Auteur/autrice : patricelienart

  • Itero del Castillo à Villalcàzar de Sirba

    Puente Fitero de nuit
    San Nicolas à Itero de la Vega
    Le jour se lève sur la meseta
    Arrivée à Boadilla del Camino
    Boadilla del Camino
    Canal de Castilla
    12 km le long d’une route sans arbres !
    Église San Lorenzo à Revenga de Campos
    Intérieur de l’église
    Christ processionnel
    Est-ce Saint Joseph à l’enfant ? On veut y croire
    Arrivée à Villalcàzar de Sirba

    Une étape, contrairement à celle d’hier, qu’on a envie d’oublier, tant elle fut monotone et surtout sous un soleil de plomb, sans « l’ombre d’un arbre ».

    Tout a commencé tôt ce matin; lever 5 heures. réveillé par mon réveil car seul dans mon dortoir et départ à la lampe frontale, prévue la veille. N’ayant pas reconnu le chemin hier, je tourne dans le village et rencontre à 6h05 tout un groupe de jeunes déjà debout à cette heure matinale. Il me font prendre un chemin tout droit, qui longe une rivière et me conduit finalement au Puente Fitero; puis après un km environ, à Itero de la Vega, village qui se trouve sur le chemin. Je pense ne pas avoir emprunté le chemin le plus court, car j’ai vu la veille des pèlerins de cette commune, qui avaient fait moins d’un km pour rejoindre Itero del Castillo, qui se trouve hors du chemin. Au reste j’ai déjà démontré que je n’étais pas avare de mes jambes…

    Il ne fait pas frais longtemps sur la meseta et le plateau est plat, si vous me permettez ce pléonasme; si plat qu’on voit au loin un village, qu’il faudra quatre à cinq kilomètres pour le rejoindre. Aussi suis-je content d’entrer à Boadilla del Camino pour prendre un « cafe con leche » auquel je n’ai pas eu droit ce matin dans mon albergue. Cinq kilomètres plus loin, d’un même chemin sans ombre, me conduisent à Frómista, où je reprends café au lait, part de gâteau et coca pour faire bonne mesure. Le coca est en effet la « drogue » du pèlerin car il y trouve caféine, sucre et glaçons, sans oublier la rondelle de citron, petite touche naturelle.

    À Fromista je fais l’acquisition de sandwichs à la tortilla; il me reste au moins 12 km à parcourir et il est 10 heures un quart.

    Il semble qu’il y avait une option que j’ai loupée et qui permettait, moyennant un km supplémentaire, de suivre la rivière. Si une telle option m’avait était offerte, je n’aurais pas hésité. En effet j’ai dû parcourir plus de 12 km, sous un soleil de plomb, en suivant pendant tout ce temps une route rectiligne. Tout au plus deux villages nous offraient églises et où auberges pour trouver de l’ombre. J’ai d’ailleurs profité des deux, vous en jugerez par les photos de l’église San Lorenzo, de son retable et de ses saints ou christ de procession, bien en vue dans l’église. À ce sujet, en longeant les maisons des villages, j’ai constaté que derrière la porte d’entrée se trouve toujours une autre porte pleine, à un ou deux mètres, formant ainsi un sas qui permet au couloir qui dessert certainement toutes les pièces, de rester frais et ainsi de ne pas réchauffer l’ensemble de la maison. Nous aurions beaucoup à apprendre des espagnols, habitués depuis des siècles à vivre avec le soleil.

    En revanche, Napoleón n’ayant pas eu le temps de planter des platanes, comme en France, pour protéger ses soldats du soleil lors de leurs marches de ville en ville; nous pauvres pèlerins transpirons à grosses gouttes. Mais trêve de plaisanterie, car Napoléon n’a pas laissé de très bons souvenirs en Espagne, aussi je suggère que nos amis espagnols plantent des arbres, aussi au bord des routes, pour des raisons autant humanitaires qu’écologiques!

    Bref je suis arrivé à mon auberge municipale de pèlerins, gérée par les hospitaliers de l’ordre de Malte, mais dont les chevaliers sont …des femmes.

    Demain il y aura à peu près la même configuration de parcours avec moins de villages; autrement dit avec moins d’eau et de rafraîchissements. Car j’oublie de vous dire que je ne bois pas que du café et du coca, mais dispose d’une poche à eau de deux litres qui est désormais vide en arrivant.

