

Finalement j’ai opté pour le tuk-tuk, plus économique que le taxi, lequel m’aurait permis, en revanche. d’aller directement à Kampot depuis les temples. J’avais un peu hésité en raison du nombre de km aller et retour, soit 120 km en tout. En réalité nous étions revenus vers midi, aussi ai-je regretté de n’avoir pas poussé jusqu’à Takeo, où se trouvent deux autres temples. Un voyage en tuk-tuk sur une telle distance est l’occasion d’observer le comportement routier des cambodgiens et en particulier des scootéristes. Imaginez-vous des scooters évoluant naturellement sur votre voie et d’autres dans la voie opposée; jusqu’ici la situation est normale. Mais il arrive aussi que vous vous trouviez face à un scooter ou une voiture, roulant tranquillement sur votre voie, qu’à cela ne tienne, vous vous écartez. Si un scooter roule sur votre voie en sens inverse, mais à votre droite, c’est que c’était le moyen le plus simple qu’il ait trouvé, pour tourner à gauche. Les deux peuvent aussi se produire en même temps, il suffit d’être vigilant ! Au bout de 120 km, vous avez intégré la philosophie générale et êtes prêt à louer un scooter.
Nous sommes arrivés entiers au temple le plus éloigné Phnom Chisor, distant de 60 km. Nous commençons par emprunter une petite route qui se transforme en un chemin boueux et parsemé de détritus. À ce sujet. les Cambodgiens ne sont pas très sensibilisés au développement durable; aussi n’hésitent-ils pas à jeter au sol ce qu’ils n’utilisent plus. L’explication de ce phénomène découle de la hiérarchie des petits métiers de services; chacun ayant un rôle dans la société, si modeste soit-Il. Ainsi des personnes passent leur journée à ramasser les déchets des autres et à pousser sur de lourdes charrettes, un amoncellement de poubelles, dont je ne connais pas la valorisation. Sauf qu’à la campagne, ce métier n’existe pas et les habitudes de chacun restant les mêmes, les lieux sont partout de vrais dépotoirs.
Après ces digressions sur la conduite et la gestion des déchets, je reviens à notre arrivée au bout d’un chemin de terre, où nous trouvons les installations de fortune, qui tiennent lieu de restaurants, où sont déjà attablés sur des tables et des chaises en bois, un groupe de collégiens. Mon chauffeur de tuk-tuk, après avoir garé son engin m’indique la direction du temple.













Comme vous avez pu le voir sur les photos, ce temple se gagne à la force de mollets, du moins du côté par lequel nous sommes arrivés. Il ne faut pas moins de 300 marches, dont certaines sont hautes de 40 cm, pour atteindre le temple. Je me suis d’abord rendu dans le premier temple où le bonze, après m’avoir demandé de me déchausser, m’a proposé de saluer bouddha et de faire ma petite aumône. Je m’en suis acquitté modestement (je parle du montant), après quoi il m’a attaché au poignet un bracelet de laine rouge et m’a invité à me rendre au temple. Je suis resté le seul européen à faire cette visite et personne ne m’a proposé un ticket d’entrée. En revanche des dames m’ont invité à prier bouddha et à refaire une aumône… À cette occasion j’ai été poursuivi par des enfants, qui après les dames, attendaient des aumônes et par seulement pour bouddha. La misère ici est palpable et ne laisse pas indifférent. Je vous laisse admirer les linteaux qui sont magnifiques et imaginer la vue, ainsi que l’ampleur de ce temple du XIème siècle à son apogée. Vous noterez que le chemin qui serpente longtemps à l’horizon, donne une idée de la perspective voulue à l’origine par le souverain et son architecte.
Redescendu au parking, mon conducteur de tuk-tuk me commande, à ma demande, un repas qui n’est autre chose que du porc au caramel et du riz, avec sauce aigre douce et piment pour les accompagner. En guise de boisson et à l’aide d’un broyeur, ma « restauratrice » déchiquette quelques cannes à sucre, dont elle retire un jus qu’elle me sert dans un gobelet rempli de glace, fermé et muni d’une paille. Puis après ce solide petit déjeuner, nous nous remettons en route pour Tonlé Bati, un temple du XIIème siècle que l’on doit au même souverain qui a bâti Angkor Vat. Certes il est extrêmement ruiné mais, outre le fait que je l’ai visité seul, il vaut pour ses magnifiques linteaux et des niches ornées de divinités féminines.




En ce qui concerne la résidence professionnelle et personnelle de mon grand-père, seule la partie gauche est dégagée; la partie droite est désormais quasi contiguë à un bâtiment en construction dont la structure l’obstrue quasiment. Quant à l’arrière il n’est plus dégagé que d’un mètre ou deux d’un autre bâtiment qui a remplacé le jardin ou parc d’autrefois.





De retour à Phnom Penh, j’ai souhaité photographier le Phnom et ai vu aussi un temple moderne avec stupa (voir photos); revoir le bâtiment des « ex Messageries fluviales », sous tous ses angles et quelques maisons coloniales du quartier de celle-ci.














Demain direction Kampot, le pays du célèbre poivre.
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