







Voici tout d’abord un résumé de ma journée de farniente et ma prise de contact avec Siem Reap. En fait Siem Reap a littéralement explosé au cours de ces dernières années en raison du développement du tourisme à Angkor. On est loin de la redécouverte des temples au temps de la colonie française. Depuis ils ont été nettoyés, mis en valeur; les routes sont belles souvent et les abords des temples soignés. Tout cela a profité à Siem Reap qui dispose de très nombreux édifices immenses et d’aspect souvent de type colonial. Autant dire que l’urbanisation n’est pas anarchique. Ce renouveau coexiste avec la précarité de beaucoup d’habitants. Ainsi il n’est pas rare de voir deux enfants sur un même vélo, sans casque bien sûr; mais aussi des mamans qui transportent de petits enfants sur des scooters pour livrer de la nourriture, sans casque non plus pour l’enfant et parfois pour les deux. Enfin ce qui domine le paysage ce sont les nombreux tuk-tuk, scooter attelé à une carriole plus ou moins grande, couverte et garnie de sièges en vis-à-vis. Tout ce monde roule sans contrainte puisqu’il n’y a aucun feux de croisement la plupart du temps. Au reste, quand parfois il y en a, les tuk-tuk n’y attachent aucune importance et chacun, cycliste, scootériste, conducteur de voiture, de tuk-tuk ou piéton, veille à sa sûreté. D’ailleurs il ne semble pas y avoir d’accident, car le système est ainsi et les habitudes sont prises.















































Après une nuit presque blanche, environ trois heures de sommeil, sans doute due aux 12 heures dormis la veille, au stress et enfin au décalage horaire mal digéré; j’étais debout à 4 heures et dans le tuk-tuk à 5. Comme je vous le disais plus haut, le tuk-tuk est une sorte de calèche ou de carriole attelée à un scooter et parfois à une moto pour les plus grands. C’est le moyen traditionnel de locomotion là-bas qui remplace le pousse pousse d’autrefois…
Si je suis parti de si bon matin, ce n’est pas seulement que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt; mais surtout pour assister au fameux lever de soleil devant Angkor Wat, pour la photo duquel la concurrence est rude et les bonnes places sont chères! Certes cette photo se trouve un peu partout et de meilleure qualité que celle que nous nous apprêtons à faire; mais chacun a à cœur de faire œuvre de création et tant pis s’il faut rester trois quarts d’heure sur un coin de plateforme ou chercher, dans les interstices de la foule, une échappée vierge d’un intrus, pour obtenir sa photo.
Comme vous pourrez le constater ma photo est bien cadrée et réalisée pile à l’heure du lever du soleil (6 heures), mais pas parfaitement horizontale car prise du bout des bras sur le côté dégagé… la précédente est bien cadrée, d’aplomb, mais avant le lever du soleil; quoi qu’il en soit ce sont les miennes!
Au risque de vous incommoder avec une indigestion de commentaires sur les temples d’Angkor, je préfère privilégier les photos, qui bien qu’arbitraires, sont les meilleures ambassadrices de ces temples dont la taille, comme le nombre et surtout la profusion de sculptures, donne le vertige. C’est comme si nous avions quasiment sur un même lieu, presque toutes nos cathédrales françaises. Et encore ne visitons-nous qu’une partie de ces temples et une autre grande partie a disparu sous la végétation.
Néanmoins sachez que le temple le plus connu, Angkor Wat a été construit au XIIème siècle, un an avant Notre Dame de Paris et sa construction a duré 37 ans. C’est le plus grand monument d’Asie et le plus grand édifice religieux du monde. On considère qu’il a fallu 300000 ouvriers et 6000 éléphants pour sa construction. Le roi bâtisseur Sûryavarman II l’a consacré à Vishnu, dieu suprême de l’hindouisme. Les murs des galeries de la deuxième enceinte sont ornés de bas-reliefs d’une finesse et d’une beauté extraordinaire. Vous trouverez sans doute que je vous en ai mis beaucoup; sachez qu’il y en a sur 800 mètres et la plupart sont en excellent état.
Le deuxième temple est le Banteay Kdel, temple bouddhiste de la fin du XIIème siècle. Il se trouve dans un environnement boisé charmant et possède un très grand nombre de danseuses ou Apsaras. En effet celles-ci dansaient pour le roi dans l’enceinte de ce temple.
Ta Prohm de la fin du XII ème siècle est considéré comme le plus romantique. Il est en effet resté plus longtemps la proie des fromagers, ces arbres qui enserrent les pierres jusqu’à les faire se fendre et se déchausser d’un ensemble. Là où la plupart des sites ont été débarrassés de la nature envahissante, les restaurateurs ont eu la bonne idée de conserver à ce lieu le choc émotionnel qu’ont eu les explorateurs qui, les premiers, ont redécouvert ces lieux. Les amateurs de photos singulières s’en donnent à cœur joie.
Le Bayon fait partie d’Angkor Thom; c’est un temple de la fin du XII ème et du début du XIII ème siècle. Il se caractérise par ses multiples tours, dont certaines ont disparu et ces visages monumentaux à double face, dont il ne reste que peu. Gare à l’étourdi, que je suis, car son plan est complexe et peut rendre la visite plus longue et plus sportive que prévue, en raison des différents niveaux.
Chau Say Tevoda est un petit temple qui possède de jolis linteaux et statues et servait aujourd’hui d’écrin aux photos de noces, en tenue traditionnelle d’un jeune couple cambodgien.
Ta Keo, le dernier temple de ma 1 ère journée est le plus ancien, car il date du X ème siècle et forme une montagne pyramidale, haute de 50 mètres et dépourvue de statues. Ces marches hautes et étroites, sans rampe pour grimper sont à éviter absolument si vous avez le vertige.
Rendez-vous demain soir, peut-être pour le 2 ème jour de nouveau à Angkor Thom.
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