. Or le couvent des oiseaux se trouve à 4 km et à l’opposé; il s’agit donc du bon endroit.











Pour terminer cette journée en beauté, je me suis dirigé vers le palais de Bāo Dai, dernier Empereur d’Indochine; qui avait été soutenu par les français, puis les américains, avant d’être contraint d’abdiquer entre les mains de la république communiste de Ho-Chi-Minh. Grand admirateur de la culture française, il avait souhaité se faire construire un palais de son époque: celle de l’Art déco.

On est frappé en arrivant par la ressemblance entre ce Palais et la villa Cravois que l’on peut admirer près de Lille. Il me semble que celle-ci, qui n’est pas un palais, est plus grande; mais surtout que les finitions sont plus soignées et les meubles de plus grande qualité. À ceci près, les deux ensembles ont en commun, la période art déco, la disposition des pièces et le jeu des niveaux, qui sont multipliés et que l’on peut embrasser d’un coup d’œil; les grandes verrières, l’harmonie entre les pièces, les matériaux et les meubles. L’architecte, ou plutôt les architectes ont tout créé. La présence d’un architecte vietnamien différencie justement cette œuvre de celle de la villa Cravois par Robert Mallet-Stevens. Cette différence se fait également sentir dans la façon dont ont été traités les jardins. Enfin la Palais Bāo Dai est sur une éminence, il possède donc aussi une vue spécifique, celle de Dalat.








Demain je continue mes visites de Dalat avant de prendre un bus de nuit pour Saïgon Ho-ChiMinh.
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