Las de souffrir la nuit en dépit des traitements proposés, j’ai contacté mon médecin traitant qui m’a fait une nouvelle prescription. Or il semble, au bout de deux jours que la sienne soit plus efficace…
Quoi qu’il en soit et avant que ma sciatique cède définitivement, je (me fais) rapatrier en ambulance vendredi 9 mai pour Cendrieux, et non à l’abbaye de Boschaud.
Il sera toujours temps, si ma santé le permet, de reprendre mon périple pour poursuivre mon chemin vers Compostelle d’ici fin juin, qui constituait le terme le plus éloigné que je m’étais accordé.
Finalement ce n’est pas un lumbago mais une sciatique, ce qui laisse à penser que j’ai un peu « tiré sur la ficelle ».
Recueilli par mes amis les Guillot dans leur villa de Saint-Gaudens depuis hier, j’ai fait un détour par le service d’urgences, qui m’a renvoyé au service médical de garde, lequel m’a prescrit anti-inflammatoires et antidouleurs et de me reposer…un certain temps…
En attendant, comme le souligne malicieusement Patrick, je « fais salon » à la manière de Juliette Récamier, que l’on représente souvent sur une méridienne, par référence à la position moins gracieuse que j’adopte sur son canapé en décubitus latéral!
J’attends les jours qui viennent pour décider, en fonction de la situation, de la suite à donner à mon pèlerinage. Tout dépend d’abord du temps nécessaire à ma guérison, rapporté à celui qu’il me faut pour atteindre Santiago, voire Fisterra.
Dans tous les cas, compte tenu du rappel à l’ordre de mon dos, j’envisage de voyager plus léger et, au diable la tradition, de faire porter mon sac. En outre, pour mettre toutes les chances de mon côté, je commencerai par des étapes plus courtes. Reste à définir, dans le cas d’une pause, plus ou moins prolongée, où j’attends mon heure pour être au plus près de Larressingle, d’où je devrais repartir.
L’église fortifiée de Larressingle Le château en travauxEnceinte du castrum
Voici les photos promises de ce bel ensemble architectural composé d’un château, d’une église fortifiée et d’un groupe de maisons moyenâgeuses, le tout enserré dans des remparts. Les travaux déparent un peu l’ensemble mais il reste que c’est le plus petit village fortifié de France et il mérite vraiment le détour.
Des nouvelles de ma santé maintenant depuis deux jours j’ai une crise de lumbago et ne parviens pas à calmer la douleur qui m’empêche de dormir. Ce matin j’étais résolu à faire porter mon sac pour marcher les 20 km de la prochaine étape sans la charge qui aggrave mes problèmes.
Tout était organisé, mais quand j’ai voulu marcher, je me suis rapidement rendu compte que je ne pourrai pas continuer comme cela.
J’ai appelé mon ami Patrick Guillot, qui est le plus « proche« 122 km soit près de 2 heures, pour lui demander de l’aide.
Sa fille Sophie qui est à Riscle vient me prendre ce matin et Patrick demain de là-bas. J’espère en quelques jours pouvoir repartir avec précautions.
C’est bien réconfortant d’avoir des amis et je sais que je peux compter sur eux tous.
Cloître de La RomieuDu haut de la TourFresque de l’église Castelnau-sur-l’AuvignonChapelle Sainte Germaine Chapelle vue de l’extérieur Lac de BousquétaraCondom vue de loinLa cathédrale et les mousquetairesLes stalles et le chœur En route vers Larressingle Le village fortifié de Larressingle
Quelques photos de La Romieu dont la collégiale qui comporte église, cloître et tours. L’endroit est exceptionnel, notamment les fresques, le cloître et la vue depuis la tour.
Quittons La Romieu pour nous diriger vers Condom en passant par le village martyr de Castelnau-sur-l’Auvigon dont il ne reste que les vestiges d’une tour et un monument à la gloire des résistants de la seconde guerre mondiale. Un petit arrêt pour visiter la chapelle Sainte Germaine, puis on fait le tour du lac de Boussétara, qui se trouve à 5 km de Condom.
