Bougie d’anniversaire à Ponferrada Je souffle ma bougie d’anniversaire Départ de Ponferrada Un trottoir éclairé Sous une voûte d’arbresErmitage Divine Cristo de Fuentes NuevasMoins de 200 km pour Compostelle Église musée Intérieur de l’église Saint Jacques de Compostelle ComponarayaCacabelosPaysage de vignesPins parasols et vignesArrivée à Villafranca del Bierzo Église de San Francisco Église de Santiago Couvent de Saint Nicolàs el Reàl
Revenons donc à hier soir où plusieurs d’entre nous avaient choisi de dîner à l’auberge. À en juger par le parfum de la cuisine, qui chatouillait agréablement mes narines, l’hôtesse savait cuisiner. Cela s’est d’ailleurs vérifié, alors même qu’elle nous avait donné le choix entre deux entrées et deux plats de résistance.
Il y avait là trois dames qui voyageaient ensemble, une quatrième qu’elles avaient rencontrée, toutes quatre françaises, un couple de coréens et moi. Nos hôtes nous offraient aussi sangria et vin rouge. Et cerise sur le gâteau, ayant appris que c’était mon anniversaire, mon hôtesse est arrivée avec mon dessert surmonté d’une bougie. Mon blog lui s’est invité au dîner et j’ai désormais plusieurs lectrices supplémentaires. Mais la plus grande difficulté a été de traduire le nom du site en coréen, car ces derniers étaient très intéressés à le connaître. J’avais déjà vu ma prose en espagnol, voilà désormais qu’elle est en coréen. D’ici qu’elle devienne « virale » en Corée, il n’y a qu’un pas dit-on…En tout cas j’ai appris à un coréen que l’engouement des coréens pour Compostelle était dû à une série télé, ce que manifestement il ignorait. Ce qui indique que c’est désormais le bouche à oreille qui crée l’affluence des pèlerins de ce pays.
Je ne vous parle pas de ma nuit, toujours agitée: des retardataires, des allers et venues nocturnes et autre bruits de porte et de chasse d’eau; la routine. Les retardataires en ont été pour leurs frais car ils ont été réveillés à 5h30 par votre serviteur, toujours matinal car l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ; mais surtout pour arriver en tout début d’après-midi.
Je suis parti avec le couple de coréens qui, comme moi, se lève tôt, mais surtout qui semblait ne plus dormir depuis un moment. L’intimité est toute relative en dortoir!
Vous allez me trouver moins dithyrambique qu’hier, mais marcher la nuit sous la bruine en sortant d’une ville, puis emprunter des bords de route, voire la route, ne porte pas à l’émerveillement. D’ailleurs, si je n’étais pas si pressé de partir avant l’aube, j’aurais pu assister au passage de la Vuelta dans un des villages traversés. C’est que m’a dit un pèlerin de la Sarre avec qui j’ai dîné avant hier soir.
En revanche les 5 derniers kilomètres à travers les vignes étaient de toute beauté en dépit du temps chagrin.
Arrivé très tôt à 11h30, j’ai eu tout loisir de préparer mes réservations, me détendre un peu, déjeuner vraiment et de visiter la ville. Car demain c’est la fameuse étape de O’Cebreiro qui avec un dénivelé de 1250 mètres, dont des pentes à 16%, nous conduit en Galice.
Portail de l’église de Santiago Échappée vers le château Place principale Collégiale de Santa MariaVue intérieure de la collégiale Retable principal
Au-dessus de Foncebadón au petit matin La croix de ferVue de près Altitude 1500 mètres Le soleil se lève Lumière magique du premier soleil Une forêt dorée par le soleil du matinUn panorama grandiose Tout en bas ma destination Faut-il un commentaire !Ermitage San Sebastien à ManjarinUne maison typique avant la grande descenteUn chemin de pierre comme de la lave pétrifiée Descente plein ouestArrivée à MolinasecaMolinaseca église Saint Nicolas de BariLe vieux pont des pèlerins Intérieur de l’église Arrivée à PonferradaVieux pont de PonferradaChâteau de PonferradaCentre ville de PonferradaDepuis le pont « neuf »
Décidément les dortoirs ne me réussissent pas: baies vitrées éclairées de l’extérieur, froid, ronfleurs en formation orchestrale; rien ne m’aura été épargné. Aussi à 5h30, ai-je sauté dans la salle de bains, sans oser toutefois prendre une douche, étant donné sa proximité immédiate de notre dortoir. Une fois n’est pas coutume, il était possible de prendre un petit déjeuner dès 6h30, je que j’ai fait, ayant expérimenté la veille deux heures de marche le ventre vide.
