






















Décidément les dortoirs ne me réussissent pas: baies vitrées éclairées de l’extérieur, froid, ronfleurs en formation orchestrale; rien ne m’aura été épargné. Aussi à 5h30, ai-je sauté dans la salle de bains, sans oser toutefois prendre une douche, étant donné sa proximité immédiate de notre dortoir. Une fois n’est pas coutume, il était possible de prendre un petit déjeuner dès 6h30, je que j’ai fait, ayant expérimenté la veille deux heures de marche le ventre vide.
Foncebadón, déjà en hauteur, n’est pas le point culminant et il nous a donc fallu monter encore jusqu’à 1500 mètres à la Croix de fer et par une température de 2 degrés. C’est un moine ermite, l’abbé Goncelvo qui a placé cette croix qui surmonte un tas de pierres, entre le Xl et Xll ème siècle, pour aider les pèlerins qui devaient franchir les Montes de León pour parvenir à Saint-Jacques de Compostelle. Cette arrivée en fin de nuit suscite une grande émotion, surtout car cette croix guide les pèlerins depuis 1000 ans.
Le jour se lève alors sur un paysage de montagnes extraordinaire, où le marron sombre des roches vient se mêler à tout un camaïeu de vert et de jaune sous l’effet du soleil levant; le tout surmonté d’un ciel bleu parsemé de légers nuages. La lumière du petit matin embrase les arbres et les photos, si belles soient-elles, peinent à rendre cette féerie. Quel beau 9 septembre et que la nature est belle en cette fin d’été.
Mais il me faut maintenant descendre, au propre comme au figuré, de ce décor de rêve pour rejoindre par les étapes formées par les villages traversés, jusqu’à Molinaseca; soit 1250 mètres de descente parfois très abrupte par des chemins extraordinaires. Je n’exagère rien; figurez-vous un chemin, qui aurait la forme d’une coulée de lave, mais qui serait constitué d’une sorte de pierre d’ardoise, un peu comme dans le Limousin. Là aussi les photos ne peuvent rendre les sensations ressenties, d’autant qu’une telle descente réclame au pèlerin une sorte de chorégraphie, qu’il effectue à l’aide de ses bâtons, à la manière du skieur.
La route qui nous sépare de Ponferrada est d’abord peu bucolique, car elle longe la route; elle l’a quittée heureusement pour contourner la ville nouvelle et nous conduire, par le vieux pont, vers le centre ville, où nous sommes accueillis par le château. Celui-ci est immense et j’ai essayé de le prendre en entier, ce qui s’est avéré impossible. Je vous en remets donc quelques photos prises dans l’après-midi, ainsi que de l’église de la Bierzo, intérieur et extérieur, de la porte d’entrée dans la vieille ville et de certaines rues; le tout en « courant », si je puis dire. Je dois vous laisser pour aller manger un dîner que mes narines m’assurent délicieux.







Foncebadón à Ponferrada : 27 km
Cumul depuis Le Puy : 1313 km
Prochaine étape : Villafranca de Bierzo
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