    Itero del Castillo à Villalcàzar de Sirba : 29 km

    Cumul depuis Le Puy : 1114 km

    Demain Ledigos

    Église de Villalcàzar de Sirba
  • Hornillos del Camino à Itero del Castillo

    Église d’Hornillos del Camino
    Vue depuis le promontoire d’Hornillos del Camino
    Le soleil se lève sur la meseta
    Une croix couronne la meseta
    Arrivée à Hontanas pour un café à 8h30
    Vue de Hontanas
    Couvent San Anton
    Rencontre d’Ilaria
    Votre serviteur devant Castrojeriz
    Castrojeriz
    Traversée dé Castrojeriz
    Castrojeriz au loin du haut de la Colline qui lui fait face
    Vue panoramique de cette éminence
    La meseta toujours
    Arrivée à Itero del Castillo
    Son église
    Un dortoir de 12 personnes pour moi

    Décidément les dortoirs ne me réussissent pas, ou plutôt je suis trop délicat pour dormir en grande compagnie! Pourtant il faut reconnaître que les espagnols sont plus doués que les français pour combattre la chaleur. Ainsi notre dortoir donnait sur une galerie, elle-même préservée de la chaleur par son exposition et par des rangées de perles verticales, qu’il faut écarter pour sortir et qu’on trouve à l’entrée de beaucoup de maisons, ou de cafés. Ainsi la fenêtre ouverte de notre chambre donnant sur cette galerie, assez fraîche elle-même, nous apportait un courant d’air agréable. Certes nous n’avons pas eu besoin de couverture, ni de couette; mais qu’en aurait-il été en France en pareille circonstance?

    Pour autant et en dépit des boules quiès, j’ai compté les heures et anticipé mon réveil, que j’avais mis par acquis de conscience, mais dont je redoutais l’effet sur mes voisins de chambrée. Au premier signal d’un mouvement des pèlerins les plus matinaux, je me précipite sur la douche dès 4h45, le petit déjeuner étant prévu à partir de 5h30. Une fois l’impulsion donnée, presque tout le monde se lève et prépare, qui son sac, qui ses affaires plus ou moins éparpillées.

    Le petit déjeuner pris, je m’élance juste après 6 heures sur le chemin. Ma distraction thabituelle m’a fait négliger qu’il fait encore nuit et qu’une lampe frontale serait de bon aloi. Cette réflexion, sans doute en raison du manque de sommeil, ne fait pas rapidement son chemin jusqu’à mon cerveau; car il faut attendre la fin de l’éclairage public du village pour que cette évidence s’impose enfin à mon esprit.

    Plutôt que de rebrousser chemin pour prendre la lampe frontale que j’ai laissée dans mon autre sac, j’attends un éventuel pèlerin, plus avisé que moi et qui ne tarde pas à montrer son nez, ou plutôt sa lumière.

    J’ai ainsi cheminé presque trois quarts d’heure avec un espagnol de Burgos, qui ne possédait que sa langue et s’en montrait très parcimonieux. J’ai donc dû puiser dans mes réserves pour nourrir la conversation, avec des résultats mitigés. Je l’ai quitté en le remerciant chaudement dès que le soleil nous a apporté sa lumière naturelle. Je suis ainsi arrivé à Hontanas, distant de 11 km où j’ai pris un 2ème petit déjeuner. C’est là que j’ai rencontré Ilaria, Italienne de Bologne, qui, avant de faire route avec moi, confiait un italien blessé à une jambe, aux bons soins de quelqu’un. Il est vrai qu’Ilaria parle couramment l’espagnol et l’anglais et se débrouille très bien en français. Elle a une formation en Arts plastiques et depuis peu en psychologie, pratique l’aquarelle et crée des spectacles de marionnettes avec sa propre entreprise dans de nombreux pays dans le monde.

    J’ai depuis longtemps imaginé d’illustrer chaque festival de Musique en Périgord par une aquarelle originale et lui ai demandé de me proposer quelque chose. Affaire à suivre cet hiver.

    Ces conversations nous ont accompagnés jusqu’à Castrojeriz, magnifique village qui domine la meseta sur son éminence, comme une sorte de cumulus ou de Castrum. C’est là qu’ont été prises les deux photos, dont votre serviteur et sa nouvelle casquette de méhari.

    La grande difficulté de cette étape nous attendait, une fois descendu du village, avec une montée sévère, rendue surtout plus éprouvante en raison de la chaleur de midi. Une fois parvenu en haut, non sans avoir dépassé pour la première fois, un cycliste « démonté » en raison de l’âpreté de la pente; j’ai pu, sans difficulté, rejoindre l’alberga municipale d’Itero del Castillo, dans laquelle il semble que je sois « seul ».