Foncebadón, déjà en hauteur, n’est pas le point culminant et il nous a donc fallu monter encore jusqu’à 1500 mètres à la Croix de fer et par une température de 2 degrés. C’est un moine ermite, l’abbé Goncelvo qui a placé cette croix qui surmonte un tas de pierres, entre le Xl et Xll ème siècle, pour aider les pèlerins qui devaient franchir les Montes de León pour parvenir à Saint-Jacques de Compostelle. Cette arrivée en fin de nuit suscite une grande émotion, surtout car cette croix guide les pèlerins depuis 1000 ans.
Le jour se lève alors sur un paysage de montagnes extraordinaire, où le marron sombre des roches vient se mêler à tout un camaïeu de vert et de jaune sous l’effet du soleil levant; le tout surmonté d’un ciel bleu parsemé de légers nuages. La lumière du petit matin embrase les arbres et les photos, si belles soient-elles, peinent à rendre cette féerie. Quel beau 9 septembre et que la nature est belle en cette fin d’été.
Mais il me faut maintenant descendre, au propre comme au figuré, de ce décor de rêve pour rejoindre par les étapes formées par les villages traversés, jusqu’à Molinaseca; soit 1250 mètres de descente parfois très abrupte par des chemins extraordinaires. Je n’exagère rien; figurez-vous un chemin, qui aurait la forme d’une coulée de lave, mais qui serait constitué d’une sorte de pierre d’ardoise, un peu comme dans le Limousin. Là aussi les photos ne peuvent rendre les sensations ressenties, d’autant qu’une telle descente réclame au pèlerin une sorte de chorégraphie, qu’il effectue à l’aide de ses bâtons, à la manière du skieur.
La route qui nous sépare de Ponferrada est d’abord peu bucolique, car elle longe la route; elle l’a quittée heureusement pour contourner la ville nouvelle et nous conduire, par le vieux pont, vers le centre ville, où nous sommes accueillis par le château. Celui-ci est immense et j’ai essayé de le prendre en entier, ce qui s’est avéré impossible. Je vous en remets donc quelques photos prises dans l’après-midi, ainsi que de l’église de la Bierzo, intérieur et extérieur, de la porte d’entrée dans la vieille ville et de certaines rues; le tout en « courant », si je puis dire. Je dois vous laisser pour aller manger un dîner que mes narines m’assurent délicieux.
L’ancienne mairieL’église de Santa MariaIntérieur de l’église de Santa Maria Une partie du château Porte d’entrée de la vieille ville Une rue de la vieille ville Belle échappée dans la vieille ville
Chapelle Saint-Martin de Limeuil Chapelle Romane Saint-Martin du XIième siècle Pleine lune à Limeuil La mairie d’Astorga le soirLa cathédrale le soir à 50 m de l’albergue franciscaine Chapelle de ValdeviejasArrivée à Murias de RechivaldoLes stigmates des feux de forêt Arrivée à Santa Catalina de Somoza Entrée dans le village 250 km de Santiago Église del GansoCroix de fortuneChapelle du Christo de la Vera Cruz Rabanal del CaminoIntérieur de l’église de la AsunciónVue des hauteurs avant Foncebadón Église Santa Maria Magdalena de Foncebadón
Me voilà enfin de retour en Espagne, pour terminer cette grande aventure qui me conduit du Puy à Saint Jacques de Compostelle et Fisterra.
En effet le samedi 6 septembre Musique en Périgord, dans le cadre de son cycle, Au Fil des Saisons, donnait son premier concert en la chapelle Saint-Martin de Limeuil avec le trio Sypniewski. Ce fut un succès extraordinaire, tant par la qualité du concert, que par l’affluence record d’un public conquis. J’ai mis deux photos de cette chapelle à destination de ma guide del Sagrado Sepulcro de Torrès del Rio, Yolanda. Elle constatera, si elle me lit, que le portail de la chapelle Saint-Martin, possède aussi des voussures en damier de type mauresque accompagnées d’une croix de Malte. La chapelle est de la deuxième partie du Xll ème siècle et a été commandée par Richard Cœur de Lion, en expiation de l’assassinat de son père. C’est donc bien du côté de la chevalerie templière et de son imprégnation orientale, qu’il faut chercher l’origine de ce motif.
