








Me voilà arrivé depuis deux jours à Hanoï et sur le point de rejoindre la baie d’Ha Long, pour une croisière d’une journée, avec visite de grottes, kayak et tutti quanti.
Mais revenons à Hanoï dont je ne vous ai pas encore parlé, en raison de mes multiples occupations de la journée et surtout du temps passé à marcher dans les rues, GPS en main. Hanoï est vraiment une ville fascinante pour quelqu’un, comme moi, qui vient y chercher ses racines. C’est bien sûr une ville d’extrême orient, mais tellement européenne et surtout française. Quand on pense que la révolution communiste est partie de cette ville, on est surpris à la fois des nombreux vestiges de l’époque coloniale; mais surtout on ne peut échapper aux références à la France, à l’ambiance franco-vietnamienne qui y règne dans son centre ville.
Vous le constatez par les très nombreuses maisons de cette époque, ce qui n’est en rien comparable avec les autres villes que j’ai traversées, tant elles sont nombreuses. J’ai fait aussi quelques photos d’allusions à la France dans les enseignes, ce qui montre l’attirance qu’elle exerce encore. Il est vrai qu’il y a de nombreux touristes français et d’autres nations bien sûr à Hanoï, aussi le soir dans le vieux quartier, où je me trouve, c’est une ville très cosmopolite que l’on découvre.
On y sent aussi la volonté de ne pas remettre en cause cette configuration de l’architecture, dans le centre, où il y a peu de très grands buildings. Les beaux immeubles de l’époque coloniale ont souvent été, comme dans d’autres villes, attribués aux administrations, musées ou organismes culturels. On aurait pu penser que dans la ville du pouvoir communiste, on ait eu envie de faire disparaître les traces de l’envahisseur colonial; c’est le contraire qui s’est produit. D’ailleurs Ho-Chi-Minh avait vécu en France; peut-être en aimait-il la culture?




Comme à chaque fois que je me trouve dans une grande ville, je ne sais quel choix faire dans les multiples centres d’intérêt qui s’offrent à moi. C’est, toutes proportions gardées, comme si j’avais trois ou quatre jours pour visiter Paris et ses musées. Devrais-je les passer au Louvre? Ou déambuler dans les rues pour sentir l’ambiance, regarder vivre les gens; ou faire les deux au risque d’être toujours insatisfait. Quand on sait le nombre de monuments et de musées à Paris en dehors du Louvre, on comprend mieux que la comparaison éclaire le dilemme. Finalement j’ai choisi de flâner en partie pour les raisons déjà énoncées et pour rechercher mes cadeaux de Noël; mais je suis allé voir la Citadelle et la Pagode de la Montagne de Jade, près du lac.
Je suis allé voir la Citadelle car elle est au cœur de notre sujet. C’est de cette citadelle, ou plutôt de celle qui a disparu, que trouve son origine la dynastie impériale qui a fait d’Hanoï la capitale du Vietnam jusqu’à ce qu’elle soit détrônée par Hué. Ce sont les français, en grande partie, qui ont donné à l’ensemble architectural actuel son style général, enfin c’est de là qu’Ho-Chi-Minh dirigea la reconquête du pays jusqu’aux victoires contre la France, puis les Etats-Unis.
La Citadelle aujourd’hui ce sont de très rares vestiges du début du XIXème siècle et de nombreux bâtiments coloniaux de la fin du XIXème siècle et de 1930. Certains sont dans leur jus; mais la plupart ont été entretenus et réaffectés en musées, cafés, restaurants, boutiques. L’ensemble le plus important attend sa réaffectation et a donné lieu à des fouilles préventives, qui ont permis de mettre au jour de nombreux vestiges des différentes dynasties, qui se sont succédé du XIème siècle au XVème siècle.
Ces fouilles ont été entreprises ces 20 dernières années ce qui est extrêmement récent. Je trouve d’ailleurs que cette visite mérite mieux que l’appréciation qu’en fait le Routard, car elle est centrale pour la compréhension d’Hanoï et les années à venir devraient le confirmer.















La deuxième raison qui me rendait chère la visite de la Citadelle, était que mon grand-père y était allé tout au début de son séjour au Tonkin en 1901 ou 1902, alors qu’il se trouvait à l’armée et revenait de la frontière avec la Chine vers Hanoï, où pour rendre visite à une connaissance y résidant. C’est l’occasion de constater que cette Citadelle, dès cette époque est déjà un ensemble très important et qu’elle se trouve à plus d’un km du vieil Hanoï. C’est dire, qu’il y a 120 ans, la ville qu’a connu mon grand-père, était déjà une grande ville. Tout autour du vieil Hanoï et du lac, se trouvent également les rues des 36 corporations où étaient rassemblés les artisans d’un même métier. Par exemple il y avait la mercerie, le sucre, la chaussure, le carton et la ficelle, les objets votifs, etc. Au rez-de-chaussée des maisons se trouve la boutique ou l’atelier et leur logement dans les étages supérieurs. Je vous en montre plusieurs exemples en photo. Vous remarquerez qu’elles sont étroites, dites en tube et à étages.

Il est à noter qu’autrefois ces boutiques étaient pour certaines, le débouché des productions réalisées dans les villages des métiers aux alentours d’Hanoï.


Enfin pour terminer je suis allé voir le temple de la Montagne de Jade, auquel on accède au bout d’un Charmant pont en bois de couleur rouge. Le pavillon n’a quasiment aucun intérêt touristique et il est interdit de faire des photos à l’intérieur; ce dont je n’aurais été tenté en aucune façon. Il est amusant de constater que les offrandes à Bouddha évoluent avec l’époque; ainsi j’ai pu voir des pyramides de bouteilles d’eau en plastique, voisinant avec des fruits, ou une autre pyramide de bouteilles de soda. Bouddha s’habitue aussi à une nouvelle façon de vivre…Ma famille reconnaîtra les ornementations de l’armoire de ma chambre avec les thèmes des meubles asiatiques qu’ils connaissent.








Demain matin je vous ferai le compte rendu de ma croisière d’aujourd’hui à la baie d’Ha Long.
Laisser un commentaire