    Donc pas de ronfleur, de concurrent pour la douche, ni pour l’étendage, le lot habituel du pèlerin. Attendons tout de même avant de nous réjouir…

    Hornillos del Camino à Itero del Castillo : 29 km

    Cumul depuis Le Puy : 1085 km

    Prochaine étape Villalcàzar de Sirga

  • Burgos à Hornillos del Camino

    Burgos hier soir
    Une cigogne sur l’arc de Triomphe antique
    Porte de sortie de Burgos intra muros
    En sortant de Burgos
    Arrivée à Tardajos
    Son église
    La meseta
    Rabé de Las Calzadas
    Vierge de la chapelle de Rabé de Las Calzadas
    Chapelle vue extérieure

    Après trois semaines d’absence, en raison du 37ème festival de Musique en Périgord, qui s’est d’ailleurs très bien passé, me revoilà sur le chemin. Je n’ai d’ailleurs pas perdu une minute, puisque rentré du concert de clôture à Périgueux vers minuit et demie, je suis parti avec armes et bagages avant 11 heures; et encore parce qu’en dernière minute j’ai cherché des objets que j’avais « trop bien » rangés! L’autoroute aidant, j’étais vers 18 heures à la station ferroviaire de Burgos, où j’ai laissé mon véhicule au parking, puis je me suis rendu en bus au Centre de Burgos où j’avais réservé une chambre estudiantine. Les espagnols sont très forts en ce domaine et louent, à travers des sociétés idoines ou sans celles-ci, les chambres des étudiants aux touristes ou pèlerins, pendant les vacances d’été.

    Celle-ci présentait l’avantage d’être dans le centre de Burgos et très près de la cathédrale; autrement dit proche du cœur battant de Burgos, mais aussi du chemin.

    C’est pourquoi ce matin, après m’être tourné deux heures dans mon lit, j’ai jugé bon de me lever à 6 heures pour me préparer et partir avant sept heures. Les prévisions de température, à en croire nos journalistes, jamais avares de superlatifs, laissaient craindre des températures caniculaires, frôlant parfois les 40 degrés en Espagne. Hier soir pourtant, le vent aidant, on aurait volontiers supporté une petite laine et ce matin il faisait 13 degrés pour affronter la terrible meseta.

    Un café ouvert avant sept heures me tendant les bras, je me suis offert un « cafe con leche » et un « croissant » (en espagnol dans le texte).

    C’est en sortant de cet établissement que, revenu sur le chemin de Santiago, j’ai rencontré Claudio, un italien de 36 ans, originaire de Milan, financier dans l’énergie sous toutes ses formes, qui, ayant quitté son job, cherche sur le chemin sa voie, si je puis faire ce jeu de mots.

    Comme nous marchons tous les deux rapidement, nous avons fait équipe. Lui, est parti de Saint Jean Pied de Port le 26 juillet, autant dire qu’il ne fait pas des étapes de 20, voire 25 km. Nous nous sommes tout de même arrêtés à Tardajos pour prendre, qui deux bons cafés, qui une petite collation.

    Nous avons fait halte aussi à la chapelle de Rabé Las Calzadas, où une sœur nous a invités à rentrer. Elle nous a distribué une prière à la Vierge de cette chapelle de Notre Dame de la médaille miraculeuse, puis nous a bénis, chacun notre tour, en disant la prière en espagnol pour Claudio et en français pour moi; tout en nous passant la dite médaille autour du cou. Encore un de ces moments uniques et forts sur ce chemin.

    En dépit de ces arrêts notre rythme soutenu nous a conduits au terme programmé de mon étape de 21 km à Hornillos del Camino avant midi. Nous nous sommes donc séparés, remettant à la Providence, une éventuelle prochaine rencontre.

    J’ai d’ailleurs décidé, en raison de ces arrivés « prématurées », de prolonger mon étape de demain, pour dépasser mon objectif initial de me rendre le 14 août à Leòn. Il est donc possible que je pousse jusqu’à Astorga.

    Burgos à Hornillos del Camino : 21 km

    Cumul depuis Le Puy : 1056 km

    Demain : Itero del Castillo y Puente Fitero

  • San Juan de Ortega à Burgos

    San Juan de Ortega en soirée
    Départ vers Burgos
    Dernière montée avant de redescendre sur Burgos
    La croix marque le sommet
    La modestie des castillans
    Vue des villages vers Burgos
    Église en ruine de Villalval
    On suit la route pendant des km
    Bord de rivière à Burgos
    Arrivée dans le centre
    Auberge des pèlerins
    Dito
    La cathédrale de Burgos
    Le portail de la cathédrale
    Place Santa Maria et la cathédrale
    El Palacio de Capitania general
    Plaque du Palacio
    Intérieur de la cathédrale
    Parroquia de San Lesmes Abad
    Portail
    Retable
    Gisants
    Retable de la crucifixion
    Retable en bois

    Décidé à arriver de bonne heure à Burgos, comme beaucoup, j’étais debout à 5h30 environ et grâce à l’obligeance de notre hôte, j’ai pu prendre un petit déjeuner avant de partir à 6h30.

    Ce n’est pas toujours le cas, ainsi dans le quartier de mon hôtel à Burgos, certains cafés n’ouvrent qu’à 9 heures! Il faut donc toujours avoir quelque chose à grignoter, pour ne pas souffrir d’inanition le matin, surtout quand on doit marcher longtemps avant de trouver un café ouvert.