Puisque je vous parle de mon concert de Limeuil, c’est le moment de vous inviter à celui qui aura lieu à l’Espace André Malraux le dimanche 28 septembre à 18 heures. Nous donnerons, en partenariat avec l’Académie Ravel, un duo composé de deux jeunes prodiges: Christian de Se au violon et Antoine Préat au piano. Ils interpréteront des œuvres de Brahms, Debussy, Fauré et Ravel; avec notamment Prélude à l’Après-midi d’un Faune de Debussy et la pièce magistrale Tzigane de Ravel.
Mais je m’égare un peu et revient au 7 septembre au petit matin, jour anniversaire de Brigitte, qui me voit m’élancer en voiture vers Burgos, puis par le train vers Astorga.
Ayant fait mes adieux aux beautés d’Astorga, je parle des monuments bien sûr, je suis parti ce matin vers 6h15. Il ne faisait pas plus de 10 degrés et mon coupe vent me faisait regretter ma polaire, laissée dans le « grand sac ». Parti seul je n’ai pas tardé à rattraper deux français avec lesquels j’avais dîné la veille. Décidé à rester en leur compagnie, nous bavardions jusqu’au moment où il fallut bien se convaincre qu’on était perdus. Il faisait encore nuit et chacun avait un avis sur la question. Finalement j’étais décidé à faire confiance à Buen Camino, mon application fétiche; aussi, devant leur irrésolution, je suis parti dans le sens qui m’était proposé pour trouver la passerelle qui me ferait franchir l’autoroute et me remettrait sur le chemin. J’avoue, moi qui suis une « quiche » pour l’orientation, que j’étais pas peu fier de ma décision.
Je les ai retrouvés plus tard, alors que je finissais mon petit déjeuner et ils ont convenu que j’avais raison. Une fois n’est pas coutume! Cela dit le fait de se débrouiller seul, vous rend plus attentif au chemin.
Je suis donc arrivé, après avoir pique-niqué quelques kilomètres avant Foncebadón, vers 13h15 à mon auberge. L’ambiance sera très différente ce soir car hier, nous étions 26 pèlerins dans la chapelle des franciscains, pour une messe des pèlerins avec une bénédiction individuelle et chacun dans sa langue, ou presque. Mais en revanche les franciscains ne proposent pas de repas, sauf à cuisiner sur place; alors que ce soir il y a un repas collectif proposé. J’ai bien sûr fait ce choix, pour rencontrer d’autres pèlerins.
Hier soir au kiosque dans le parcPalais épiscopal Salle du 1er étage Vierge à l’enfant Vue générale Santiago IdemSantiago début XIII ème siècle Sainte Anne, la Vierge sa fille et l’enfant Piéta fin XVI ème siècle Vierge piétinant un MaureSainte Agathe présentant ses tétons du XVI ème siècle (les tétons aussi)Vue générale du sous-solAutre vue de ses ogivesMosaïque romaine Tombeau du XV ème siècle Salle du 2ème étage salle du trône BureauSalle à mangerChapelleAutel de la chapelle Vitraux du 20 ème siècle façon XVI ème Fresque du XX éme siècle Autre fresque Enfant Jesus du XVII ème siècle Dernier étage
J’ai profité de mon temps libre ce matin, pour visiter le palais épiscopal, dit de Gaudi. C’est lui en effet qui a été chargé par l’évêque d’Astorga de construire un nouveau palais sur les ruines de l’ancien, détruit par un incendie survenu le 23 décembre 1886. L’ancien, résidence des rois ainsi que de Napoléon, était déjà en ruine en 1875, autant dire que cet incendie ne fit qu’accélérer la décision de le remplacer. En 1887 et grâce à l’intervention de l’évêque Grau et faute aussi d’avoir l’architecte du diocèse, indisponible, fut choisi D. Gaudi, qui avait alors 35 ans. L’architecture de ce palais est relativement classique, on est encore loin du Gaudi de la Sagrada Familia, mais au premier regard on pense à Gaudi, tant les prémices de son art sont déjà présentes. On a aussi le sentiment d’une volonté d’intégrer dans cette œuvre, notamment dans la décoration des ogives intérieures, une influence Maure, ce qui est paradoxal, eu égard aux thèmes de certaines sculptures du XV ème au XVIII ème siècle.
