











Une étape, contrairement à celle d’hier, qu’on a envie d’oublier, tant elle fut monotone et surtout sous un soleil de plomb, sans « l’ombre d’un arbre ».
Tout a commencé tôt ce matin; lever 5 heures. réveillé par mon réveil car seul dans mon dortoir et départ à la lampe frontale, prévue la veille. N’ayant pas reconnu le chemin hier, je tourne dans le village et rencontre à 6h05 tout un groupe de jeunes déjà debout à cette heure matinale. Il me font prendre un chemin tout droit, qui longe une rivière et me conduit finalement au Puente Fitero; puis après un km environ, à Itero de la Vega, village qui se trouve sur le chemin. Je pense ne pas avoir emprunté le chemin le plus court, car j’ai vu la veille des pèlerins de cette commune, qui avaient fait moins d’un km pour rejoindre Itero del Castillo, qui se trouve hors du chemin. Au reste j’ai déjà démontré que je n’étais pas avare de mes jambes…
Il ne fait pas frais longtemps sur la meseta et le plateau est plat, si vous me permettez ce pléonasme; si plat qu’on voit au loin un village, qu’il faudra quatre à cinq kilomètres pour le rejoindre. Aussi suis-je content d’entrer à Boadilla del Camino pour prendre un « cafe con leche » auquel je n’ai pas eu droit ce matin dans mon albergue. Cinq kilomètres plus loin, d’un même chemin sans ombre, me conduisent à Frómista, où je reprends café au lait, part de gâteau et coca pour faire bonne mesure. Le coca est en effet la « drogue » du pèlerin car il y trouve caféine, sucre et glaçons, sans oublier la rondelle de citron, petite touche naturelle.
À Fromista je fais l’acquisition de sandwichs à la tortilla; il me reste au moins 12 km à parcourir et il est 10 heures un quart.
Il semble qu’il y avait une option que j’ai loupée et qui permettait, moyennant un km supplémentaire, de suivre la rivière. Si une telle option m’avait était offerte, je n’aurais pas hésité. En effet j’ai dû parcourir plus de 12 km, sous un soleil de plomb, en suivant pendant tout ce temps une route rectiligne. Tout au plus deux villages nous offraient églises et où auberges pour trouver de l’ombre. J’ai d’ailleurs profité des deux, vous en jugerez par les photos de l’église San Lorenzo, de son retable et de ses saints ou christ de procession, bien en vue dans l’église. À ce sujet, en longeant les maisons des villages, j’ai constaté que derrière la porte d’entrée se trouve toujours une autre porte pleine, à un ou deux mètres, formant ainsi un sas qui permet au couloir qui dessert certainement toutes les pièces, de rester frais et ainsi de ne pas réchauffer l’ensemble de la maison. Nous aurions beaucoup à apprendre des espagnols, habitués depuis des siècles à vivre avec le soleil.
En revanche, Napoleón n’ayant pas eu le temps de planter des platanes, comme en France, pour protéger ses soldats du soleil lors de leurs marches de ville en ville; nous pauvres pèlerins transpirons à grosses gouttes. Mais trêve de plaisanterie, car Napoléon n’a pas laissé de très bons souvenirs en Espagne, aussi je suggère que nos amis espagnols plantent des arbres, aussi au bord des routes, pour des raisons autant humanitaires qu’écologiques!
Bref je suis arrivé à mon auberge municipale de pèlerins, gérée par les hospitaliers de l’ordre de Malte, mais dont les chevaliers sont …des femmes.
Demain il y aura à peu près la même configuration de parcours avec moins de villages; autrement dit avec moins d’eau et de rafraîchissements. Car j’oublie de vous dire que je ne bois pas que du café et du coca, mais dispose d’une poche à eau de deux litres qui est désormais vide en arrivant.
Itero del Castillo à Villalcàzar de Sirba : 29 km
Cumul depuis Le Puy : 1114 km
Demain Ledigos
































































































































