    L’étape de San Juan de Ortega vers Burgos ressemble à celle de la veille, dû moins dans sa première partie. Nous sommes encore en altitude, les arbres sont présents et il fait frais, surtout à cette heure là.

    Nous montons ensuite des chemins empierrés, qui sont bordés par notre gauche par des fils de fer barbelés, très délabrés et qui marquent la limite d’un terrain d’entraînement militaire. C’est alors que nous arrivons à une croix qui marque le sommet de notre ascension, une pancarte nous annonce une vue exceptionnelle, y compris pour le pèlerin qui en a vu d’autres. Soit que le temps, un peu nuageux, nous l’ait atténuée, elle ne m’a pas parue telle. En revanche elle annonce, outre les petits villages à venir, la grande ville de Burgos.

    Commence alors une descente ininterrompue qui passe par plusieurs villages où nous pouvons prendre un café et nous restaurer. La suite est moins agréable, car il nous faut emprunter la route pour rejoindre Burgos. Grâce à Rémi, je sais qu’il y a moyen d’éviter la grande zone industrielle de Burgos, en prenant un chemin à gauche 7 km environ avant d’arriver. Je guette une quelconque information que je ne trouve pas, faute de fléchage.

    Je suis en compagnie de Rosella, une sicilienne de 30 ans que j’ai rejointe; elle demande sa route à un espagnol, fils d’immigré en France et qui parle évidemment couramment Francais. Il s’appelle François et se propose de nous conduire vers un camino verde, aménagé par la mairie de Burgos pour compenser l’empiètement de la zone industrielle sur l’ancien chemin.

    Une fois arrivés à ce Chemin Vert, qui suit la rivière il nous quitte en nous disant qu’il nous suffira de le suivre jusqu’à la cathédrale. De fait cette petite rivière coule jusqu’au cœur de Burgos, mais surtout ce chemin nous évite le bruit de la circulation et la vue de la zone industrielle tant redoutée.

    Toujours les rencontres qui vous changent la vie.

    Autant j’étais en pleine forme pendant toute la matinée, autant je me sens brusquement fatigué, de poser mon sac à l’hôtel, errer pour manger quelque chose, essayer de visiter, retourner à l’hôtel pour obtenir la clé enfin à 15h30; chercher cette chambre avec mon barda alors qu’elle se trouve dans un autre bâtiment avec clés et code…

    La cathédrale, comme beaucoup de monuments religieux, est fermée aux touristes sans ticket d’entrée. Le temps passant et la fatigue qui m’a amené à faire la sieste, je me contente de jeter un œil à l’intérieur de la cathédrale et de visiter l’église la plus proche de mon hôtel. Je verrai la cathédrale une autre fois.

    Je vais enfin en reconnaissance pour situer l’endroit où je devrai prendre mon bus le lendemain pour prendre le train pour Pampelune; il est temps pour moi de dîner et de me coucher pour me lever à 6 heures.

    San Juan de Ortega à Burgos : 26 km

    Cumul depuis Le Puy : 1035 km

    Prochaine étape : Périgueux

  • Belorado à San Juan de Ortega

    Rio Tijòn dans lequel se jette le Rio Oja avant de se jeter lui-même dans l’Ebro
    Église de Tosantos
    Point d’étape
    Église de Villafranca Montes de Oca
    Prise de l’autre côté
    Paysage de la haute Castille
    Monument aux victimes du franquisme
    Un chemin en sous-bois, enfin
    Arrivée à San Juan de Ortega
    L’église et la chapelle de San Juan de Ortega
    L’église
    Son retable de Saint Jérôme
    Intérieur de l’église
    Saint Jacques de Compostelle
    Chœur de l’église et cénotaphe de San Juan de Ornega
    Détail des corniches historiées
    Retable du jugement dernier
    Retable de la chapelle et sarcophage de San Juan de Ortega

    Cette étape était bien agréable comparée à celle d’hier, j’ai enfin revu des arbres et donc de l’ombre, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours. Nous sommes désormais en haute Castille et avons retrouvé des champs de céréales et des collines recouvertes d’arbres. Aussi, comme nous montons continuellement pendant 500 mètres, une grande partie de la montée se fait à l’ombre et surtout dans une atmosphère assez fraîche, comparée aux températures des jours précédents.

    Étant parti assez tôt (6h55), par une journée moins chaude que celle d’hier et en altitude (1150 m au sommet), ce fut une étape comme je les aime.

    Bien sûr j’aurais eu le temps de continuer, car certains, arrivés 3 heures après moi, repartent plus loin; mais mon sac est là aussi et j’attendrai donc demain.