Je n’ai pu résister au plaisir de vous mettre quelques sculptures des XIII au XVIII ème siècle, mais surtout du beau XVI ème. Vous admirerez aussi les réalisations du XX ème siècle, vitraux ou fresques, qui à défaut d’être révolutionnaires, sont des « à la manière de », qui annoncent le Gaudi de l’art Nouveau.
Un étage lui est en partie consacré où il est question de Majorque et de la Sagrada Familia, ainsi que de toutes ses réalisations jusqu’à sa mort en 1926.
Les nombreuses représentations de Saint Jacques (Santiago), dont certaines sont ici en photos, illustrent l’exposition du 1er étage consacrée aux chemins de Compostelle.
Encore une raison de venir visiter Astorga! Il me reste encore le musée sur la vie romaine et un ou deux autres lieux, car le temps m’a manqué!
Chemin bordant la route pendant 12 kmArrivée à San Martin del CaminoArrivée à Hospital de OrbigoPuente de OrbigoSur le pontSes archesSan Justin de la VegaPaysageLe sommet, la croix et au loin AstorgaAstorga au loinLa cathédrale d’AstorgaL’hôtel de ville d’AstorgaLe lion écrasant l’aigle (napoléonienne)À la mémoire de ceux qui ont défendu la cité des envahisseurs (nous)Palacio GaudiLa cathédrale Le portail Intérieur de la cathédrale Grand retableRetable de Marie Madeleine et Saint Jean Vierge à l’enfant style byzantin Retable de Saint MichelCloître de la cathédrale Allusion aux guerres de l’Empire?Vie du parc
Si cette dernière journée de marche a commencé comme les précédentes, sur un chemin bordant la route et en grande partie de nuit; tout a changé quand je suis arrivé à Hospital de Orbigo. Cette ville, par le charme de son pont qui nous accueille au premier regard, est la récompense du pèlerin qui chemine déjà depuis près de 12 km.
D’ailleurs, avant de rejoindre le pont je suis abordé par la guardia civil, en la personne d’un gendarme, bien de chez nous, qui me demande fort civilement comment se passe le pèlerinage, d’où je viens et qui, découvrant que je suis français, me propose le cachet de la guardia civil. C’était en outre son dernier jour de « travail » et il n’était pas fort emballé de revenir dans un bureau en France, lui qui passe sa journée en compagnie d’une belle « gendarmette », au soleil de León. C’est la deuxième fois que je rencontre la guardia civil, spécialement en charge de la sécurité des pèlerins et en binôme des deux sexes. J’avais d’ailleurs fait la réflexion après Roncevaux au gendarme français, qui m’avait interpellé, qu’il était agréablement accompagné car la gendarme était charmante.
Bref, trêve de badinage, et passons le pont qui rappelle toutes les époques et notamment un épisode survenu en 1434, où don Suero, fort amoureux de Doña Leonor de Tovar, sollicita de son roi l’autorisation d’organiser un tournoi. Pour conquérir la belle il défia tous les chevaliers de venir rompre la lance avec lui sur le pont d’Orbigo, jusqu’à ce qu’il soit parvenu à rompre 300 lances. Il y parvint bien sûr et épousa sa dame. Cette histoire, toute espagnole, ajoute au charme particulier d’un lieu qui n’en manque pas.
Une fois le pont passé, sans lance briser, nous suivons un chemin qui serpente dans un paysage de maïs ou de céréales, sans oublier les élevages de brebis. Puis nous montons régulièrement dans des chemins, mi-pierreux, mi-sableux, qui nous conduisent finalement, une fois passé le dernier village, San Juan de la Vega, au sommet couronné d’une croix blanche.
Cet instant est impressionnant et émouvant et sans doute les prémices du « Mont-joie » que nous pousserons plus tard en apercevant Santiago au loin. À ajouter à la liste de ces moments tels que la vue des Pyrénées ou celle de Burgos, cette vision au loin d’Astorga, est un grand moment. Il est vrai que la vue est assez dégagée car il nous reste encore au moins 3 km à parcourir.
Nous cheminons d’abord sur un chemin qui nous évite la traversée des faubourgs d’Astoga, avec en permanence l’objectif visible de la cathédrale qui se rapproche lentement. Puis nous grimpons sur une passerelle qui, de degré en degré, en montant puis en descendant, nous permet de passer au dessus de la ligne de chemin de fer, dernier obstacle pour entrer dans la ville.
