Muang Khoua à Diên Biên Phu – 1er décembre 2025

Notre bus d’époque
Photo prise du bus
Le monument de la victoire
Les tombes des soldats Viet Minh
Ombre chinoise représentant le général Giap
Ombre chinoise à partir de métal agencé
Panorama de la bataille de Diên Biên Phu
Dito
Dito
Groupe de maisons
Grand hôtel
Autre groupe de maisons
École probablement de l’époque coloniale
Groupe de maisons
Curieuse architecture
Autre groupe de maisons
Ramassage de poubelles
71ème anniversaire de la bataille de Diên Biên Phu

Comme d’habitude je me suis levé très tôt, pour être là près d’une heure et demie avant le départ effectif de notre bus. Comme vous le suggère la photo, celui-ci n’est pas de première jeunesse, et je le suspecte de dater de la fin de l’occupation du Laos. En tout cas, ses suspensions n’en ont plus que le nom, mais à sa décharge le parcours, défoncé en maints endroits, les a abondamment sollicitées. La route qui nous mène au Vietnam serpente autour des collines et monte continuellement jusqu’à la frontière; sans oublier un passage vers une carrière , qui ajoute la poussière à l’odeur de gaz d’échappement qui rentre dans l’habitacle. La végétation qui couvre les collines est partout blanchie par la poussière qui provient de la carrière, et que les nombreux véhicules qui circulent, dispersent partout. Les virages sont tellement serrés, que nous sommes constamment ballotés de droite et de gauche, sans oublier les ornières qui, en l’absence d’amortisseurs efficaces, provoquent des bruits sinistres du châssis et nous obligent à encaisser les chocs. Pourtant le paysage est grandiose; hélas les chaos sont tels et les vitres si sales, que c’est peine perdue que de vouloir immortaliser tant de splendeur.

Arrivé à la douane, qui pour nous français est une formalité parce que nous n’avons pas besoin de visa; toutefois voyant un tunnel de sécurité pour les valises, je pense nécessaire de prendre les devants et sors mon couteau pour couper le bambou, acheté au sanctuaire d’éléphants. Le préposé en sort la lame, l’admire et me le rend; ouf. De l’autre côté de la frontière nous retrouvons notre bus et rechargeons nos valises. Soit dit en passant notre bus était aussi encombré de sacs à livrer et l’histoire ne dit pas s’ils ont été déclarés. En attendant nous avons redescendu la colline avec les mêmes virages en épingle à cheveux et le même inconfort. Nous avons effectivement fait un petit détour ou deux, pour faire descendre des autochtones et les fameux sacs. Nous avons même chargé un scooter qui a pris la place de nos sacs, relégués à la diable entre les sièges.

Nous sommes donc arrivés sans encombre à notre destination où un taxi m’a conduit à mon hôtel, après m’avoir arrêté auprès d’un distributeur pour faire le plein de dôngs, monnaie locale. Ayant une chambre et du liquide il ne me reste plus qu’à acheter une carte SIM locale, le moyen le plus économique de disposer de data, souvent en 5 G, le tout pour 6€ environ pour un mois.

Puisque je reste presque deux jours, je décide de visiter le cimetière des combattants vietnamiens, morts au combat, puis le Musée de la victoire de Diên Biên Phu, qui en est très proche. Je me réserve d’aller voir certaines collines où se sont déroulés les combats, demain matin et en début d’après-midi. C’est rien de dire que ce musée est un lieu de propagande communiste; le premier panneau nous le rappelle, comme le film à la gloire d’Hô-Chi-Minh et du général Giap. Non pas que ce qui y est dit soit inexact; mais certaines approximations et autres raccourcis, sont au service d’un message de propagande. Ainsi on passe sous silence les propositions faites par la France, comme ses succès antérieurs à la bataille. On surévalue la puissance de la France et surtout l’aide apportée par les États Unis; faisant ainsi mieux ressortir l’exploit, qui aurait résonné sur les cinq continents au dire de nos thuriféraires, d’un Vietnam/David, terrassant Goliath/les grandes puissances. Dans le musée on montre la solidarité des femmes et des hommes du Vietnam pour acheminer vivres, armes et munitions et on glorifie le sacrifice suprême des héros de la révolution. De même on souligne l’aide énorme apportée par les américains; or on sait qu’elle a été mesurée vers la fin. On nous montre le Vietnam ne se défendant qu’avec des moyens dérisoires et surtout issus de sa débrouillardise. Ainsi quand ils possèdent des armes un peu plus sophistiquées, c’est qu’ils les ont prises aux français.

Or on sait maintenant que certes nos troupes et celles de nos alliés vietnamiens, n’étaient pas entraînées comme celle du Viet Minh, que la stratégie militaire était hasardeuse, que les militaires n’avaient pas été informés que l’Indochine serait sur la table des négociations de Genève, comme la Corée. Or ce dernier point n’avait pas échappé à Hô-Chi-Minh, qui voulait frapper un grand coup à Diên Biên Phu, pour peser dans les négociations de Genève. Si effectivement les combattants Viet Minh étaient affûtés et motivés, l’aide apportée par la Chine dans cette bataille a été décisive; elle a été fortement accentuée dans les derniers mois, au moment où, à l’inverse les américains montraient peu d’empressement pour remettre la France en possession de son Empire en Extrême Orient.

Si, par hasard on nous montre un canon, il manque pour cette fois un petit écriteau nous indiquant sa provenance.

En outre le film laisse entendre que la bataille de Diên Biên Phu débouche sur l’Indépendance de l’Indochine, ce qui est faux. La France avait d’ores et déjà proposé une Union, sorte de Commonwealth , et créé un état du sud Vietnam, qui comme le Nord Vietnam, le Laos et le Cambodge, serait dans l’Union en lien avec la France. L’indépendance du Sud Vietnam est venue par elle, autrement dit sans l’intervention des Viet Minh et il y a eu deux états, l’un communiste, l’autre non. On connaît la suite avec la guerre du Vietnam où les américains ont soutenu le Sud Vietnam et combattu les Viet Minh. Certes Hô-Chi-Minh a obtenu l’indépendance du Nord Vietnam mais pas d’un Vietnam uni en 1954. D’ailleurs quand les français, à la suite des accords de Genève, ont évacué le nord Vietnam, 800000 personnes du Nord se sont réfugiées au sud.

Il faudra encore beaucoup de temps pour que cette histoire puisse être écrite à deux.

Finalement je vais prendre un bus de nuit pour arriver à Sepa jeudi à 3 heures du matin.

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