    D’autant que l’étape de demain pour Burgos ne fait que 26 km et j’y serai bien assez tôt. Je viens de m’y réserver un petit hôtel, avec chambre seul et salle de bains partagée, à un bon prix ; qui me reposera des deux nuits dernières passées en dortoirs.

    Sans attendre même d’avoir pris possession de mon lit, je suis allé visiter l’église et le chapelle de San Juan de Ortega. Ce sont vraiment des lieux magnifiques, qui renferment des chefs d’œuvres tels que le cénotaphe de San Juan de Ortega du XVème siècle, le chœur roman du XIIème ou les corniches historiées de la même époque. Il y a aussi le retable de Saint Jérôme des XVème et XVIème siècle et celui du jugement dernier de la fin du XVIème siècle.

    Je suis plutôt content de mon téléphone qui fait vraiment des photos, étonnantes de netteté. Quand je me rappelle les moyens que nous mobilisions, il n’y a pas si longtemps, pour un résultat souvent inférieur à celui auquel on parvient aujourd’hui avec un « simple » téléphone!

    Je ne vous en dit pas plus car je n’ai pas la prétention de me faire spécialiste en histoire de l’art. Je constate, avec étonnement, que de nombreux pèlerins passent sans même jeter un œil…Finalement, tout en marchant vite, je prends le temps de me placer dans les pas des pèlerins d’autrefois, lesquels se faisaient un devoir de faire leurs dévotions dans toutes les églises qu’ils rencontraient sur leur chemin.

    Belorado à San Juan de Ortega : 24 km

    Cumul depuis Le Puy : 1009 km

    Demain Burgos, terme provisoire de mon pèlerinage.

  • Santo Domingo de la Calzada à Belorado

    Ancien hôpital médiéval transformé en bar restaurant
    Les espagnols le soir
    Pont sur le Rio Oja
    Paysage entre Rioja et Castille nord
    Un point sur le trajet
    Église de Grañon
    Arrivée à Viloria de Rioja
    Paysage entre Rioja et Castille Léon
    Entrée en Castille et Léon
    Villamayor del Rio
    Toujours la route à notre droite
    Eglise de Santa Maria à Belorado
    Église de San Pedro à Belorado
    Rocher auquel s’adosse cette grande maison

    Avant de vous parler de cette étape, je vous ai mis une photo de l’endroit où j’ai pris, hier soir, un verre de Rioja, délicieux d’ailleurs, accompagné d’une petite collation. J’ai trouvé l’endroit tellement beau qu’ainsi j’ai pu l’apprécier à loisir. Vous trouverez ensuite une photo, très partielle, du grand pont qui, d’après le panneau, enjambe le Rio Oja. J’ai bien cherché et n’ai pas vu une goutte d’eau. Je suppose que la région Rioja, tire son nom de la rivière.

    Une étape bien pénible, non pas en raison du nombre de kilomètres parcourus, ni de la température, plutôt clémente aujourd’hui; mais la monotonie du chemin a été souvent la règle. Peut-être cette sensation est-elle la conséquence d’un départ sans petit déjeuner ? Il faut reconnaître que ce n’est pas dans mes habitudes; d’ailleurs 6 km plus loin, j’ai pu, comme tous les pèlerins, y remédier à Grañon. Non, il y a surtout des chemins blancs interminables et souvent qui longent des routes et autoroutes. Ce n’est pas près de s’arranger, car nous avons longé une autoroute en construction, que nous avons même traversée, avant d’entrer dans le village de Viloria del Rio; Dieu sait où passeront les futurs pèlerins !

    Bien que fatigué par cette monotonie, mon habitude de marcher vite m’a fait arriver à 11h40 à Belorado. quand l’albergue n’ouvre qu’à 13h30! Aussi, une fois mon repas pris, j’ai dû « poiroter » un bon moment; c’est bien fait pour moi, car j’aurais dû en profiter pour faire des courses, car les magasins n’ouvrent l’après-midi qu’à 17 heures! Il faut prendre de nouvelles habitudes.

    Sur ce je laisse ce blog pour aller à la supérette et voir si les églises et le monastère sont ouverts.

    Monastère Santa Clara
    Idem
    Dessins sur les murs sur concours organisé par la Mairie
    Idem
    Idem
    Ruines de l’église Saint Nicolas

    J’ai finalement trouvé le monastère, assez à l’écart du centre ville, mais surtout privé. À défaut de le visiter, comme les églises, fermées, je vous ai photographié les dessins réalisés sur concours, organisé par la Mairie au fil des années. La démarche est originale car souvent, dans les communes, ces dessins sont plus subis que souhaités.