Là objectivement, nous sommes dans un endroit vraiment charmant où de nombreux monuments méritent un détour. Le premier qui s’offre à notre vue est la Mairie, d’époque baroque, avec son horloge et ses personnages qui battent les heures, comme celle de Venise, en plus modeste. Ensuite le Palacio Gaudi, consacré aux chemins de Compostelle et surtout la cathédrale qui est réellement sublime à l’extérieur et grandiose à l’intérieur. Imaginez-vous un immense quadrilatère à trois travées, dont celle du milieu est plus haute que les deux latérales. La hauteur des voûtes d’ailleurs est immense et cette cathédrale, de style gothique tardif, est pourvue tout autour de chapelles, consacrées à des saints, archanges, à la Vierge ou bien sûr au Christ. Chaque chapelle est enrichie d’un retable et « enrichie » est un euphémisme , tant il y a là profusion d’or et de personnages, sans oublier les colonnes torsadées ou leónaises du plus pur style baroque; tout cela donne à l’ensemble un éclat exceptionnel. Le nombre de ces chapelles est très grand, aussi ne vous en ai-je montré que quelques-unes, ainsi que le gigantesque retable baroque qui occupe le chœur de la cathédrale et qui est une synthèse entre l’apport de Michel-Ange et le style espagnol. Au revers de ce retable se trouve un autre chœur formé de stalles en bois dont tous les personnages sont différents et d’un buffet d’orgue tout enrichi d’or, dont certains tuyaux surgissent à l’horizontal et qui est surmonté de nombreux personnages, comme autant de sculptures, donnant à cet ensemble un effet absolument exceptionnel.
Je ne vous ai pas parlé du Musée de la cathédrale, dont je n’ai toujours pas compris l’ordonnancement, mais qui, comparé à la cathédrale, n’offre pas autant d’intérêt. Il faut aussi aller voir le cloître, qui a moins de charme que les cloîtres romans ou Renaissance car il est d’époque classique.
Ne pas manquer le lion écrasant l’aigle, monument à la gloire des héros qui ont défendu Astorga dans les années 1809/1810 des envahissements des armées napoléoniennes. Il y a également des vestiges de murs romains, d’une villa romaine et un musée consacré à la vie au temps des romains. Pour les gourmands et afin d’être complet, il est possible de visiter un musée consacré à la chocolaterie, spécialité de la ville. Le chocolat fondant, je ne prends pas le risque d’en acheter pour vous en rapporter.
Je vais maintenant occuper mon temps, en attendant le train qui me ramènera à Burgos, puis à Perigueux et enfin à Cendrieux où mes enfants doivent me rejoindre. Mon retour sur le chemin est prévu le 8 ou le 9 septembre, cette fois pour l’achever.
Départ de Léon 300 km pour Santiago Le chemin borde la routePaysage avec chevauxFaubourgs de Villadongos del PàramoSimone et moiLa même borne prise par Simone
Toujours aussi difficile de manger quelque chose de léger à León, car les bars ne peuvent servir que de la bière ou du vin sans accompagnement avant 20 heures. Impossible aussi de trouver une épicerie dans le centre où il n’y a que des bars et des restaurants. Quant aux restaurant j’y suis allé à 14 heures, faute de faire autrement. C’est pourquoi, hier soir j’ai jeuné et ce matin me suis contenté de quelques gâteaux et de l’eau en guise de petit déjeuner.
J’avais fait le choix ce matin de la variante nord qui, comme son nom l’indique, nous fait sortir par le nord de León. Le fléchage est extrêmement succinct et c’est grâce à l’application Buen camino que nous avons réussi à sortir de León.
Peu de chose à dire de cette étape, qui ressemble aux précédentes, par ce qu’elle nous fait longer consciencieusement les routes.
En revanche j’ai fait la connaissance de Simone, un jeune italien de 33 ans, qui entame une nouvelle vie en qualité de psychologue, En réalité il veut donner du bonheur aux autres et recherche dans d’autres cultures, comme la culture indienne, leur philosophie de la vie, la méditation comme un mode de vie, l’art d’une vie saine, hors d’un monde dont les valeurs ne sont que celles de l’argent. Je résume à grands traits, mais cet échange, dont je tais les moments les plus émouvants, a créé en quelques heures, un lien qui pourrait être durable, si nos chemins ne se séparaient pas aujourd’hui même. C’est le charme de ces rencontres où chacun est à un carrefour de sa vie.
