
En préparant ma deuxième journée à Phnom Penh, j’ai fait quelques recherches pour connaître le lieu où se trouvait la Chambre de Commerce à l’époque où Honoré en faisait partie, et ai découvert que l’hôtel Le Manolis coexistait avec celle-ci dans le même bâtiment. Au fil du temps c’est le Chambre de commerce qui a pris le plus d’ampleur, jusqu’au moment où elle a dû déménager de ce bâtiment que je vous ai photographié depuis la poste qui lui fait face. Vous pouvez constater en regardant les fenêtres de l’ancien cliché et du nouveau, que la réunion où l’on voit Honoré intervenir, devait avoir lieu dans la partie droite du bâtiment, en le regardant d’en face comme la photo a été prise; autrement dit celle dont le crépi a été refait.

Si l’on considère que les Messageries, à l’époque des années 1920-1930, disposaient à l’arrière d’un vaste jardin, celui-ci donnait sur ce bâtiment, et en tout état de cause, Honoré n’avait à marcher qu’une centaine de mètres pour aller de son bureau à la Chambre. Or, il y avait la responsabilité de Secrétaire et de trésorier, ce qui devait être prenant…
Puisque je me trouvais devant la poste j’y suis entré pour prendre quelques clichés d’un immeuble bien conservé, et même superbement restauré comme vous pourrez en juger.



En sortant de la poste, je suis passé devant une exposition consacrée à la francophonie, où j’ai dû parler …anglais pour l’évoquer avec mes interlocutrices. Dans quelques jours, se tiendra en effet à Phnom Penh le Sommet de la francophonie, et Emmanuel Macron y est semble-t-il attendu. On peut dire que ma démarche, purement personnelle, s’inscrit dans un projet plus large et en justifie le but.

En ressortant de cette exposition, pour poursuivre ma quête dans un quartier tout à fait historique et lié à ma famille, je découvre que le monument où se tient l’exposition n’est autre que l’ancienne succursale de la Banque d’Indochine, créatrice de la piastre commerciale, et où Honoré faisait préparer sa contribution financière mensuelle à sa famille. Il avait donc tout sur place; d’autant que le bâtiment qui menace ruine et dont la photo suit, n’est autre que l’ancien Commissariat central de Phnom Penh.


J’ai poursuivi ma visite de ce Musée par celle du musée de l’Economie et de la Monnaie qui retrace toute l’histoire de la monnaie depuis ses origines au Cambodge. Cette partie historique est complétée par une démarche pédagogique visant à expliquer le rôle de la monnaie dans l’économie et à justifier la politique du gouvernement dans le temps. Il y a donc aussi une visée politique qui se lit au fil des époques. Je m’y suis beaucoup attardé et notamment sur la période coloniale. Le musée est tout récent et a été construit à la suite de la découverte fortuite dans la région de Kampong Thom d’une pièce de monnaie du 7ème siècle frappée sous le règne du roi Icanavarma.

Or il était communément admis jusqu’à aujourd’hui que le royaume de la grande époque d’Angkor ne disposait d’aucune monnaie connue et que l’on ne pratiquait que le troc. C’est donc une révolution pour les historiens, d’autant que les monnaies mises en place par la suite auront peu d’effet sur l’économie du Cambodge, tant il est affaibli par rapport à ses voisins. La seule période moderne où la monnaie a contribué à développer l’activité économique, est celle de l’introduction par la France de la piastre commerciale. Malheureusement son arrimage au franc lui sera progressivement fatal, en raison des vicissitudes économiques de l’Europe à la fin des années 1920, de la prééminence de Saïgon, et du scandale du trafic de la piastre. Le musée nous présente toutes les périodes depuis cette découverte d’une pièce du 7ème siècle jusqu’au renouveau du Riel, lequel malheureusement est aujourd’hui sous tutelle du dollar, véritable monnaie d’échange au Cambodge.



J’ai omis de prendre en photo ce musée ; or c’est un ancien bâtiment municipal. Est-ce ici qu’Honoré participait à de nombreuses commissions dont celle qui a créé le marché central sur le modèle des halles en béton de Reims? Honorée siège dans 8 commissions municipales, est Juge suppléant au Tribunal de Commerce et est nommé en 1933 conseiller du Commerce extérieur de la France.
Demain je pars à Siem Reap

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