







Pour la deuxième fois, mon bus est arrivé 1 heure trois quarts plus tôt, soit 5h45 au lieu de 7h30! Mon hôtel n’ouvrant qu’à 7h15, je suis allé prendre un café en attendant. D’ailleurs mon hôtesse pouvait simplement stocker ma valise en attendant 13 heures. J’ai donc mis le cap sur la cathédrale, assez proche de mon hôtel et ai eu la déception de constater qu’elle est en travaux sur sa façade. J’ai photographié pour vous quelques affiches, afin de vous donner une idée de son architecture. En tout cas cela démontre que ce gouvernement, remet en état la plupart des beaux édifices de l’époque coloniale. Ayant le soleil en plein sur les affiches, les photos ne sont pas très bien cadrées. L’entrée de la cathédrale était impossible le matin, on me propose de revenir l’après midi. Or juste à côté de la cathédrale se trouve la poste, un bâtiment construit de 1886 à 1891 dont la charpente métallique est l’œuvre de Gustave Eiffel. C’est un plaisir de voir ce bâtiment, dont les couleurs, le carrelage, les ventilateurs et jusqu’au lustre nous ramènent à cette époque, d’autant qu’il existe encore un service de la poste à l’intérieur, qui coexiste avec une foule de boutiques souvenirs. Il est vrai qu’aujourd’hui le courrier n’a plus le vent en poupe, il est remplacé par les réseaux sociaux, voire les blogs!





De plus en plus séduit par cette belle ville, éloignée des clichés que j’ai lus de ci de là, d’une ville américanisée ou plutôt « enchinoisée »; je trouve au contraire qu’elle a su évoluer tout en mettant en valeur son patrimoine. C’est le cas de la gare, comme de la cathédrale et nous allons le voir, de beaucoup d’autres bâtiments de l’époque coloniale.
Parfois ce qui est comique, c’est que certains bâtiments, qui ont changé d’affectation et se retrouvent la propriété de l’Etat, ce qui présuppose qu’ils ne font pas partie de l’offre touristique et ne peuvent être photographiés. J’avais ainsi repéré un très grand bâtiment de l’époque coloniale; je m’apprête à suivre d’autres personnes qui entraient dans la cour, quand un gardien m’interpelle sans ménagement et me demande de faire demi tour. Je m’exécute en râlant un peu et sort mon téléphone pour au moins immortaliser cet ancien Palais de Justice. À ce moment mon gardien me montre le panneau qui interdit les photos; mais le mal était fait et le voici.

Ho-Chi-Minh ou plutôt Saïgon, qui porte le nom de la rivière qui la traverse: Saï Gon, à bien d’autres beaux bâtiments de cette époque, tous magnifiquement mis en valeur. Il en est ainsi de l’Opéra, qui ne se visite pas, sauf à assister à des manifestations pour voir l’intérieur. Aussi vous n’en verrez que l’extérieur. Ce bâtiment Belle Époque, fut inauguré en 1900 et ressemble au Petit Palais à Paris, qui date d’ailleurs de la même année.







De l’opéra et en suivant l’avenue Nguyen Hué, les champs Élysées de Saïgon, en tout cas une avenue majestueuse; on aperçoit l’ancien Hôtel de ville, aujourd’hui propriété du gouvernement. On peut le photographier, d’une part car il est gigantesque et donne sur une place, mais surtout parce qu’une statue d’Ho-Chi-Minh trône devant. Aussi les touristes ont pris l’habitude de le photographier, ce qui ne peut déplaire en haut lieu.
Il a été construit de 1900 à 1908 et décoré par un certain Ruffier qui le dotât de plusieurs mascarons et de colonnettes corinthiennes du plus bel effet. La restauration est là aussi remarquable et on ne peut pas s’en plaindre. C’est aujourd’hui le siège du Comité Populaire de la ville, ce qui est justice.






De là je me suis rendu au musée de la ville d’Ho-Chi-Minh, musée assez varié dans ses centres d’intérêt, mais assez confus dans son organisation et surtout sobre dans ses explications, en particulier pour des personnes éloignées de la culture vietnamienne.




















Mes photos, quoique nombreuses, vous donnent une idée de la multiplicité des sujets abordés, entre la géologie, l’art, l’histoire de la ville et surtout du pays, la dimension politique, voire la propagande du régime, qui s’appuie sur l’Indépendance gagnée par un peuple supposé unanimement opprimé et révolté.
J’aurai l’occasion de reparler du sacrifice consenti par ce peuple et de sa résilience, après ma visite du musée consacré aux crimes commis notamment par les américains au Vietnam. Sans enlever à l’horreur de cette période de leur histoire, – la visite de ce musée m’a saisi d’effroi -; mais ce ressort sert encore de carburant au régime.
Comme prévu je suis revenu en milieu d’après-midi à la cathédrale et peu de personnes pouvaient entrer. C’est ce que m’a confirmé une dame; aussi lui ai-je dit en anglais messe, ce qui m’a ouvert la porte de la cathédrale. Quand je suis entré, un prêtre et les fidèles disaient des « Je vous salue Marie»; sorte de Rosaire à la Vierge Marie. Je suis donc resté ainsi pendant une demi-heure, puis la messe en vietnamien a commencé, devant une assemblée assez importante et plutôt composée de femmes, comme en France, somme toute. Manifestement peu d’européens avaient eu cette inspiration, car je me trouvais être un des rares dans cette assemblée.
Les chants, que je n’ai pas voulu enregistrer, par peur de rompre le charme de cette communauté soudée, étaient magnifiques et je ne pouvais m’empêcher de m’y associer par l’intonation. Bien sûr, avant la messe et surtout à la fin, nombreux sont ceux qui ont pris des photos. Comme vous le constaterez l’intérieur de la cathédrale est d’une grande simplicité, ce qui peut-être contribue à la ferveur, tant on ne peut être distrait par la munificence du décor.




Après être sorti de la cathédrale il m’a semblé que tous, y compris des personnes arrivées de toute part en scooter, attendaient un événement qui devait intervenir prochainement. Après m’être renseigné, on me confirme que la façade enveloppée de la cathédrale va être illuminée à 18h45. J’attends donc ce moment dont voici les photos.


Demain dans le bus qui me conduit à Vinh Long, dans les bouches du Mékong, je vous ferai mon compte rendu de mes visites d’aujourd’hui.

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