Je suis installé dans une albergue toute neuve: La Santa Siesta, puisque le propriétaire n’a ouvert qu’il y a deux mois. Sur les photos que je publie, vous y verrez un dortoir à lits clos, un ensemble de douches et wc. Le principe reste le même, mais les installations sont flambant neuves et de qualité. En outre, les pièces de réception, comme l’entrée et le bar, font plus penser à un hôtel qu’à une auberge. Enfin, comme un bonheur ne vient jamais seul, compte tenu des horaires espagnols, je suis allé au restaurant où j’ai pris le menu du jour. J’avais choisi des asperges et petits légumes en entrée, une sorte de beuf bourguignon frites très copieux en plat de résistance, un dessert, le tout accompagné d’une belle bière et conclu par un café espresso. Or, au moment de payer, je fais remarquer à la serveuse qu’elle a oublié de me facturer la bière comme le café; ce à quoi elle me répond que tout est compris dans ce menu à 14€!
En outre, ayant terminé mon repas à 15 heures, je ne risque pas d’être affamé ce soir. Vous pourrez ainsi remarquer que si j’entretiens les muscles, je nourris le corps et l’esprit. Demain, pour mon dernier jour de marche en août, je me lèverai comme ce matin à 5 heures afin de ne pas arriver tard et visiter l’après-midi et le lendemain matin, avant mon train, tous les beaux monuments qu’Astorga renferme.
Léon à Villadongos del Pàramo : 20 km
Cumul depuis Le Puy : 1234 km
Demain Astorga
Vue d’un dortoir à lits closLavabos et douchesÉglise de Villadongos del Pàramo
Départ de Mansilla par le pontVue du chemin emprunté Affiche de corrida près de Léon Camino dans la zone de Léon Chemin passerelle vers Léon Monastère reconvertiHôtel de Ville et place centraleCathédrale de Léon Portail de la cathédrale Stalles et jubé Retable centralVitraux Vierge du pilier central du portailPiéta de la chapelleVue du cloître avec la cathédrale en fond
Les images parlent d’elles-mêmes, l’étape vers León mérite d’être faite la nuit; pour la chaleur bien sûr, mais aussi parce que c’est laid. Reste qu’entrer dans León la nuit pourrait s’avérer dangereux, en raison de la proximité des voitures. C’est, en partie ce que j’ai fait, puisque je suis parti à 5h30 et arrivé avant 10 heures, avec un petit déjeuner en route. Je suis installé dans l’auberge des pèlerins, qui a l’avantage d’être au centre de la ville.
Petite anecdote, spécifique à la province de Léon. Il est impossible à midi et peut-être le soir, de prendre un verre au bar avec des tapas. Pour être précis on peut commander un verre, mais pas de nourriture; cependant il y en a. Les commerçants de ces bars ont trouvé la solution, puisqu’ils ne peuvent pas en vendre ils la donnent. Vous commandez un verre de vin ou une bière et on vous sert de la bière et une petite assiette à grignoter. Elle est petite et vous ne pouvez pas en redemander; en revanche si vous reprenez une bière ou un verre de vin, rebelote et ainsi de suite. Le système présente des avantages puisqu’il pousse à la consommation, reste que cette politique provinciale n’est pas très vertueuse.
Bien sûr, vous pouvez quitter le bar et aller dans un restaurant, qui lui vous fera payer les mets et les vins; c’est souvent cher, eu égard au niveau de vie des espagnols.
Bon, je ne suis pas resté à table toute la journée et ai fait un tour en ville et visité pour vous la cathédrale. Elle mérite incontestablement une visite (payante: 7€, 6€ pour le pèlerin!), tant il a de richesses variées à l’intérieur. On est immédiatement frappé par la pénombre dans laquelle on entre, mais pour comprendre que ce parti pris met en valeur les vitraux de toutes époques, qui illuminent véritablement la cathédrale et encore le ciel était un peu couvert aujourd’hui, contrairement à tous ces jours-ci. Dès l’entrée, le regard est attiré par le jubé qui cache d’ailleurs le chœur du fond de la nef. Il faut le regarder dans les deux sens, car vu du chœur on peut contempler les magnifiques stalles sculptées et les deux orgues qui se font face. Tout autour du chœur fermé, comme à Chartres, se trouvent des chapelles rayonnantes, toutes richement décorées. Enfin il faut visiter la chapelle dont je vous ai mis en photo la pietà et surtout le cloître, Renaissance pour une grande part. La disputacion de Léon ne manque pas de dire que c’est dans ce cloître que des décisions furent prises, en consultant les citoyens, faisant de Léon le berceau du parlementarisme européen; rien que cela. D’ailleurs beaucoup d’habitants de Léon sont des indépendants forcenés et tous les panneaux indiquant Castilla y Léon, ne conservent que Léon, Castilla étant dûment barrée.