J’avais décidé de poursuivre ma route après Condom, mais mon mal de dos a rendu ce supplément bien pénible. Je vous ai pris quelques vues de la cathédrale Saint Pierre de Condom qui mérite véritablement le détour. Nous avions d’ailleurs passé la nuit dans cette petite ville Brigitte et moi, et avions fait provision d’Armagnac.
Après Condom la route s’élève gentiment mais continuellement jusqu’à Larressingle, très joli village médiéval. Un des rares exemples de village entouré de remparts et avec son château et son église fortifiée. C’est d’ailleurs un des plus beaux villages de France.
Je vous remettrai demain les photos du village faites après mon arrivée.
Lectoure le soirLa Fontaine de DianeLa Fontaine de DianeL’hôtel Les Doctrinaires Les remparts le soirLes ThermesDépart depuis le grand bastionUne croix sur le cheminArrivée à La RomieuPorte de Rocamadour et café libraire
Grâce aux bons soins que me dispense Dominique, la sœur aînée de Brigitte, médecin de son état, j’ai pu avoir une séance de kinésithérapie, des anti-inflammatoires et une ceinture de maintien (quand cela s’avérera nécessaire). Si on y ajoute l’après midi passé aux Thermes, hammam et bains à remous à gogo, j’ai passé une très bonne nuit au cours de laquelle j’ai déployé tous mes talents de ronfleur. J’avais d’ailleurs prévenu les autres pèlerins tout en préparant mes boules Quies!
L’étape étant plus courte, je ne me suis pas pressé pour partir, mettant ainsi en pratique mes résolutions d’écouter mon corps. Les chemins, bien qu’encore boueux par endroits, commencent à sécher et les sentiers de traverse pour éviter celle-ci sont visibles, car de nombreux pèlerins les ont empruntés ces derniers jours.
Aussi suis-je arrivé à 15 heures en partant à 9h15, tout en m’arrêtant à Marsolan pour me ravitailler, prendre un café et mon nouveau stimulant le Coca-Cola. Décidément quand tout le monde le boycotte, je m’y adonne!
Finalement, aller à Condom demain me paraissait trop court et j’ai donc réservé à Larressingle.
Le Maréchal Lannes, duc de Montebello Au rayon des Saints par la grâce des vignerons La cathédrale Saint GervaisVue du belvédère Le châteauContreplongée du bastion et départ d’une pèlerine
Décidément ce fut une bonne décision de faire une pause, car j’ai pu avoir une bonne séance de kinésithérapie puis deux heures de détente aux Thermes.
Je ne saurais trop pour recommander les thermes de Lectoure: hamam, sauna, jacuzzi , piscine avec toute une série de jets. Un vrai bonheur!
Les spécialistes du Consulat et de l’Empire auront reconnu Jean Lannes, Maréchal de France, duc de Montebello, né à Lectoure le 11 avril 1769 et décédé le 31 mai 1809 à Kaiser-Ebersdorf des suites d’une blessure reçue, alors qu’il se reposait près d’un arbre après la bataille d’Essling. Aimé de Napoléon, doué de grandes qualités militaires et humaines, sa disparition fut une grande perte pour Napoléon comme pour la France. Son monument, par son importance comme son emplacement à Lectoure rendent un légitime hommage à sa vertu. Au-delà de Lannes, Lectoure est une jolie bourgade et les quelques photos que je vous envoie vous en convaincront.
À demain donc pour vous parler de La Romieu.
Le Grand BastionLa cathédrale Saint Gervais Saint Protais vue des remparts
Saint AntoineLa Chaire de l’église Porte d’entrée à Saint AntoineManoir à Saint Antoine Château de FlamarensChâteau en ruine au loin entre Auvilar et LectoureÉglise de MiradouxArrivée à Lectoure
Parti assez tôt d’Auvilar, muni de mon sandwich, j’appréhendais l’état des chemins en raison des pluies de ces derniers jours. Les premiers kilomètres vers Saint Antoine, première étape prévue, étaient convenables, eu égard aux jours précédents.