    Santo Domingo de la Calzada à Belorado : 23 km

    Cumul depuis Le Puy : 985 km

    Demain San Juan de Ortega et le passage des 1000 km

  • Nàjera à Santo Domingo de la Calzada

    Départ de Nàjera
    Grand soleil sur le chemin
    Oui c’est un golf
    Arrivée à Santo Domingo de la Calzada
    La cathédrale
    La tour
    Depuis la tour
    Les cloches
    L’horloge fin XVIIIème
    Intérieur de la cathédrale
    Retable principal de la cathédrale
    Abbaye de San Francisco vue de la tour
    Intérieur de l’abbaye de San Francisco
    Un des innombrables retables de la cathédrale

    Une journée très ensoleillée, pas d’ombre, des chemins interminables, des vignes, mais de nouveau des champs de céréales moissonnés; voilà le résumé de cette journée fatigante pour le marcheur.

    Je ne peux que me féliciter de faire porter mon sac, que j’ai retrouvé et de disposer d’une poche d’eau pour boire à volonté sans m’arrêter. Vous aurez néanmoins remarqué que j’ai fait une halte à la cafétéria du golf de Cirueña, au moment où les golfeurs prennent, qui un café qui un rafraîchissement après avoir golfé « à la fraîche ».

    Bien que parti tard à 7h20, après mon petit déjeuner, je suis arrivé avant l’ouverture de ma pension et du service des restaurants, généralement à 13h.

    Après avoir mangé une spécialité du pays, des tripes, que le serveur répugnait à me servir, craignant que je lui rendissent (intactes), mais qui fut rassuré à la vue de mon assiette bien « récurée »; j’ai pris domicile dans ma pension, une chambre avec lit double et salle de bains privative. Un luxe que je ne m’offrirai pas demain, ni probablement le surlendemain.

    Comme hier j’ai pris mon billet d’entrée, valable dans trois monuments dont la cathédrale. Les espagnols, comme les italiens, font souvent payer les entrées dans les lieux de culte; au moment où nous nous y opposons à Paris.

    Je veux ici m’excuser auprès de ceux qui ont une indigestion d’architecture sacrée, mais ici on ne sait où donner de la tête et des yeux. Ce qui est particulièrement impressionnant, c’est cette profusion de retables baroques, d’une richesse inouïe dans la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada; il y en a dans toutes les chapelles latérales…

    Vous aurez aussi une pensée émue, quand vous saurez que j’ai gravi toutes ces marches dans la tour, pour vous faire profiter de ces belles échappées et de la vue des cloches. Ces cloches sont très nombreuses et ont chacune une fonction; l’une sonne le quart d’heure, deux autres une heure particulière. À vrai dire je ne sais pas vraiment si c’est au point que l’on puisse savoir l’heure, par le nombre de coups, comme par la nature du son que rend chaque cloche.

    J’ai bien sûr beaucoup d’autres photos, ainsi que des détails de retables, mais je ne vous les fournirais qu’à la demande!

    Je vais maintenant finir mes réservations avant d’aller dîner.

    Nàjera à Santo Domingo de la Calzada : 21 km

    Cumul depuis Le Puy: 962 km

    Demain Belorado

  • Logroño à Nàjera

    Cathédrale de Logroño
    Autre vue de l’intérieur
    Le couronnement de la Vierge
    Arrosage des pelouses de Logroño
    Suite du parc de Logroño
    Lac au sud ouest de Logroño
    Arrivée à Navarrete
    Vestiges d’un Hospitalier pour pèlerins
    Église de Navarrete
    Entrée de cimetière
    Paysage de la Rioja
    Arrivée à Nàjera
    Paysage type Colorado
    Que d’eau !
    Église de Nàjera
    Monastère de Santa Maria de la Real
    Cloître de Santa Maria de la Real Nàjera
    Cloître avec jeux de lumière
    Retable de Santa Maria de la Real
    Stalles du monastère
    La vierge pour Camille détail du retable

    À la demande générale et malgré l’heure tardive, je le dois à mes lecteurs, je me mets à mon compte rendu journalier. J’ai pris un peu de retard car je n’ai pas reçu mon sac, en raison de mon manque d’expérience; ce qui m’a amené à rechercher quelques objets indispensables d’ici demain.

    Je suis parti finalement vers 7 heures ce matin et ai avalé café et croissants au café du coin; heureusement certains sont ouverts tôt le matin.

    Comme je vous le disais hier, Logroño est une grande ville et j’appréhendais de la traverser aujourd’hui. J’ai été très favorablement surpris car, dès le début, le chemin nous fait traverser un parc immense, qui court tout au long de la ville dans la direction sud-ouest du chemin. C’est à la fois le chemin de Compostelle et celui des sportifs: coureurs, marcheurs ou cyclistes. Il se poursuit pendant au moins 5 kilomètres et peut-être plus si l’on y inclut le tour du lac qui le prolonge.