Sur ces considérations politiques je vous laisse à votre soirée.
El Burgo RaneroChemin du jourCroix de Compostelle au bord du cheminReliegos Église de Santa MariaSanta MariaEnseigne près d’une aubergeVue du village et des pastels Une des portes dé Mansilla de Las MulasPorte de Santiago
Encore une étape sous le signe de la chaleur et qui suit continuellement une route, modeste d’ailleurs dans sa fréquentation. Il est à noter que des platanes ont été plantés, dont peu ont la taille suffisante pour donner de l’ombre des deux cotés de l’arbre. Dans dix ans, peut-être sera-t-il plus facile de traverser la meseta en été. D’ailleurs j’ai vu une inscription en anglais, disant en substance, « on est pas venu à Compostelle pour marcher le long des routes ». Il me semble qu’il y a moyen d’améliorer grandement cette situation.
L’anecdote du jour, c’est que je suivais depuis un bon moment un couple « supposé », qui marchait continuellement sur la route, en évitant avec soin le chemin, y compris quand il offrait de l’ombre.
J’étais tellement intrigué, tout en ayant une petite idée en tête, que tout en me rapprochant, je tendais l’oreille pour reconnaître la langue de ces pèlerins. Vous l’aurez deviné, c’étaient des espagnols; qui après que je leur aie fait remarquer, ce sont mis sur le chemin. Ceci explique peut-être cela, les espagnols supportent mieux la chaleur que nous.
Sinon peu de choses à dire de cette étape, bien monotone. Je me réserve donc pour demain.
Bercianos del Real Camino à Mansilla de Las Mulas : 26 km
Église de Santiago de Ledigos Arrivée à Terradillos de los TemplariosLes communs d’une maisoonJolie porte sur ces communsÉglise Entre céréales et tournesolsArrivée à MorandinosBorne ancienne de la province de Palencia Paysage et ombre portée Petite chapelle avant SahagùnSahagùn revendique la moitié du Camino frances Sahagùn église Iglesia de San TirsoArc de San Benito Monastère Santa CruzMonestario Real de San Benito Pont Canto
Une petite anecdote tout d’abord, qui rappellera à ceux qui ont fait le chemin, la hantise de laisser quelque chose à une étape. Arrivé hier à l’alberga La Paloma, je choisis un lit, puis me ravise et en prends un autre, ayant vu une multiprise pour recharger mon téléphone ou la liseuse. À un moment j’entends tomber quelque chose de mon matelas, or toutes mes affaires sont à ma vue. Je plonge ma main entre le matelas et le mur et en remonte une ceinture, munie de deux poches plates et pleines. Je la pose sur le lit d’à côté, au cas où une personne ait choisi ce lit avant moi, bien que cette hypothèse me semble peu probable. Au bout d’un certain temps, ayant levé cette hypothèse, je m’en vais trouver mon hôtesse pour lui faire part de ma découverte. Elle ouvre la première pochette qui contient deux passeports; ce sont ceux d’un coréen, passé à l’auberge le veille. Dans l’autre pochette je ne sais pas ce qu’il y avait mais probablement, soit un téléphone, ou plus sûrement un portefeuille avec argent et carte(s) de crédit. Je laisse mon hôtesse gérer cette affaire et quelques heures plus tard, elle revient me chercher dans mon dortoir pour me dire que je suis attendu par le dit coréen, accompagné de deux amis qui désirent me remercier. À mon arrivée ils se mettent debout tous les trois, s’inclinent respectueusement, comme le font les extrêmes orientaux et me proposent une boisson pour me remercier et trinquer à cette bonne nouvelle. Il est à noter qu’ils avaient fait le voyage en taxi depuis Léon, distante de 100km. De l’utilité de regarder sous les lits en partant, surtout quand le départ est de nuit. Cela dit, en la circonstance, il ne l’aurait pas trouvée (sa ceinture), puisqu’elle était bloquée entre le matelas et le mur. Je m’imagine mon angoisse en Corée, loin de mon pays, sans argent ni papiers…
Mais venons-en à cette étape dont je n’ai encore rien dit. La nuit a été plutôt mauvaise car il faisait chaud dans le dortoir et j’avais des impatiences dans les jambes, voire quelques douleurs articulaires aux jambes, très sollicitées ces derniers jours. Je me suis donc levé à 5 heures et suis parti avant 6 heures, décidé à arriver plus tôt aujourd’hui qu’hier. À Terradillos de los Templarios j’ai rencontré un anglais de Londres, professeur de philosophie, qui parlait espagnol, mais avec lequel nous avons parlé…anglais. Nous nous sommes quittés à Morandinos où je me suis arrêté prendre le petit déjeuner qu’on ne servait dans mon auberge qu’à 7 heures. Soit avait-il mangé dans la sienne, dans le 1er village où je l’ai rencontré, soit se réservait-il pour plus tard, mais je ne l’ai pas revu. J’ai donc continué ma route vers Sahagùn, qui comme Ledigos et d’ailleurs Bercianos del Real Camino, prétend se trouver à mi-chemin entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint Jacques de Compostelle. J’avoue, là encore, que je n’avais pas la motivation suffisante pour faire du tourisme dans cette fournaise; avec surtout la perspective de marcher ensuite sous une chaleur encore plus écrasante.
