
Avant de vous parler du musée et alors que je prends mon petit déjeuner à la terrasse d’un de ces petits restaurants, j’ai pu observer une scène bien curieuse pour nous les européens. Je me suis aussitôt précipité sur mon téléphone, mais n’ai pu la prendre sur le vif hélas.
Un bonze, dont vous savez sans doute qu’ils sont très nombreux au Cambodge, comme en Thaïlande et au Laos, passe devant le petit restaurant qui jouxte le mien sur la gauche. Il se tourne alors devant une personne que je ne peux pas voir de ma place et joint les mains en signe de prière; c’est alors que je vois surgir du restaurant un homme qui se met brusquement à genoux et reçoit la bénédiction du bonze. Dans le même moment notre « pénitent » glisse un billet dans le sac à offrandes, que le bonze a fort à propos ouvert. Le bonze ensuite reprend sa marche, ou plutôt sa quête plus loin.
En effet les bonzes ne travaillent pas, comme nos moines, mais vivent des aumônes que leur font la population et ceci quels que soient leurs moyens. J’en reviens à mon illustration prise près du café Brown hier; elle n’est pas totalement fortuite, car j’ai retrouvé un groupe de bonzes attablés dans ce café, dont je vous ai dit que la moindre tasse de café était à 2 dollars! Cela interroge sur ce qu’ils font des aumônes qu’ils reçoivent ou alors, cela signifie que tous les endroits leur sont gratuits, y compris le café Brown!












Comme convenu hier, Sébastien et sa maman Brigitte, qui n’a pas craint d’arriver en scooter avec son fils, m’ont rejoint à mon hôtel pour faire la visite du Palais Royal, puis du Musée de Phnom Penh.
Là encore je regrette de n’avoir pas avec moi une copie numérisée des nombreux documents, qui se trouvent dans mes archives et se rapportent au Palais Royal; notamment les invitations au Palais adressées à mes grands-parents. Mon grand-père s’est trouvé au Cambodge à la fin du règne de Norodom 1er, puis de Sisowath et de Sisowath Monivon. A tout le moins il a été invité aux fêtes à l’occasion du décès de Sisowath et au couronnement de Sisowath Monivong. Une médaille a été frappée pour le couronnement du second et ma mère l’a perdue en me l’apportant; il me reste la boîte…
Notre guide nous a indiqué la porte par laquelle entrait le Roi et ses invités de marque; lesquels empruntaient un tapis rouge déroulé pour l’occasion. Nous avons pu voir la salle du trône, sur lequel le roi ne s’assied qu’une seule fois, le jour de son couronnement. Les autres fois il prend place dans un fauteuil et on dispose des chaises pour les invités. Malheureusement l’endroit reste interdit de photographier et tout au plus ne nous montre-t-on cette salle que de loin. Il faut cultiver le mystère et c’est pourquoi les photos sont également interdites dans la très grande salle, dite d’argent, où le sol est entièrement couvert de dalles d’argent et qui renferme les plus beaux trésors de la dynastie. On peut y voir un bouddha en jade, un autre en or, et paré de milliers de diamants, réalisé avec l’or de l’urne funéraire de Norodom 1er, sur son ordre; ou encore une magnifique collection de
bouddhas anciens, de bijoux, de boites à tabac ou bétel, parures de la Reine et du Roi, etc. Je ne suis malheureusement pas capable de tout vous rapporter et surtout de vous décrire ces pièces merveilleuses.
J’ai ainsi pu constater que je possédais une très belle boîte à bétel en argent ciselé, aussi belle que celles que j’ai vues en vitrine. Notre guide nous a d’ailleurs confirmé que ces objets en argent désormais ne sortaient plus du Cambodge.











Le musée de Phnom Penh est très proche du Palais Royal et soit dit en passant de mon hôtel, aussi nous avons pu faire le trajet à pied. Vous verrez tout à l’heure que ceci a son importance. Ce musée, bien que riche de beaucoup de statues ou petits éléments d’architecture, comme des linteaux, ne dispose pas des moyens de présentation des œuvres que celles-ci mériteraient. On traverse en effet des salles qui respectent la chronologie des œuvres mais les petits objets et statues sont souvent les uns sur les autres et on peine à faire des photographies agréables et lisibles.
Ainsi on commence par la période pré-angkorienne des 6ème, 7ème et 9ème siècles, pour poursuivre avec la période angkorienne et enfin post-angkorienne jusqu’à aujourd’hui. Les salles donnent les unes dans les autres sur un seul niveau. Je ne voulais pas non plus vous assommer avec la succession des Vishnu, Shiva, Brahmà, Bouddha, sans oublier tous les dieux ou personnages secondaires. Je n’ai donc placé ici que quelques photos de statues ou objets, que je trouvais jolis ou qui me rappelaient ceux que nous possédons dans notre famille.
Alors que nous avions terminé la visite, un orage, comme il s’en produit dans ces pays, est survenu et dont l’intensité nous a bloqués un certain temps. Vous pourrez en juger vous-mêmes par la photo qui clôture la journée.
Demain je reste à Phnom Penh et retournerai voir les marchés et visiterai sans doute le Musée du génocide de Tuol Sleng.
Quelques photos d’objets rapportés par mes grands-parents, photographiés à mon retour.




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