    Dans sa première partie, les pelouses sont arrosées le matin par de multiples jets, qui ont pour effet bénéfique de rafraîchir sportifs et pèlerins. Des canaux étroits ont pour fonction de recueillir l’eau, ce qui me laisse à penser que ce système, loin de la gabegie que l’on imagine, est plutôt vertueux. Bref cette sortie de Logroño est plaisante et laisse place à des chemins qui traversent des paysages de vignes et d’oliviers. Nous sommes en effet entrés depuis hier dans la Rioja, nom du vin célèbre qui fait pendant à celui de Bordeaux en Espagne.

    Arrivés à Navarrete où les pèlerins font étape après 12 km, il faut bien convenir que l’on longe de façon interminable la route qui mène à Nàreja; en outre aujourd’hui il fait plus chaud qu’hier et la monotonie ajoutée à la chaleur en éprouve plus d’un.

    En arrivant, après une bonne douche et la déconvenue du sac absent digérée, j’ai fait avec plaisir la visite complète du monastère de Santa Maria de la Real, pièce maîtresse de Nàjera . Je vous laisse admirer les photos qui tiendront lieu de commentaires.

    J’ai fait aussi la connaissance d’une jeune femme de 30/35 ans, dont je tairai le prénom, qui m’a beaucoup impressionné par sa force de caractère. Elle poursuit en effet son pèlerinage, qu’elle a commencé, alors qu’elle était en chimiothérapie pour un cancer du sein. Ainsi, là où le pèlerin profite de son étape pour faire tamponner sa credential; elle se faisait faire ses prises de sang, feux vert de la prochaine chimiothérapie! Son oncologue, recevant le résultat d’analyse du Puy, pouvait en conclure qu’elle était sur le chemin. Inutile de dire la difficulté de faire le chemin dans un tel état de faiblesse! Chapeau bas.

    Je vous laisse sur ce beau témoignage.

    Logroño à Nàjera: 28 km

    Cumul depuis Le Puy : 941 km

    Demain Santi Domingo de la Calzada

  • Torres del Rio à Logroño

    Dîner d’hier soir
    Départ de Torres del Rio
    Le paysage change sensiblement
    Des moutons pour la première fois
    Arrivée à Viana
    Viana de plus près et depuis un chemin
    Porte d’entrée de la vieille ville
    Église Saint Pierre de Viana
    La vieille ville de Viana
    Maison typique d’Espagne
    Logroño au loin
    La cathédrale de Logroño
    Le parlement de Rioja
    L’église de Santiago
    Son retable
    Son orgue en restauration
    Les voûtes à la manière de l’église du Saint Sépulcre de Torres del Rio
    Vierge à l’enfant
    Grille d’entrée
    Vierge d’ostentation

    Avant de ressortir avec deux espagnoles, rencontrées hier, et qui m’ont donné rendez-vous à la cathédrale puis dîner en ville; je vous dis quelques mots de ma journée.

    Comme j’en ai pris l’habitude, je m’étais levé à 5 heures, me fiant à la promesse de notre hôte de nous accueillir dès 6 heures au petit déjeuner. J’étais donc prêt bien avant et attendais que quelque chose bouge dans la maison. Un réveil avait sonné dans le dortoir de mes voisines mais le calme était revenu. Je commençais à me demander si j’avais bien compris l’heure des festivités, d’autant que personne ne s’est levé avant 7 heures. Mes voisines levées, elles me confirment ce que j’avais compris… En outre toutes les portes étaient fermées et la principale barricadée. Brusquement je trouve un écriteau sur une porte expliquant que si, d’aventure, vous souhaitez partir avant 8 heures, il vous est possible de sortir par celle-ci. Effectivement elle donne sur la rue, par des marches, je peux m’évader. Mourant de faim, je me mets en quête d’une autre albergua dont les propriétaires seraient plus matinaux. C’est à ce moment que ma guide d’hier de la Iglesia del Sancto Sepulcro m’indique que je tourne le dos au chemin. Je lui en explique la raison et elle m’emmène chez elle, me sert café au lait, gâteaux, fruits dont des fraises délicieuses, le tout en compagnie d’une jeune italienne, qu’elle a autorisée à camper dans son jardin et à qui elle offre le couvert. Voilà encore une personne pour qui la charité n’est pas qu’un précepte religieux. Ce chemin continue de m’apporter chaque jour la preuve de ses bienfaits.

    Requinqué grâce à Yolanda, ma bienfaitrice, me voilà plein d’énergie, reparti en direction de Viana, seule localité de mon étape avant Logroño et distante de plus de 10 km.

    Les paysages changent désormais sensiblement et les oliviers commencent à remplacer les céréales. Il n’y a toujours pas beaucoup d’ombre, mais il fait réellement frais le matin. Arrivé à Viana je peux prendre un café et acheter quelque chose pour mon déjeuner, bien que je ne sois qu’à 10 km de ma destination.