Par chance, bien qu’on soit un dimanche, le petit café épicerie ouvrait juste et je me fis servir un café que je ne renouvelais pas vu son prix: 2€!
Si les chemins suivaient la route, je leur préférais cette dernière pour éviter la boue. Un peu plus loin, le chemin se séparant nettement de la route, je me résolus à le prendre. J’y rejoignis un autre pèlerin, parti du Puy depuis le 2 avril et qui cheminait à petites étapes de 15 km. Après nous êtres restaurés, nous avons continué de cheminer ensemble jusqu’à retrouver la route. Hélas en redescendant nos chaussures avaient fait le plein de boue, impossible à éviter.
C’est pourquoi, quant le chemin s’est séparé à nouveau de la route, à 10km de Lectoure et jusqu’à cette ville, certains d’entre nous, dont moi, se sont résolus à continuer sur la route.
Aussi, c’est exténués, perclus de douleurs, que nous sommes arrivés à Lectoure au bout d’un périple de 33 km.
Lectoure est une jolie bourgade, perchée sur la colline, dont la cathédrale comme les maisons, sont bâties dans une belle pierre de taille blanche. De nombreux hôtels particuliers illustrent la richesse passée de cette cité.
Arrivé trop tard à 16 h15 pour aller aux Thermes qui ferment à 17 h le dimanche, je me mets en quête d’un autre gîte disponible, le mien étant complet le lendemain. J’en trouve un en face des Thermes!
J’étais décidé aussi à trouver une pharmacie pour acheter de quoi soulager mes douleurs articulaires qui m’empêchent de dormir une partie de la nuit et nuisent à ma récupération.
Or ce matin, en éternuant!, je me bloque le dos. Je tâche de le débloquer ainsi que me l’ont enseigné les kinésithérapeutes que j’ai fréquentés, prends un rendez-vous chez un kinésithérapeute de Lectoure, avant de passer l’après midi aux Thermes.
J’ai réservé à Condom pour demain (32 km), mais me laisse la possibilité cet après-midi, de décaler et de réduire la distance en m’arrêtant à la Romieu, jolie bourgade touristique. Si je veux continuer il faut sans doute que je me ménage plus.
Entrée par le narthex dans l’abbaye de MoissacArrivée à Auvilar Saint Jacques nous salue avant la dernière montée Maisons avec encorbellement et galerie sous toitLa Halle ronde du début XlX ème siecleVue depuis mon salonLe jardin en contrebas La magnifique église d’AuvilarVue du promontoire La Tour à l’horloge
Peu de photos de cette étape, car pour éviter la boue (toujours envahissante), nous avons suivi le chemin de halage qui borde le canal latéral à la Garonne. En outre, une bonne partie de l’après midi, la pluie nous a accompagnés, nous contraignant à porter la pèlerine. Enfin une montée très raide, mais plus courte qu’à Lauzerte, nous a conduit à Auvilar, jolie petite bastide, qui, comme à Montpazier, (pour les périgordins), possède en son centre une halle, sauf que celle-ci est ronde, comme à Ervy-le-Chatel (pour les champenois).
La chance, ou la providence, continue de m’accompagner car je suis accueilli dans un gîte tenu par Monique, qui affiche sa qualité de catholique et reçoit des pèlerins dans les dortoirs de sa grande maison. Or il se trouve que je couche ce soir dans un dortoir, prévu pour 6 personnes, mais dans lequel, comme hier je suis seul. J’ai cette fois-ci un salon de terrasse avec vue sur la magnifique église d’Auvilar et une salle de bains presque attenante. J’ai reçu ce soir, au terme de la messe ma 5ème bénédiction des pèlerins: Le Puy, le Couvent de Malet, Conques, Moissac (avec imposition des mains), Auvilar.
Notre tablée autour de notre hôte à Lauzerte SergeDépart de Lauzerte Belle maison RenaissanceAutre exemple de maison Renaissance avec encorbellement en boisL’ancienne maison de retraite
En partant ce matin de Lauzerte, je ne peux m’empêcher de prendre quelques photos des magnifiques maisons Renaissance de cette belle bastide.