Cela dit, j’ai remarqué les efforts de nos amis espagnols, pour border les chemins d’arbustes et même de quelques platanes! Comme hier je me suis dépêché et ai pu arriver plus tôt, ayant en outre un peu moins de kilomètres à parcourir. Il me reste désormais deux étapes pour arriver à Léon.
La Collégiale de Santa Maria la BlancaSanta Maria la Blanca au centreChapelle de Santiago et les tombeaux de l’infant Felipe, sa femme et un chevalier de Saint JacquesDouble portail d’entrée Le retable de Saint JacquesMonastère Santa Clara à Carriòn de los Condos Église de Carriòn de los CondosCarriòn de los CondosCarriòn de los CondosCarriòn de los CondosPont de Carriòn de los CondosChemin vers l’ouest, notez l’ombre Un point kilométrique Arrivée à Calzida de la Curea Arrivée à Ledigos Ledigos à mi-chemin du Camino FrancesLedigos
Hier soir je me trouvais dans un dortoir avec deux françaises et un japonais de Nagoya. Celles-ci m’avaient annoncé qu’elles partiraient tôt et avaient prévu de mettre leur réveil à 4h30, pour éviter les grandes chaleurs, car nous devions côtoyer une route pendant l’essentiel de l’étape. Elles avaient tellement souffert de la chaleur l’étape précédente, qu’elles ne voulaient pas renouveler l’opération.
Ayant l’intention moi-même de me lever vers 5 heures, j’hésitais à mettre mon réveil, devenu inutile, mais le mis quand même par précaution. Dans l’intervalle j’avais mis mes boules Quiès pour atténuer le bruit de nos « Chevalières », qui dînent à 22 heures, sans parler des enfants qui jouent dehors et profitent de la relative fraîcheur à la même heure.
Le lendemain je suis réveillé en sursaut par mon réveil et constate que mes voisines sont parties, sans même que je m’en aperçoive, jugez de mon étonnement! Or il se trouve que bien que parties 1 heure un quart avant moi et que nous ayons pris chacun un petit déjeuner (pour moi le deuxième) à Corriòn de los Condos; j’ai fini par les rattraper et les ai félicitées pour leur discrétion. De leur côté elles m’ont attribué des qualités de ronfleur que j’avoue posséder, mais pas au niveau où elles les ont placées. Hélas pour elle, mais pas pour moi, elles ne sont pas parvenues à faire bouger mon matelas pour faire cesser le bruit inconvenant…
Le plus drôle, si je puis dire, c’est que c’était moi qui avait les boules Quiès.
L’inconvénient de partir tôt, c’est qu’il est impossible de visiter tous ces beaux monuments, que je n’ai fait que vous photographier, à défaut de les visiter. Il faudra revenir pour prendre le temps; d’ailleurs si je n’étais pas resté à Villalcàzar de Sirba, je n’aurais rien su de cette magnifique collégiale.
Finalement cette étape d’aujourd’hui m’a semblé moins pénible que celle d’hier; en effet, le chemin bordant la route possédait quelques arbres et nous avons parfois quitté celle-ci. Enfin j’ai accéléré pour arriver plus tôt, la plupart du temps la « tétine » à eau à la bouche, suivant en cela les recommandations des uns et des autres.
Comme vous avez pu le remarquer j’ai atteint aujourd’hui la moitié du Camino frances, sauf si on tient compte du trajet qui mène à Fisterra (100 km).