



Sur la baie d’Ha Long, on a à peu près tout dit, et ce lieu est tellement mythique qu’il est impossible d’aller dans le nord du Vietnam sans lui rendre une visite.
Moi qui ai pris l’habitude de voyager en solitaire, d’organiser mes déplacements au plus près de la source et qui, pour tout dire, deviens un peu agoraphobe, je ne savais comment appréhender ce lieu incontournable. Je me suis rapidement rendu compte que je devrais accepter que, quel que soit le moyen choisi, il y aurait du monde. J’ai donc fait comme les autres et j’ai choisi une croisière d’une journée dans un bateau de taille moyenne, environ 90 passagers, avec visite de grotte, sortie en canoë, visite de l’île Titov, déjeuner-buffet à bord.
Par ailleurs, j’avais prévu de passer une nuit dans un hôtel du littoral. J’étais conduit en bus depuis mon hôtel de Hanoï et ramené le lendemain en limousine, le tout organisé par mon hôtel « de fortune », qui s’est avéré excellent à tous points de vue. En revanche, mon arrivée à Ha Long m’a fait une pénible impression : voir de partout sortir d’immenses buildings dont la seule fonction est de vous proposer une vue sur mer, si ténue, si encadrée d’immeubles ou si lointaine soit-elle. Car il s’agit ici de la mer : les vues sur la baie d’Ha Long elle-même sont bien plus rares et souvent si éloignées que tout cela semble dérisoire. En réalité, le paradoxe est qu’on a saccagé un bord de mer pour permettre à certains d’admirer un site naturel et préservé. Il faudrait se mettre d’accord sur la notion de site protégé. En outre, je me trouvais le soir dans un immeuble de peut-être 50 étages, dans lequel j’étais au 28e, avec vue sur mer et en partie, au loin, sur les rochers de la baie d’Ha Long. Cet immeuble, dans son environnement, fait penser à l’Arche de la Défense, les commerçants en moins. Le studio, de près de 50 mètres carrés, était tout confort et j’ai appris à placer ma carte-clé de chambre sous le panneau de commande d’un des 10 ascenseurs, lequel m’a annoncé que je demandais le 28e étage. Une fois ma demande confirmée, il m’a dirigé vers l’ascenseur F, lequel m’a conduit au 28e étage. À la porte de ma chambre, non seulement j’ai présenté ma carte-clé, mais j’ai dû composer, sur un clavier, mon mot de passe, puis une voix féminine m’a précisé en anglais que la porte était ouverte…
Il y avait, je l’avoue, un mauvais casting de ma part pour le côté romantique de la baie d’Ha Long ; mais je suis tout seul…
Je reviens à cette journée d’avant-hier et à ma mauvaise impression du début. Elle s’est poursuivie, mais pour peu de temps, quand notre groupe est monté dans un petit bateau vitré. C’était en fait un des petits bateaux qui amènent les passagers vers le « gros » bateau, mais pas trop, sur lequel nous allions naviguer. Ce dernier était vraiment agréable et confortable, sans donner le sentiment d’être dans un de ces immenses bateaux de croisière à multiples ponts. L’organisation était d’ailleurs tout à fait remarquable, en dépit du nombre d’activités prévu, des autres bateaux en présence et du temps imparti pour tout faire. La visite de la grotte, dont j’ai limité les illustrations, était intéressante, tant cette grotte est immense et recèle des concrétions époustouflantes, même pour un habitué comme moi. La visite de la grotte du tunnel, qu’on voit dans tous les livres, au cours de laquelle on se suit à touche-touche et à 3 ou 4 embarcations de front, alors que les kayakistes essayent de se frayer un chemin sans sombrer, a été rendue agréable par des groupes de Chinois, qui reprenaient en chœur des chants de leur pays.
Le clou de la visite est l’arrêt sur l’île de Titov, nom donné à l’île par Hô Chi Minh pour honorer un cosmonaute soviétique, Guerman Titov, en visite à la baie d’Ha Long. Des escaliers ont en effet été aménagés pour permettre aux visiteurs de grimper tout en haut de l’île (comptez peut-être 400 à 450 marches) et de disposer en haut d’un panorama à 360 degrés et la joie de faire la photo et la vidéo de vos rêves. Inutile de dire que ce sont la cohue et la queue qui vous attendent pour monter, comme pour descendre.
Vous ne me direz pas que je ne vous ai pas montré l’envers de la carte postale !




Demain, je vous parlerai de ma nuit dans le bus et de ma visite de la citadelle de Hué.
















































































































