Kompong Cham – 6 et 7 novembre 2025

Embouteillages mercredi soir à Phnom Penh
Gare de bus pour Kompong Cham
On longe le Mékong
En route pour les temples avec Chark dit Beau Gosse
Wat Nokor, temple des XIIe et XIIIe siècles
Un temple moderne est incrusté dedans
Devata
Stupa
Futur bananier
Ananas
Fabrication de pâte réalisée à base de poissons pilés à la main

Notre retour de Kampot, et surtout l’arrivée à Phnom Penh, ont été perturbées par des embouteillages gigantesques en raison des vacances scolaires. C’est à peine si cette photo vous en donne une idée ; d’ailleurs, nous avons été finalement débarqués bien avant l’arrêt du bus, celui-ci étant définitivement bloqué. J’ai trouvé sans difficulté un chauffeur de tuk-tuk qui, devant les embouteillages, entendait me faire payer 4 dollars, quand je ne lui en offrais que 2. Brusquement, il s’est arrêté, a empoigné ma valise et nous a confiés, elle et moi, à un collègue. Ce dernier, qui semblait dégourdi, m’a conduit à bon port aux conditions habituelles. Je suppose que le premier avait une autre course prévue et envisageait de me faire payer son manque à gagner.

Une autre déconvenue m’attendait à l’hôtel, où le réceptionniste m’annonce que mon linge, déposé depuis trois jours, n’est toujours pas lavé. Il m’engage à le suivre à la laverie, où, après moult palabres, j’obtiens que mon linge soit prêt le lendemain à 7 h 30, mon départ étant prévu à 8 heures.

Hélas, le lendemain, mon homme, qui n’avait pas touché à mon linge, me le promet cette fois dans une heure. Je repars donc avec mon linge sale de Phnom Penh, et celui de Kampot et Kep ! Heureusement, par précaution, je m’étais acheté un nouveau tee-shirt à Kampot.

Comme je vous l’avais raconté précédemment, il est désormais impossible de remonter le Mékong depuis Phnom Penh, tout simplement parce que les routes sont plus pratiques. C’est pourquoi j’ai réservé sur Internet une place dans un bus. Ces petits bus, très confortables, sont tous de marque Hyundai : climatisation, sièges inclinables, prises de téléphone et wifi. Je ne vais donc pas me plaindre du progrès, d’autant que mon grand-père, vers 1908-1909, se plaignait justement de la lenteur des communications sur le fleuve, quand il allait de ville en ville projeter des films dans de grandes salles improvisées. Il avait également fait partie des pionniers du transport de voyageurs sur de petites distances, avec deux véhicules fabriqués par la SCAR, entreprise créée par son frère avec un associé à Witry-lès-Reims. C’est dire que je ne peux que me réjouir de l’existence de ces routes, dont on verra par la suite que parfois elles ressemblent encore à des pistes.

À Kompong Cham, je suis accueilli par Thomas, le propriétaire de Phalla Riverside, qui est franco-cambodgien et parle donc couramment français. C’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui parle bien le français et avec lequel je peux apprendre des éléments de la culture cambodgienne, si j’excepte Sébastien bien sûr. J’apprends par lui que le Cambodge est certes sous dépendance financière des Chinois, mais d’après lui, sous dépendance politique du Vietnam. Je décide de rester deux jours à Kompong Cham, à la fois pour visiter les alentours et aussi pour permettre à mon linge de sécher…

Au programme du premier jour : Wat Nokor, temple de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, bâti par le fameux Jayavarman VII, dont je vous ai déjà parlé. Puis « Beau Gosse », mon chauffeur de tuk-tuk, m’a emmené voir un village, soutenu par une association française, où une guide cambodgienne nous a fait découvrir les familles, les métiers et le mode de vie des habitants. En dépit d’un patronage français, la visite était en anglais, avec une difficulté supplémentaire à surmonter, l’accent chantant des Cambodgiennes. Beau Gosse, qui me donnait 15 ans de moins… et voulait me trouver une femme, avait au moins raison sur un point : j’ai besoin de me familiariser avec l’accent !

Au cours de notre visite, nous avons vu : ananas, bananes, papaye, fruits du dragon, riz, pâte de poissons, tissage de coton local, etc. La visite s’est terminée dans la boutique où, faute de place dans ma valise, je n’ai acheté qu’un bandana pour ma petite fille préférée !

Encore des marches pour monter à la Colline des femmes
Colline des femmes
Colline des Femmes
Stupas de la colline des hommes
Barrière en bambou
Les singes nous accueillent
Avec adresse, ils prennent possession des lieux
Naga finement ouvragé

La suite de mon programme passe par la traditionnelle visite de la colline des femmes, laquelle fait face à la colline des hommes, bien sûr. Celle des femmes est beaucoup plus inaccessible, et il faut sans doute y voir l’explication de cette légende : c’est à l’homme de demander la femme et il doit grimper pour cela sur la colline. L’escalier qui s’ouvre vers la colline des femmes est encadré par deux « naga-balustrades » et compte 308 marches. Ici comme ailleurs, la balustrade, de part et d’autre de l’escalier, figure un serpent qui nous accompagne jusqu’en haut. Là, la vue est le principal attrait du lieu ; les « femmes de la colline », n’étant plus là !

