








Avant de vous parler de Sapa, je reviens sur mon voyage depuis Diên Biên Phu, car c’est la première fois que je voyage en bus couchettes. Il faut s’imaginer un fauteuil avec accoudoirs, placé en position allongée dans lequel vous vous glissez, comme dans un siège baquet, les pieds passant dans une ouverture placée sous le siège avant. Le siège étant légèrement incliné, ne serait-ce que pour que la tête puisse être en position de lecture, vos pieds butent au fond de la cavité et vous éprouvez le besoin, soit de fléchir les jambes, soit de vous redresser, soit de les sortir un peu alternativement, pour éviter de vous ankyloser.
Finalement je vous écris du bus qui m’emmène à Ha Giang qui est la ville la plus au nord du Vietnam, à la frontière avec la Chine. Soit dit en passant, celui-ci est beaucoup plus confortable et les remarques que j’ai faites ci-dessus ne s’appliquent pas! Je me suis décidé hier soir, vu le temps moyen et lassé d’être harcelé par les villageoises, qui viennent constamment me supplier d’acheter leurs travaux de tissage.
Hier donc, après avoir dormi entre 3 et 4 heures, mon hôte m’ayant ouvert la porte à 4 heures du matin; j’ai décidé vers 10 heures de me rendre à pied à Lao Chai et Ta Phin, ce qui représente un périple d’environ 22 km aller et retour. Sapa se trouve en hauteur et domine un panorama de rizières en terrasses qui, en l’absence de brouillard et à la saison où les rizières sont d’un joli jaune, doit être féerique. Les teintes à cette saison sont plutôt dans les vert et la brume qui monte, gomme en partie les contrastes. Sapa, au moment où je m’y trouve est en travaux sur tout l’axe principal pour l’enfouissement des fils électriques, par le passage de gaines dans les trottoirs; obligeant le piéton à passer sur la route, en compagnie des scooters, voitures et camions. Il y a en effet beaucoup de camions, car on construit partout sur les collines hôtels et résidences. Les hôtels sont parfois gigantesques et luxueux, ce qui est en train de transformer Sapa en un Monaco vietnamien.
Les villages que nous traversons se trouvent tout en bas dans la vallée et le contraste est saisissant entre ce monde de touristes, résidant à Sapa et ces ethnies Hmong et Dzao qui vivent dans ces villages, dont les rues sont boueuses. Les photos du village ne reflètent pas la réalité que j’ai vue, quant aux couleurs; nous sommes accueillis par des étalages de sacs, écharpes, sets de table, et menus objets réalisés par les femmes de ces deux ethnies, qu’elles s’efforcent de vendre en accrochant le touriste. Manifestement la misère règne et le malaise vous saisit quand vous réalisez que ces pauvres gens, objets de notre curiosité, ne sont pas les bénéficiaires de la manne d’argent que nous apportons dans leur région. Peut-être et je l’espère, que les « homestay » installés maintenant dans ces villages, leur appartiennent, mais je n’en suis pas sûr.
Une femme d’un certain âge, de l’ethnie Hmong m’a accompagné depuis Sapa jusqu’à Lao Chai, et comme elle parlait l’anglais, nous avons échangé quelques banalités. Arrivée à son village de Lao Chai, je lui ai acheté un sac tissé par elle et ai volontairement peu négocié le prix…
À Ta Phin, terme de mon périple, je me suis arrêté manger pour 50000 dong (1€ =30000 dong), une bonne soupe aux nouilles et au Beuf. J’ai rencontré là Patrick et son ami mal voyant, dont je n’ai pas retenu le prénom, il me le pardonnera j’espère. Je me suis joint à eux pour revenir car ils avaient emprunté une autre route, ce qui me permettait de faire de nouvelles découvertes. Leur chemin était plat dans un premier temps, puis il rejoignait de façon très abrupte la direction de Sapa.








Après une très longue montée à assez forte inclinaison, nous parvenons à un point dégagé, depuis lequel je peux prendre une très belle vue, en dépit de la brume persistante. Quelques temps après, Patrick m’invite à visiter leur petit bungalow niché à mi-hauteur de Sapa, puis me remet sur mon chemin de retour. J’ai déjà fait 17 ou 18 km, mais ce qui me reste à parcourir, avant de rejoindre la route principale qui mène à Sapa, est un petit chemin plus abrupt que celui que je viens de prendre. Aussi arrive-je absolument épuisé à mon hôtel, d’autant que je manque de sommeil. Mon hôte ayant une boutique au rez de chaussée de sa Guesthouse, je remplace mes chaussures, exsangues, par de nouvelles, de fabrication indochinoise (22€) et surtout, sur les conseils de ma belle-sœur et en dépit de l’exiguïté de ma valise, je sacrifie à la mode en achetant un blouson North Face, genre blouson d’aviateur, Flight Series (10€) et un plus grand sac à dos et surtout plus pratique de la même marque (9€)..
Ainsi paré je suis en route pour Ha Giang avant d’aller à Hanoï le 6 au soir par un bus de nuit.
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