Une collègue de Serge, propriétaire d’un gîte à Moissac, lui a indiqué qu’une partie des chemins après Dufort-Lacapelette est rendue impraticable tant il y de boue. Aussi, après l’éprouvante journée d’hier en raison de la boue, certains d’entre nous conviennent d’une variante dans l’itinéraire pour y échapper. Il s’avère, pour ceux qui ont pris le chemin, qu’il y avait bien des passages boueux, mais pas sur de très longues distances comme hier. Ce qui ne m’empêche pas, comme hier, avant le lieu désigné, de glisser et cette fois de m’étaler nez contre terre dans l’herbe, entraîné par le poids de mon sac; sans pour autant me faire de mal.
Ainsi je fais la première partie de l’étape seul et la deuxième en compagnie d’un petit groupe jusqu’à Moissac.
Une fois arrivé à mon gîte une bonne nouvelle m’attend; je suis seul dans le dortoir, ai à ma disposition draps et serviette, une salle de bains privative et mon hôtesse prend en charge mon linge; bref je suis un coq en pâte. D’autant que mon gîte est à 50m de la basilique, que mon hôtesse dispose d’un jardin de 1000 m2 en plein cœur de Moissac et qu’elle met à ma disposition un salon avec vue sur la basilique. Hélas je n’ai pas eu le temps d’en profiter. En revanche le repas, délicieux pris en sa compagnie a été très intéressant, cette dame étant cultivée.
Je vous mets quelques photos du jardin, de la maison et de la vue de « mon salon », ainsi que de la basilique.
Vue depuis Lauzerte Un très beau grenier à grains Une chapelle sur le chemin Le jardin en ville de mon hôtesse à l’heure du rafraîchissement du pèlerin La maison vue de l’intérieur L’abbaye de MoissacL’exode de Joseph, Marie et Jesus du XVeme siècle La mise au tombeau polychromie sur bois de la fin du XVeme siècle
Départ de Lascabanes En route vers Lauzerte Une pause à Montcuc Entre Rouillac et BonalAvant la descente vers Lauzerte Lauzerte au-loin sur la hauteur
Bien accueillis par Sylvain et son épouse, nous avons passé une bonne soirée hier en compagnie de 7 autres pèlerins. Les lits étaient faits, l’apéritif et le vin nous ont été offerts et le repas copieux et délicieux, notamment le tourrain.
Un peu à l’écart de Lascabanes, nous avons rejoint le chemin, grâce au balisage de Sylvain. Le temps est mitigé mais il ne devrait pas pleuvoir…Je me suis donc contenté de mon coupe-vent mais ai mis, par précaution, mes guêtres qui devraient protéger mon pantalon de la boue.
En effet la boue est le sujet du jour car les chemins en regorgent et il est souvent impossible de ne pas mettre les pieds dedans. Les bâtons sont même indispensables pour rester en équilibre et éviter la chute qui survient néanmoins. Les montées dans ces conditions sont beaucoup plus fatigantes quand on glisse autant que quand on marche. Dès lors une étape de 24 km avec une arrivée en côte (Lauzerte est une bastide perchée), est très discriminante suivant la forme de chacun; aussi les arrivées au gîte se sont succédé de 15 h à 17h30.
Sitôt arrivé il faut nettoyer ses chaussures, faire sa lessive, se doucher, avant de siroter qui une bière ou un autre breuvage.
Installé devant ma bière au soleil, ayant profité qu’une table de 4 personnes se soit libérée; deux anglaises m’ont demandé la permission de s’y installer. Cela été pour moi l’occasion de perfectionner mon anglais, d’autant qu’une troisième anglaise (irlandaise en fait), les a rejointes et a offert sa tournée ainsi qu’à moi. La partie cosmopolite du pèlerinage a commencé et c’est une chance pour moi de parler plusieurs langues, même imparfaitement.
Ressorti le soir avec Jean-Louis j’ai fait quelques photos de nuit.
Lascabanes à Lauzerte: 24 km
Cumul depuis Le Puy: 393 km
Arcade en face du gîte La bastideMélange de gothique et de renaissance Autre vue de Lauzerte