Redescendu du « Royaume des femmes », je suis parvenu, au prix de moins d’efforts, à celui des hommes. Paradoxalement, le lieu est plus riche que celui des femmes au plan architectural.

Ainsi, vous pouvez y contempler de beaux stupas, qui sont les sépultures qui contiennent les cendres de défunts illustres. On en verra parfois près de maisons de riches Cambodgiens. On y admire aussi de magnifiques nagas, finement sculptés, de beaux linteaux et devatas gracieuses.

L’attraction principale reste les singes qui grimpent, comme des s…, sur tous les monuments. On les voit partout, et si on ne leur met pas « sous le nez » de la nourriture, ils ne sont pas agressifs.

Il est temps de retourner à l’hôtel en passant par le marché…

Retour à l’hôtel
Les étals colorés des marchés
La terrasse de l’hôtel avec vue sur le Mékong

Le lendemain matin, nous prenons la direction de Koh Paen, une île sablonneuse couverte de jardins et de maisons traditionnelles en bois. Je demande à faire une grande partie du chemin qui borde le Mékong à pied, afin de photographier à mon aise ces lieux magiques. Là est le Cambodge traditionnel, où rien n’a vraiment changé. La frondaison des différentes essences d’arbres, fruitiers pour l’essentiel, donne un peu de fraîcheur, ce qui ajoute au charme des lieux. On y rencontre, outre de jolies maisons sur pilotis, des bananiers, papayers, des jacquiers, palmiers, etc.

Pamplemousse
Citron vert
Belle échappée sur la rivière
Maison en bois sur pilotis
Maison et son temple
Cocotier
Vannier sur bambous
Jolie corbeille à fruits
Kayak pour les courses de la fête de l’eau

Avant d’aller manger et pour me mettre en appétit, j’ai demandé à « Beau Gosse » de me conduire au phare français qui domine le Mékong : bien qu’incongru au bord d’un fleuve, c’est aujourd’hui une attraction locale et un belvédère.

Il a été construit par des Français dans les années 1920, pour servir de tour de guet afin de protéger les cultures d’hévéa, principale activité de Kompong Cham, d’ailleurs développée aussi par les colons français. On y grimpe par un escalier-échelle métallique, très raide, muni d’une rampe et sans garde-corps ; ce qui rebute les personnes qui ont le vertige. Arrivé en haut, la vue est imprenable sur le Mékong et les alentours.

Le phare des Français
Ses escaliers vus du bas
Le Mékong vu du haut
Pont sur le Mékong

Après nous être restaurés dans un petit établissement choisi par « Beau Gosse », où j’ai goûté une sauce très simple à réaliser, mais délicieuse, destinée à accommoder les légumes, accompagnés de petits morceaux de porc agréablement parfumés. Pour confectionner cette sauce, il suffit de mélanger du poivre noir moulu, de Kampot bien sûr, avec le jus d’un demi-citron vert. C’est un délice et vous m’en direz des nouvelles, si vous avez les bons ingrédients !

L’après-midi est consacré à un temple qui n’est pas dans le Guide du routard, qui s’appelle Phnom Hanchey et vaut principalement par son emplacement.

Pour y parvenir, on longe une nouvelle fois le Mékong et je réclame à nouveau ma liberté de marcher. Au cours de cette journée, j’aurai quand même parcouru 12 km à pied. J’y croise hommes et bêtes, les uns à travailler, les autres à manger.

Une rare barque sur le Mékong
Meule et mangeoire pour les bœufs
Vaches à la mangeoire
Vaches et veaux
Une nouvelle volée de marchés vers Phnom Hanchey

Pour la 4e fois de la journée, je dois grimper quelque 200 marches pour atteindre ce temple, qui est plutôt récent, du moins par rapport aux temples d’Angkor. C’est en général un ensemble de très nombreux bâtiments comprenant une ou plusieurs pagodes, une école bouddhique, des lieux pour dormir, se restaurer. Le temple est installé sur un promontoire dominant le Mékong et bordé de balustrades à colonnes colorées. Sur la moitié de son pourtour, des terrasses peuvent accueillir les visiteurs, et de nombreux « limonadiers », proposent glaces, fruits frais ou jus de fruits ; sans oublier les petites échoppes ambulantes toujours bien achalandées.

Où que l’on se tourne, la vue est magnifique et le lieu vraiment enchanteur. Aussi, avant de rejoindre « Beau Gosse », je m’offre un jus de fruits frais que je savoure devant ce panorama exceptionnel.

Je termine cet article dans ma maison d’hôte de Kratie, où je suis arrivé aujourd’hui 8, en début d’après-midi.

La vue de la terrasse
Stupa
Autre vue du Mékong
Toujours le Mékong

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