    La seconde partie du parcours me fait longer de loin en loin et à distance raisonnable les routes, voire les autoroutes. En outre l’arrivée à Logroño, ville de 150000 habitants, s’accompagne des entrées de ville, que les concepteurs du chemin savent habilement esquiver, ce qui n’est pas chose facile.

    Je ne vous commente pas ma visite de l’église de Santiago dont j’ai posté des photos et vous mettrai celles de la cathédrale demain en vous parlant de Nájera.

    Torres del Rio à Logroño : 20 km

    Cumul depuis Le Puy : 913 km

    Demain Nàjera

  • Àzqueta à Torres del Rio

    Départ d’Àzqueta
    Petit lavoir ou source
    Villamayor de Montjardin
    Los Arcos et son église
    Los Arcos porte d’entrée et église
    Un champ de blé ?
    Des oliviers bordent le chemin
    Au loin le village de Sansol
    Torres del Rio
    Sansol vu depuis Torres del Rio
    Torres del Rio
    Iglesia del Sancto Sepulcro
    Iglesia de San Andrés
    Le Christ de la Iglesia del Sancto Sepulcro
    La coupole de la Iglesia del Sancto Sepulcro
    Les chapiteaux et la frise en damiers

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Autant je me suis régalé avant hier à la Drogueria: petits poivrons verts puis pied de cochon à la sauce verte; le tout léger je vous assure; en revanche mon hôtesse d’hier, charmante au demeurant, avait eu besoin d’une cuisinière pour me préparer un ensemble composé d’un œuf, de la ratatouille et des pommes de terre à l’eau, sans oublier une salade dure et à assaisonner.

    Le tout était servi avant que j’arrive et une partie de ce patchwork culinaire était froid. En outre j’ai mangé seul, car les espagnols mangent à 10 heures, de même qu’au petit déjeuner, car ils se lèvent tard. (Pas tous)

    Je ne suis pourtant parti qu’à 7h15 pour Torres del Rio, distant de 22 km.

    Puisque je ne vous parle pas beaucoup des paysages et bien qu’il y ait des photos, je voudrais vous décrire les paysages du jour. Je suis parti d’Àzquetta, village en hauteur, pour monter encore afin de contourner une colline et rejoindre une autre vallée. La première partie de mon périple m’a fait longer des vignes, qui poussent à flanc de colline, dans une terre très caillouteuse.

    Dans la seconde partie, des grands champs de céréales (blé? À confirmer par les spécialistes), occupent le fond des vallées, alors que les vignes disputent aux bois le flanc des collines. Parfois le champ de céréales fait place à des oliviers. D’ailleurs le climat, de type méditerranéen, est continental. Il y fait relativement frais, notamment le matin, et en haut des collines le vent souffle fort, souvent pour alimenter des éoliennes.

    C’est un très beau paysage, mais, installé sur ce plateau pendant 5 km, le chemin blanc semble interminable.

    C’est ainsi que l’on aperçoit de très loin le village de Sansol, dont l’église a du charme, mais ne se visite pas. Une fois arrivé à ce village, on n’est plus qu’à 750 mètres de Torres del Rio, ma destination du jour. Cette fois mon choix était le bon; non pas que Los Arcos soit sans intérêt, mais l’église était également fermée.

    En revanche, à peine arrivé à Torres del Rio et sans aller préalablement à mon albergue; je suis entré dans l’église del Sancto Sepulcro.

    Hier je vous ai dit que des bénévoles se trouvaient dans toutes les églises et celle-ci ne fait pas exception, car j’ai été immédiatement abordé par une dame charmante, qui a entrepris de me la présenter en espagnol.

    J’ai rarement entendu des explications si documentées que celles que j’ai reçues et je crains de ne pas être fidèle dans ma description de cette magnifique église; d’autant que mon guide lira mon blog…qu’elle me pardonne!

    Cette église date du XII ème siècle et est bien sûr Romane, mais sa grande élévation et certaines techniques architecturales employées, la classent dans la période de transition avec le gothique. En outre son plan architectural de forme carrée est complètement inspiré du Saint-Sépulcre de Jérusalem; or cette église faisait partie du domaine templier, comme d’ailleurs l’auberge où je réside, la Pata de Oca. Mais il y a d’autres influences: celle des Maures qui ont occupé l’Espagne 700 ans et cette partie de la Navarre, au moins 100 ans. Enfin il est à noter les frises en damiers qui décorent tout le pourtour et les chapiteaux dont deux sont historiés.

    Je vous laisse enfin méditer sur le Christ qui semble serein, déjà au-delà de la souffrance, et qui annonce la résurrection.

    Àzqueta à Torres del Rio : 22 km

    Cumul depuis Le Puy : 893 km