



















Au cours du dîner auquel participaient un couple d’espagnols, 4 américaines, une allemande et une hollandaise; nous avons abordé l’aspect business du pèlerinage. Comme d’habitude la langue parlée est l’anglais, mais la présence des espagnols dont le mari tâtait de l’anglais, nous conduisait à parler sa langue. Ayant expliqué en espagnol, tant bien que mal, que Saint Louis avait payé la sainte épine le prix de la construction de la Sainte Chapelle, autrement dit un montant exorbitant; j’en arrivais à la conclusion qu’il y avait autant de business il y a 1000 ans (un peu moins). Les reliques, qu’on s’arrachait entre villes, constituant le moyen d’attirer le pèlerin et ainsi de faire travailler commerçants et artisans. Notre espagnol m’a donc demandé de traduire en anglais, ce dont je me suis acquitté un peu plus facilement. Au cours de la même conversation, une des américaines regrettait la profusion d’or et d’argent de la cathédrale de Santiago, bien loin du dénuement professé et pratiqué par le Christ. À cela je lui ai répondu que la cathédrale à l’origine avait la sobriété de son style roman et que c’est la période baroque espagnole au XVIII ème siècle, qui avait changé totalement son image. Autrement dit si on enlevait tous ces ornements, qui sont néanmoins fabuleux, la cathédrale ressemblerait à Vézelay.
Après cette digression qui montre qu’on parle parfois de choses sérieuses à table, je reviens à mon étape du jour. Je suis parti à 6h15, simplement quelques centaines de mètres avec Jose et son épouse, puis seul, comme à mon habitude. Au bout de 10 km, le ventre seulement nourri d’une minuscule pomme, je me suis arrêté à Doumbria pour mon petit déjeuner. Quelques kilomètres plus loin j’ai rencontré une jeune espagnole qui marchait vivement. Elle s’appelle Victoria, est de Valencia et dessinatrice d’art. Cette fois-ci j’ai dû forcer un peu mon talent pour bien comprendre ce qu’elle faisait. Elle m’a dit qu’elle pouvait, tout aussi bien créer des décors pour un théâtre ou un spectacle, décorer une maison ou travailler au packaging complet d’un produit. Elle semblait terriblement attachée à son indépendance, ainsi qu’à la liberté de créer, en harmonie avec les besoins et les valeurs de son client. Nous nous sommes quittés alors qu’elle cherchait à prendre son petit déjeuner et moi, l’ayant déjà pris, poursuivais mon chemin.
J’avais prévu de m’arrêter vers midi pour prendre un en cas, mais il n’y avait rien, sauf une dame qui voulait me vendre des fruits que j’ai refusés, bien à tord. Mais mon esprit a bien vite été absorbé par la vue de la mer, qui ne m’a plus quittée, puisque je l’ai longée pendant 7 km. Comme les photos en témoignent, l’arrivée à Muxia par les hauteurs est inoubliable et je ne regrette pas ce changement forcé. En réalité, une allemande que je croise depuis 3 jours, m’a montré qu’il y a bien des bus le dimanche de Muxia à Santiago.
Une fois installé dans ma très belle albergue, ayant mangé ma tostada et lavé mon linge; j’ai entrepris d’aller au sanctuaire de Notre Dame de la Barque, qui se trouve assez près de mon auberge. Le site est absolument grandiose par la beauté du paysage et la simplicité de ce sanctuaire.
La légende veut que la Vierge Marie soit venue sur une barque dont les rameurs étaient des anges, aider Jacques à évangéliser ces peuples du bout du monde, rétifs à la foi. N’ayant pas avec moi ma credencial, je suis retourné la chercher par le même chemin en nu pieds et suis arrivé en pleine neuvaine. J’y ai sacrifié un peu, puis suis ressorti voir le phare. De retour au sanctuaire j’ai assisté à la messe. La messe s’est terminée par une bénédiction des pèlerins, ce qui m’a permis d’obtenir le précieux cachet du sanctuaire. Il est en photo, aussi les spécialistes en jugeront, il me semble qu’il en valait la peine. Je termine avec la photo d’une de la spécialité de la cuisine galicienne, le poulpe à la galicienne ou Octopus qui devrait séduire mon petit-fils Wilhem et le changer des calamars, qui d’ailleurs ici sont délicieux.
Hospital à Muxia : 27 km
Cumul depuis Le Puy : 1626 km
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